Alice

Alice

19.08.20 19:16

Untitled With Drums

En mars dernier, le groupe Untitled With Drums nous dévoilait “Hollow”, un album riche en influence et en émotion. En pleine période du confinement, j’ai pu échanger (à distance) avec Martin (basse & chant) et Rémi (batterie) afin d’en apprendre davantage sur le groupe, leur univers musical et les détails de ce nouvel opus.

Pour commencer, vous pouvez vous présenter ? Comment le groupe s’est-il créé ? Rémi: Le groupe s’est créé en 2014. Martin avait des compositions pour un projet solo qu’il avait enregistré. Il cherchait des musiciens pour mettre ces morceaux en live autrement qu’avec des maquettes sur son ordinateur. Il a fait appel à nous, car on se connaissait. On avait tous nos groupes à ce moment-là, on s’était tous croisés sur des concerts dans des lieux à Clermont-Ferrand et à partir de là, on s’est formé. Au début, on a travaillé les compositions de Martin, car ce n’était pas censé être un projet défini pour la suite, l’idée au départ, c’était de jouer ces morceaux-là. Martin: Au début, c’était plus pensé comme un collectif d’enregistrer un disque et de jouer des morceaux en particulier. Ensuite ça a pris la tournure d’un vrai groupe. Rémi: Quand nos groupes respectifs se sont arrêtés à peu près au même moment, on s’est projeté à fond dans Untitled With Drums pour le faire évoluer vers un vrai groupe. On a changé nos méthodes de composition et nos façons de faire sur plein de choses. Le line-up est le même depuis le début du groupe.

Pouvez-vous m’en dire plus sur l’origine du nom du groupe Untitled With Drums ? Martin: C’est un hommage à Shipping News. C'est un groupe de Rock des années 90/2000 et sur la fin de leur album “Flies The Fields”, il y a le morceau “Untitled With Drums” qui est magnifique. C’est une ballade un peu Pop et complètement sombre. J’aime bien l’ambiance qui, je trouve, correspondait avec ce qu’on faisait à l’époque. Le nom du morceau m’évoque et me rappelle les origines du projet solo à la base avec le mec qui rajoute ses touches sur un projet sous forme de démo toute pourrie mal enregistrée sur un ordinateur. On a rajouté justement la batterie et plus largement une espèce d’ampleur Rock a des morceaux qui ne l’étaient pas forcément à la base. Je trouvais que ce nom décrivait assez bien ce processus-là.

Votre album “Hollow” est sorti il y a presque un mois maintenant. Quels retours avez-vous reçus ? Martin: On a beaucoup de bons retours et on est super content. Il y a des chroniques pratiquement tous les jours avec des choses très positives. On avait essayé de passer un cran et de voir plus loin avec cet album dans la façon de l’envisager et de l’enregistrer. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi positif. L’investissement humain qu’on a fait a payé, car le fait de travailler avec Serge Moratte et tout simplement entre nous, on se rend compte que ça fait échos chez les gens et c’est très gratifiant.

Comment s’est déroulée la collaboration avec Serge Morattel pour la production de l’album ? Martin: C’était très bien. On le connaissait via les groupes qu’il avait déjà enregistrés et dont on était fan à l’époque comme Ventura et Knut. Et sa méthode d’enregistrement nous correspondait. On est parti sur une musique plutôt live et brute sans trop de traitement avec une production assez subtile comme il a l’habitude de faire. Ça s’est imposé un peu naturellement et la collaboration s’est super bien passé. C’était vraiment parfait. Rémi: Il a réussi à exploiter la formule du groupe et humainement, c’est un type adorable et super. Il en a vu passer quelques-uns des groupes et il y a une façon de faire avec les gens. Il te met dans une ambiance, dans une sorte de bulle et il s’approprie ta musique. Après, il sélectionne ses projets et fait ce qu’il lui plaît, quand tu vas chez lui, tu sais qu’il aime déjà ta musique. Martin: Au-delà d’aimer ta musique, il réfléchit vraiment au moment où tu te poses dans son studio. Et dans la continuité de ce qu’on amène, il a déjà une vision et une idée de ce qu’il va vouloir en faire. C’est très intéressant de travailler avec Serge qui à ce rôle de producteur de groupes. Rémi: On était venu chercher un producteur et on n’a pas été déçu. C’est ce qu’on voulait. On ne voulait pas quelqu’un qui se contente simplement d’enregistrer le disque. On voulait une personne qui le produise vraiment et on n’a pas été déçu.

Le processus d’enregistrement est un peu particulier. Vous avez enregistré en live et ensuite vous avez réenregistré une partie en studio. Comment expliquez-vous ce choix ? Rémi: En studio, on a joué tous les cinq ensemble, en même temps et dans la même pièce. De cet enregistrement, on a conservé la batterie et la basse. Pour les guitares et les claviers, on les a réenregistrés par la suite. Le but de jouer ensemble, c’était de capter la même façon qu’on joue nos morceaux en répétition. Martin: C’est de garder la même énergie qu’on pouvait avoir en répétition, car c’est là que les morceaux se révèlent ou non. Pour essayer de retrouver ce feeling-là, il n’a pas d’autre solution que d’enregistrer les uns en face des autres, à se regarder et jouer ensemble en étant dans la même pièce.  En terme de son, même techniquement, ça donne une espèce de respiration et de crédibilité et une impression d’être dans la pièce avec nous, c’est aussi le rendu qu’on cherchait pour cet album-là.

Les thématiques de “Hollow” sont assez sombres : abandon, isolement, deuil … Est-ce que l'on peut dire que vous avez joué sur l’aspect émotionnel ? Martin:C’est moi qui m’occupe des textes. L’album est émotionnel, mais je ne dirais pas que j’ai joué dessus. C’est venu naturellement, ce n’est pas la corde sur laquelle j’ai envie de tirer. C’est la seule façon que je connais pour écrire des textes et faire de la musique. Ce n’est pas pour être racoleur, émo ou quelque chose du genre. Mais, je me disais que c’était là  où il avait l’énergie dont on devait se servir, dans ces émotions qu’on exploite, qui ressortent et qui donnent cet aspect-là. Outre les textes, je pense que c’est ce qui donne l’énergie du reste du groupe, c’est une sorte d’exutoire dont on se sert pour agrémenter la musique qu’on produit. On a une sorte d’état d’esprit, on fait de la musique pour essayer de se dépasser. Je pense que c’est assez naturel que ces thèmes-là finissent par rentrer dans le tableau d’une manière ou d’une autre. Rémi: C’est Martin qui écrit ces textes et on n’intervient pas du tout sur l’écriture. Ce sont des textes très personnels, mais on arrive à s’identifier à l’état général et il y a une adhésion là-dessus. Martin:Il y a une volonté de se réapproprier le projet que ce soit les morceaux ou les textes. Rémi:  On a chacun notre grille de lecture des paroles et c’est la façon de chacun à s’approprier le projet.

On peut affirmer que ces paroles sont vraiment un exutoire ? Rémi: Ce projet est clairement un exutoire. On vient tous les cinq d’univers musicaux différents, on n’a pas les mêmes influences et on arrive à faire la synthèse de tout ça dans le projet. Il y a un fil conducteur et je pense qu’on a réussi à trouver avec ce disque quelque chose qui nous plaît à tous. On a changé de méthode de composition. Sur ce disque, on s’est tous mis à fond dessus. C’est toujours Martin qui fait la composition et qui nous envoie la matière de base, mais il y a un travail d’arrangement et d’investissement que l’on n’avait pas avant, cela se ressent. C’est sûrement pour ça qu’on arrive tous à bien s’identifier sur cet album et sur le projet en général.

Comment décririez-vous votre musique afin de donner à nos lecteurs l’envie de l’écouter ? Martin:C’est très subjectif. J’ai l’impression que ça ne ressemble pas vraiment à quelque chose qui existe déjà. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, mais au moins, c’est ça qui est particulier et le plus unique possible. C’est-à-dire, je ne sais pas dans quelle mesure on digère nos influences, mais on promet de faire quelque chose d’intéressant. On a la volonté de faire quelque chose de singulier et de ne pas se laisser enfermer dans une case. Rémi:Je suis d’accord avec toi, mais pas totalement, car c’est moins conscient que ça. On nous fait souvent la remarque, en nous disant qu’il y a beaucoup d’influences qui sont mélangées, mais en faite, il y a beaucoup de choses qu’on n’a pas du tout calculées. Le fait qu’on vienne d’univers complètement différent, il va avoir des sonorités et des façons de jouer nos instruments qui vont trahir nos influences. Moi, j’adore les éléments très lourds et Metal Progressif. Dès que je vais sentir que le passage me permet d’interpréter mon jeu de batterie de cette façon, je vais le faire. Notre guitariste, il est plus Heavy, il a un côté plus tranchant dans sa façon de jouer son instrument. Tandis que notre claviériste, c’est un gars qui fait de la pop, quand tu entends des tambourins dans le disque, ce n’est pas nous qui avons donné l’idée. On retrouve ce côté mélange. Ce n’est pas du tout compris, c’est vraiment quelque chose qu’on ne conscientise pas. Je pense que cette diversité se ressent dans ce disque là encore plus que celui d’avant, car c’est Martin qui l’avait composé tout seul. Martin:Oui c’est plus des réinterprétations de mes compositions. J’essayais de respecter encore l’aspect initial du projet qui était moins un effort collectif.

Est-ce que vous pouvez m’en dire plus sur la pochette et qui l’a réalisée ? Martin:C’est moi qui l’ai réalisée. On retrouve cette thématique principale du vide qui tourne autour de l’album. Cette pochette est un peu venue toute seule. Je suis illustrateur à côté et je manipule beaucoup les thèmes autour du corps humain. J’ai essayé de retranscrire l’ambiance visuellement, de rendre ça un peu symbolique et de matérialiser ce thème du vide et du creux à travers la pochette.

Quels sont les prochains projets à venir pour Untitled The Drums ? Martin: Sortir du confinement (ndlr : l’interview fut réalisée début avril). Essayer de réparer ce que le hasard et la situation on fait de notre programme de sortie de disque. Et au-delà de ça, continuer de réfléchir sur le projet et de le faire évoluer comme on l’a fait entre le dernier EP et le nouvel album “Hollow”. Je pense qu'il y aura la même démarche de progression avec le prochain. Et essayer de rester dans la sincérité de ce qu’on a envie de faire et faire quelque chose d’intéressant dans cette mesure-là. Rémi: Pour parler du disque plus précisément, l’idée c’est de monter une tournée pour le jouer, car on n’a pas pu vraiment le faire avec la période et on a eu quelques petits changements de plan. Nous allons également sortir un clip. On aimerait bien accéder à quelques lieux de concert un peu plus qualitatif. Comme on est cinq sur scène, on a tendance à jouer fort et à appuyer sur beaucoup d’éléments. C’est vraiment important de jouer dans de bonnes conditions. Martin:C’est l’occasion de déployer à 100% ce qu’on a travaillé. Rémi: C’est vraiment ça l’objectif. Parfois, on nous demande quel genre de concert idéal on voudrait faire. On n’a pas envie de faire de grosses choses, on veut rester comme ça et continuer à se faire plaisir. Mais on voudrait arriver à accéder à des lieux de concerts dans des clubs et de pRémières parties sympathiques. Dans l’immédiat, c’est notre objectif.

Pour finir, je vous laisse le mot de la fin : Rémi: C’est super sympa qu’il y ait des gens qui s’intéressent à notre disque et qui l’écoutent. Ça fait vraiment plaisir de pouvoir parler de notre musique et d’avoir un retour. On espère que ça pourra se transformer sur les concerts, qu’on va pouvoir discuter avec des gens et pouvoir jouer le plus possible. Dans l’immédiat, ce disque on l’a fait à fond, on ne savait pas trop quoi faire et on n’avait pas vraiment d’objectif fixé. Martin: On s’était fixé des objectifs en termes de styles, mais pas au-delà de la sortie du disque. Ce qui en train d’arriver, ce sont les retours et les répercussions intéressantes sous toutes les formes possibles. C’est vraiment de l’énergie pure. C’est génial. Rémi: Surtout pour des groupes comme nous et ce genre de musique là. Depuis le début du groupe, on est confronté à des difficultés dues à notre gabarit et un problème d’identification de style. Aujourd’hui, les gens aiment bien avoir des groupes qui mettent des étiquettes. Nous ne faisons pas du Post Rock ni du Post Hardcore. C’est difficile, car il y a des salles où des associations qui nous refusent, car ils ont dû mal à nous classer dans une programmation. Le fait d’avoir des retours très positifs sur le disque veut dire qu’il y a des gens qui comprennent ce qu’on fait. Et ça, c’est cool. 

 

19.08.20 17:38

Le Skeleton Band

Le trio français Le Skeleton Band nous fait voyager au travers de leur nouvel album “Aux Cavaliers Seules” aux multiples facettes. Alex Jacob nous en dit plus sur le sujet :

Pour commencer, peux-tu présenter le groupe ? On s’appelle Le Skeleton Band, on existe depuis dix ans et on est un trio. Notre musique navigue entre le Rock, le Post Rock, le Blues et parfois le Baroque. On a fait environ cinq cents concerts depuis qu’on existe. On sort notre cinquième album qui se nomme “Aux Cavaliers Seules”. Dans le trio on retrouve Clément Salles à la batterie et au vibraphone, Bruno Jacob à la contrebasse et moi (Alex Jacob) au chant, à la guitare et au banjo.

Comment te sens-tu à la sortie du nouvel album “Aux Cavaliers Seules” avec le contexte actuel ? Je suis content de le sortir, car c’est l’album pour lequel le temps de préparation a été le plus long que l’on n’a jamais connu. Au début, on a commencé la composition, l’enregistrement puis la sortie et il a mis beaucoup de temps à arriver à maturation. Je pense qu’on a la sensation que c’est génial de le sortir maintenant, car on va pouvoir le faire écouter et nous, dans tous les cas, on va tourner avec pendant un moment. On peut attendre et on a appris à attendre pour faire ce disque.

Comment expliques-tu ce temps de préparation plus long ? Je pense que l'on a mis longtemps avant de savoir où on allait. C’est la raison pour laquelle on a pris plus de temps. Avec le disque précédent, “Tigre-Teigne” (ndlr sorti en 2017), qui est assez brute avec peu d’instruments différentes. On était en quatuor et puis on s’est retrouvé en trio comme à nos débuts. Également, c’était les dix ans du groupe et ça a fait un effet reboot. Il fallait de nouveau inventer quelque chose qui surprend. On a essayé plein de formules d’instruments et des manières de composer différentes, le fait d’inventer tout ça, cela a pris du temps. On est parti d’une base comme si on jouait une musique acoustique que l’on pourrait jouer avec quasiment aucun micro, mais avec les effets que l’on rajoute et que l'on dissémine dans la chanson, ça prend une ampleur différente. Donc ça a pris du temps pour que l’on arrive à trouver cet équilibre.

Est-ce que l’on peut dire le processus de production fut différent pour cet album ? Tout à fait. On est partis sur quelque chose de très acoustique. Plus on a avancé, plus on l’a quitté. Mais tout au début, on était vraiment dans cette idée-là et les effets ont gagné. À force de maîtriser les effets qu’on voulait mettre partout, on y a été franchement et on s’est plaisir.

Comment décrirais-tu “Aux Cavaliers Seules” pour donner envie à nos lecteurs de l’écouter ? C’est un album de Rock qui est cinématographique et intime, car il parle beaucoup des espaces intérieurs et aussi des espaces extérieurs grands comme petits. C’est l’intérieur et l’extérieur qui essayent d’exister en même temps. Le disque navigue entre des éléments plus Folk et des inspirations qui viennent directement du Post Rock. Dans cette idée, il y a beaucoup de chansons progressives qui montent, il y a des chœurs et parfois il y a de plus en plus de bruit qui se rajoute. Sans cesse, on essaye de chercher en soi une histoire. Ce qu’on a réussi à faire cette fois, et peut être pas avant, c’est l’histoire. On nous emmène et on va d’un point à un autre avec parfois des bifurcations dans la musique. En même temps, le disque est assez condensé dans le temps, avec peu de chansons, mais elles sont assez longues. C’est un voyage qui peut paraitre assez long et en même temps qui est dans le temps assez ramassé.

On peut affirmer que le but de vos albums, c’est d’inviter au voyage ? C’est l’idée dans notre musique, il y a tout le temps beaucoup d’images, d’ambiances et de son. Plus on avance dans l'écoute, même si le chant est assez présent, au plus on laisse de l’espace à notre musique quand il intervient, car c’est l’évocation qui nous parle le plus en général.

Était-ce une volonté de mettre davantage en avant le chant en français dans cet album ? On ne se force pas à écrire en français, mais c’est beau quand on arrive à trouver l’endroit où le texte existe avec la musique et sert à s'y plonger ou pas. On peut faire le choix de l'écouter ou pas. J’aime ça et surtout, on a réussi à trouver des mots qui résonnent comme on le voulait avec la musique qu’on joue.

Est-ce qu’on peut dire que la pochette de l’album suit la continuité du voyage ? Tu peux m’en dire plus sur le sujet ? La pochette a été prise par un cinéaste, Léo Lefèvre, qui fait aussi de la photographie. On aime bien cette photo, car elle invite au voyage. Elle représente une grande étendue de rizière et d’herbe où il fait sombre. C’est un peu inquiétant et en même temps, c’est intrigant et attirant. On peut apercevoir des feux au loin, c’est comme des lueurs auxquelles on peut se raccrocher. Également, ça peut raconter l’état interne dans lequel on est, que tout est sombre, mais ce n’est pas perdu. Et quand on a regardé la photo en écoutant l’album, chaque morceau raconte quelque chose de différent et ça s’assemblait donc on a décidé d’utiliser cette photographie.

Est-ce tu peux m’en dire plus sur les paroles ? Est-ce qu’elles invitent également au voyage ? Je crois qu'il y a beaucoup de courage dans les paroles et la tristesse est toujours présente. Je pense au dernier morceau, “Perdu le Rivage”, qui parle de lui-même et quand on est lancé dedans, on ne sait pas ce qu'il se passe. Les paroles essayent de raconter ça et, en même temps, de rester un peu au présent. Ce n’est pas “il était une fois”, mais c’est maintenant "il se passe ça". C’est à la fois quelque chose qui arrive à tout le monde, tout le temps et maintenant cela m’arrive à moi à ce moment présent.

Les morceaux de Le Skeleton Band sont très diversifiés, quelles sont tes influences qui t’inspirent à composer ? Au début du groupe, on écoutait surtout des artistes de Rock comme Tom Waits. Ensuite, on a beaucoup écouté la musique d’ambiance qui s’approche aussi d’une atmosphère latine comme Dead Combo qui est un groupe portugais. Le Post Rock a toujours été présent comme le Doom, on en écoute tout le temps. En Doom, je pense à Earth et en ce moment, on aime beaucoup Big Brave.

Le Skeleton Band a fait beaucoup de concerts dont certains dans des lieux particuliers. Est-ce qu’il y a un concert qui t'as marqué en particulier ? Oui, je retiens surtout les concerts où les gens débarquent sur scène. Ça m’est arrivé deux fois que des mecs montent sur scène pour me rouler une pelle, donc je m’en souviens. Ça, ce sont les anecdotes marrantes. Mais il y a les concerts où tu ressens que tout le monde est présent et il se passe quelque chose surtout quand ce n’est pas donné d’avance. Parfois dans des lieux, dans des endroits particuliers comme des clubs, je pense à un endroit au Portugal tout le monde écoute et là on ne sait pas ce qui se passe mais tout le monde en ressort un peu purgé et c’est génial. Également, il y a les moments quand on a joué devant d’énormes foules, on s’en souvient, on a joué une fois devant trois mille ou quatre mille personnes. On n’a pas l’habitude donc ça nous fait bizarre.

Quels sont les prochains projets après la sortie de l’album ? On espère tourner à partir de septembre, c’est certain on va passer du temps sur la route. On va également faire un clip pour l’album très prochainement. On a fait la musique d’un film qui s’appelle “Douce France” qui sortira au cinéma bientôt. Le but est surtout, dès que c’est possible, de jouer et de reprendre la route.

Vous avez déjà écrit des musiques pour un film auparavant ? On l'a déjà fait assez souvent, on nous a déjà demandé de faire de la musique pour le théâtre ou la radio. C’est très différent la façon de composer, car on travaille avec les images et on dialogue avec le réalisateur. C’est un travail qui est intéressant, car souvent on fait des choses qu’on ne ferait pas dans nos chansons. Donc, on s’essaye à de nouvelles choses et souvent ça permet de nourrir le disque suivant.

Pour finir, je te laisse le mot de la fin : Je suis très content de sortir ce disque “Aux Cavaliers Seules”, même si on ne peut pas tourner tout de suite. C’est quelque chose qui a pris du temps pour se faire et je crois comme il est aujourd’hui, on n’aurait pas pu mieux faire. C’est vraiment un disque qui nous ressemble et je suis content d’avoir fait quelque chose proche de nous.

28.06.20 12:08

Delain

En février, Delain nous a présenté son sixième album « Apocalypse & Chill », évoquant le monde dystopique dans lequel nous vivons, Charlotte Wessels et Martijn Westerholt ont répondu à nos questions afin de nous faire découvrir davantage sur son concept :

Pour commencer, que ressentez-vous à propos de la sortie de cet album « Apocalypse & Chill » qui est plein de nouvelles influences ? Charlotte : Je ne vais pas dire que j’ai peur, cependant, j’attends avec impatience les retours de nos auditeurs parce que ce nouvel album est rempli de nouvelles influences heavy et électroniques.

Vous avez déclaré que cet album peut surprendre les auditeurs, que voulez-vous dire par là ? Martijn : Je pense qu’on peut étonner les auditeurs, car c’est un album très varié et il y a beaucoup d’éléments qui peuvent surprendre. Par exemple, notre guitariste Timo qui chante pour la première fois sur un album de Delain. Nous avons enregistré de vrais chœurs et il y a des riffs très lourds. Il y a eu un travail incroyable et ce genre d’éléments peut bluffer les auditeurs.

C’est aussi le premier album sans Merel Bechtold, est-ce que c’était une manière différente de composer ? Charlotte : En ce qui concerne l’écriture et la production de l’album, Merel ne jouait pas un rôle crucial donc ce n’était pas difficile de faire sans elle. Martijn : Nous sommes trois à composer les chansons et ça ne change jamais, c’est toujours la même équipe moi, Otto et Charlotte. Cependant, Timo a écrit un peu avec nous. Dans le passé, il ne faisait que les arrangements, nous lui donnions les chansons et puis il les réécrivait pour s’adapter aux guitares. Mais maintenant, il contribue vraiment à la composition donc c’est la seule différence pour nous. Pour revenir à Merel, elle n’a pas vraiment participé à la production de cet album à l’exception de « Art Kills » sur l’EP « Hunter’s Moon ».

Justement, Timo chante sur cet album, aimeriez-vous refaire ça dans le futur ? Charlotte : Vous savez, les chansons en général deviennent plus intense chantées à plusieurs et j’apprécie beaucoup les invités que nous avons sur chacun de nos albums. J’adore vraiment ce qui s’est passé sur « One Second » donc je ne dirais pas non.

« Apocalypse & Chill » est rempli de nouvelles influences, peut-on dire que ce soit un album plus osé ? Martijn : Pour moi, ce n’est pas plus osé parce qu’on écrit juste ce que nous aimons et ce qui nous met à l’aise. Bien sûr, nous avons exploité des éléments sur cet album que nous ne faisions pas auparavant. Mais, je suis vraiment à l’aise avec ça. Charlotte : Si on parle « d’être audacieux » pour nous, je suppose, c’est le fait de notre évolution au fil des années. Nous avons tellement d’idées et nous pensons que « oh non, ça c’est trop les années 90’ ou c’est trop dansant (…) ». J’ai l’impression que nous commençons à exploiter ces influences depuis un certain temps. Si nous ne le ressentons plus, c’est plutôt dû à un changement graduel, c’est ce qui s’est produit sur cet album.

C’est comme une tradition pour vous d’avoir des guests sur chaque album. Cette fois-ci, vous avez travaillé avec Yannis de Beast In Black, comment s’est déroulée cette collaboration ? Martijn : Je connais Anton qui est le compositeur de Beast In Black et Charlotte connaît Yannis depuis longtemps, nous avons ainsi contacté le groupe. L’année dernière, nous jouions dans un festival en Espagne, nous étions à la moitié de la production de l’album et nous ressentions que certaines compositions auraient pu vraiment bénéficier d’un guest. Alors que Yannis jouait également là, nous l’avons approché et demandé s’il voulait participer à notre album. Je lui ai donné les compositions en lui demandant s’il y avait quelque chose qu’il aimerait chanter. Il nous a répondu qu’il appréciait effectivement « Vengeance Is Mine », donc ça s’est produit et nous l’avons enregistré. J’adore vraiment ce qu’il fait, il a une grande voix et du talent.

Il y a un côté symphonique et épique qui ressemble à une bande sonore, dans quel film aimeriez-vous trouver les morceaux de l’album ? Charlotte : Quelque chose comme « Hunger Games », je sais que ça fait un peu fiction pour adolescents, mais j’affectionne ce genre de série qui représente un monde dystopique avec un concept intéressant. Je pourrais probablement en nommer dix autres pour être tranquille, si je n’arrêtais pas d’y penser (rire). Il y a tellement de bons films. Martijn : Pour moi, ça serait quelque chose qui se rapporte à Star Wars ou un film avec de la guerre. Je pense que notre musique se rattache et correspond à ce genre de chose, comme les gladiateurs par exemple. Je suis aussi un grand fan d’Harry Porter et j’adorerais faire de la musique pour ça, mais bien sûr, ce n’est pas encore fait. (Rire)

Les paroles sont toujours importantes dans votre musique. Pouvez-vous me dire quels sont les sujets évoqués ici ? Je suppose qu’il y a quelque chose de dystopique ? Charlotte : Je pense que sur cet album, et sur la plupart des autres, les chansons ont toutes évolué autour d’un thème ou des sujets spécifiques. Ici, les paroles sont basées sur la peur, les défis écologiques et sociaux à résoudre, auxquels on fait face ainsi que l’expression superficielle que nous pouvons voir sur les réseaux sociaux… Cependant, ce n’est pas toutes les chansons qui évoluent autour de ces sujets, si on se base sur l’ensemble de l’album, vous pouvez retrouver des contradictions comme dans le titre de l’album « Apocalypse & Chill ». On trouve des titres dystopiques comme « Let’s Danse », « Creatures », « Legion Of The Lost ». Et de l’autre côté, des chansons avec un spectre plus personnel, avec des thèmes comme l’amour, la perte et la nostalgie, avec « We Had Everything » et « One Second ». On retrouve vraiment les deux aspects de la contradiction sur l’album.

Maintenant, parlons de la pochette de l’album qui est remplie d’éléments, peux-tu me dire ce qu’elle représente et qui l’a réalisée ? Charlotte : Sur la pochette de l’album, on peut voir une dame qui prend un bain de soleil alors que la ville en arrière-plan est en feu. C’est la même ambiance qui correspond au thème de l’album, symbolisant notre monde actuel qui est ici en feu. Pour la conception, j’ai rassemblé des images dans Photoshop et des mock-up pour en faire une maquette. Ensuite, nous l’avons confié à un artiste de collage afin de donner l’identité et l’authenticité qui manquaient. Il a travaillé vraiment de façon analogique en découpant des images et du papier. Puis, il a retravaillé l’image qui est devenue la pochette finale. Nous avons repris ce thème dans l’ensemble des illustrations, il a également donc œuvré sur des photos promotionnelles qu’on retrouve à l’intérieur du livret de l’album.

« Apocalypse et Chill » c’est un titre contradictoire, peut-on dire que le nom de l’album reflète également ce qui se passe dans notre monde en ce moment ? Charlotte : Il y a vraiment ce contraste quand vous regardez les nouvelles, quand vous ouvrez le journal et vous voyez que le monde est littéralement en feu, alors qu’à côté de ça, nous continuons à vivre parfaitement. Ce sujet et ce contraste étaient très intéressants à aborder. Mais aussi, « Apocalypse & Chill » provient de « Netflix & Chill » qui est très symbolique à notre époque, nous avons senti que le jeu de mots était vraiment approprié pour cet album.

J’ai beaucoup apprécié votre collaboration avec Glenn Arthur sur vos précédentes pochettes d’albums. Est-ce qu’on peut dire qu’il vous a apporté un style qui vous distingue ? Charlotte : J’aime beaucoup ce que nous avons fait avec Glenn Arthur, c’est l’un de mes artistes préférés. Nous avons commencé à bosser ensemble sur « We Are The Others » avec ce genre de style. Même si ici, on fait ce changement, je pense pouvoir affirmer qu’il y a toujours des éléments inspirés de son travail dans l’album comme le colibri par exemple. Son ton est très présent, il représente l’identité visuelle du groupe. Il y a comme une dépendance qui est restée, cependant c’est positif, car les gens peuvent reconnaître le groupe grâce au visuel et c’est très important de le garder.

Je me demande justement ce que signifie le choix du colibri dans votre logo ? Martijn : Ce colibri est une sorte de logo et je pense qu’il représente également notre musique. Car un colibri est une créature douce toutefois nous le lui avons rajouté un masque à gaz, ou encore, il est représenté avec une grenade dans un cupcake et ces contrastes correspondent vraiment à notre musique. C’est quelque chose qui représente Delain et ce colibri est devenu comme un logo auquel les gens nous identifient et reconnaissent.

Est-il vrai qu’à la base Delain ne devait être qu’un projet de studio avec plein de guest ? Martijn : Quand j’ai quitté Within Temptation, je voulais démarrer un projet avec des guests parce que je connais beaucoup de musiciens de différents groupes et c’est devenu Delain. Nous avons signé un contrat avec Roadrunner Records et ils nous ont demandé si nous pouvions jouer en live. C’est là que tout a commencé. Charlotte est arrivée très vite dans le groupe, nous avons réalisé ensemble le premier album « Lucidity ». C’est comme ça que nous sommes devenus tous des membres de Delain et nous avons grandi comme des visionnaires.

Et comment vous sentez-vous avec le recul par rapport à ce qu’était le projet au début et maintenant que vous tournez dans le monde entier et que vous avez fait plusieurs albums ? Charlotte : Je suis vraiment heureuse de la façon dont cela a tourné. Je ne pouvais pas imaginer, il y a quinze ans tous les endroits où nous avons tourné et les festivals dans lesquels nous avons joué. Nous avons réalisé six albums, trois EP et un DVD… Oui je suis évidemment reconnaissante pour tout ce que nous avons fait au cours de ces quinze dernières années.

Vous avez joué il y a trois ans au Durbuy Rock Festival, quels souvenirs gardez-vous de ce festival ? Martijn : Je me rappelle, il y a un bel environnement, c’était dans les Ardennes et je me souviens que c’était vraiment agréable et que j’en garde un bon souvenir. Charlotte : Je pense que la dernière fois, Arch Enemy et Lacuna Coil ont joué le même jour que nous et c’était très sympa de les croiser. Nous tournons tous beaucoup et nous ne pouvons pas souvent nous voir et je pense que c’est ce genre d’anecdotes que l’on peut avoir pendant un festival. Donc oui c’était vraiment une journée agréable.

Les Tambours Du Bronx, c’est plus de trente ans de carrière à explorer les styles et à se réinventer sans perdre leur authenticité à cogner sur des bidons. En 2018, la tribu révèle son nouveau concept et album « Weapons of Mass Percussion » mélange des sonorités Metal aux percussions. Durant leur passage Metal au Métaphone d’Oignies en février dernier pour leur show Metal, Dom, Franky, Renato et Thierry ont répondu à nos questions :

Pour commencer, comment s’est déroulée la fusion Tambours du Bronx avec du Metal ? Dom : Pour les trente ans des Tambours Du Bronx, on s’est rendu compte qu’on ne les a pas fêtés et que l’on n’avait rien prévu de spécial. Il y a de nombreux groupes qui font un super événement et nous, nous n’avions rien fait. On s’est dit tout simplement que c’était une forme de lassitude… Peut être le besoin de faire quelque chose de différent, mais quoi ? Les Tambours du Bronx, ce sont des mecs qui tapent sur des bidons et c’est ça que les gens viennent voir. Tu ne peux pas vraiment le changer donc on s’est questionné sur ce qu’on pouvait faire de nouveau. À ce moment-là, on avait rencontré presque par hasard Franky qui venait de quitter Dagoba. Il a acheté un DVD chez nous et on lui a glissé une petite connerie avec la commande : « si tu t’emmerdes avec Dagoba, il y a une place parmi nous ». Mais on ne savait pas qu’il avait quitté le groupe. On s’est croisé quand on a joué un concert à Marseille. On a fait un bœuf pour voir ce que cela donnait et ça a collé humainement et musicalement. Donc ça et en plus ce manque qu’on avait après la collaboration avec Sepultura, on s’est rendu compte que les guitares marchaient vraiment bien avec les tambours. Avec Sepultura, c’était une tournée qu’on aurait aimé faire un peu plus longtemps et qui s’est limitée à quelques très grands festivals. En résumé, c’est un tout, et à ce moment-là, on s’est dit que l’on allait faire ce concept de groupe de Rock/Metal et instrumental avec les tambours.

Peut-on dire que Sepultura fait partie des éléments déclencheurs de ce concept Metal ? Dom : Oui, c’est un des éléments déclencheurs. Outre ce petit manque laissé avec le concept qui était super sympa avec Sepultura, il y a eu la rencontre avec Franky. C’est véritablement un tout, avec l’envie en plus de se renouveler après trente ans de carrière.

En plus, vous avez eu l’occasion de vous reproduire en 2018 avec Sepultura au Motocultor. Est-ce vous pensez que vous avez l’opportunité que ça se reproduise ? Dom : C’est toujours imprévisible, il n’y a rien de programmé et je crois que la collaboration avec Sepultura est derrière nous. Après, ça reste des copains. Et puis, on est toujours susceptible d’avoir une opportunité, on peut se recroiser sur scène et décider spontanément de refaire un morceau ensemble ça c’est tout à fait possible, mais il y n’a rien prévu à long terme.

Est-ce que vous avez des idées ou des envies de collaborer avec d’autres artistes dans le milieu Metal ? Dom : Oui et non … Dans le sens pour nous, une collaboration avec d’autres artistes quels que soit leurs univers tant que ça nous touche et humainement on s’entend bien avec, on est en général ouvert à en faire. A contrario non, car avec Sepultura c’était les Tambours du Bronx qui jouaient avec un groupe de Metal alors que là c’est un album, un concert de notre groupe. Franky a intégré pleinement les Tambours du Bronx, les guitares, les morceaux (…) c’est nous de A à Z. La seule « petite exception », ce sont nos chanteurs qui participent à la facette Metal, mais ce sont bien plus que des guests, ils sont pleinement intégrés dans le groupe.

Comment s’est déroulée l’intégration des chanteurs dans les Tambours du Bronx ? Dom : Avec Franky, on a commencé à écrire l’album en instrumental, on n’avait pas prévu d’intégrer du chant au départ. Puisque depuis le début des Tambours Du Bronx, on a toujours eu quelques interventions vocales, mais c’était très peu chanté. C’est plus une tendance à scander quelques mots sur quelques morceaux. Thierry : Il n’avait pas cette orientation Metal, on a essayé de faire quelque chose avec des guitares, mais c’était plus industriel et moins mélodique. Dom : Donc, ce n’était pas du tout prévu et quand l’album instrumental est arrivé on était très content et fier. Mais on s’est dit que ça manquait vraiment d’un chanteur charismatique avec de beaux textes. Ensuite, on s’est posé la question et creusé la tête de savoir « qui ? ». On a fini par songer à Reuno, on s’était juste croisé, on ne pensait pas qu’il accepterait et il a dit oui tout de suite. Comme il n’était pas sûr de pouvoir faire toutes les dates, il a proposé de faire un duo avec Stéphane Buriez qui a accepté immédiatement aussi. Quand on s’est rendu compte que ça fonctionnait vraiment bien à deux au chant, Stéphane a proposé à Renato d’être pratiquement tout le temps à deux chanteurs. Et puis Renato est intervenu en plein milieu d’un festival, il a fait une chanson avec nous sans avoir répété auparavant. Comme ça, comme un chef et ça collait donc on l’a gardé. Renato : Tout à fait, à la base quand il m’a appelé pour rejoindre le groupe c’était pour les dépanner pour qu’on soit tout le temps deux chanteurs sur chaque spectacle vu qu’ils ont des agendas particuliers : Stéphane avec Loudblast et Sinsaenum et Reuno avec Lofofora et Madame Robert. Donc, ils sont tout le temps en tournée. On m’a appelé, c’est sympa et j’étais vraiment content. Depuis on tourne tous les trois et on fait autant de concert les uns que les autres, on n’appelle même plus ça des guests finalement.

Cette formule Metal est maintenant devenue un vrai projet concret ? Dom : À la base c’était un projet éphémère et maintenant c’est bien plus que ça, c’est une facette des Tambours du Bronx. Il y a toujours les « Tambours » en formule classique comme tout le monde les connait et finalement qu’on assume pleinement parce qu’on prend aussi plaisir à revenir à nos racines. Et ce côté Metal qu’on continue, car ça marche auprès du public et qu’on se fait aussi énormément plaisir à les jouer.

Pour toi Franky est-ce que c’était une sorte de challenge et une façon différente de composer ? Franky : Oui, c’était un challenge dès le départ parce que le jeu que j’avais dans Dagoba ou dans Blazing The Machine est vraiment Metal voir Metal extrême. Avec les Tambours Du Bronx, j’ai plus opté pour l’efficacité avec un jeu plus minimaliste et je suis vraiment content d’être au service des rythmiques des tambours. J’essaye de trouver le juste milieu entre un jeu percussif et inventif, mais qui complète le mieux possible la frappe des bidons. Je ne veux surtout pas prendre le pas sur les rythmiques des bidons, je veux juste rajouter une agressivité sur la grosse caisse et la caisse claire pour que le public puisse bouger la tête plus facilement, c’est ça mon objectif. Et pour revenir sur les premières questions, j’ai découvert la collaboration avec Sepultura en regardant les vidéos du Wacken et du Rock In Rio. Je m’étais toujours dit « waouh ça doit être super excitant de taper avec une caisse de horde de bidons ». Du coup c’est vrai j’ai acheté leur DVD pour m’inspirer de leur amplitude et la force de frappe des tambours étant un gros fan de Sepultura, Max And Igor Cavalera, Soulfly (…) avec ce jeu très tribal, très Metal, mais sud-américain ça me parlait beaucoup. J’ai essayé de sortir de mes habitudes pour aller vers ce créneau très « cavaleresque ».

Et pour toi Renato, est-ce que ça change quelque chose à ton chant d’avoir les tambours qui t’accompagnent ? Renato : C’est un peu compliqué de te répondre parce que malheureusement je n’ai pas écrit les morceaux de cet album c’est Reuno et Stéphane qui s’en sont chargé. Ils ont eu la lourde tâche de devoir coller aux tambours et exactement comme Franky d’être là pour servir les tambours plutôt que tartiner du chant. Ils te répondront mieux que moi ça c’est certain, mais pour le peu que j’ai commencé à composer c’est vrai que c’est un sacré challenge. Ce n’est pas du tout la même façon d’écrire que dans un groupe classique. Tu imagines la horde de Tambours que tu vas avoir derrière toi quand tu essayes d’écrire une petite ligne mignonne tu sais qu’ils vont complément t’allumer. Il faut à un moment donné plus taper dans l’efficacité qu’autre chose.

Je me demande comment ça se passe au niveau des concerts, est-ce que la formule consiste à mélanger le projet de base des Tambours Du Bronx avec celui du Metal ? Dom : Oui et non car c’est le concept des Tambours Du Bronx de toujours pousser plus loin. Si tu prends le concept depuis le début c’est simplement des mecs qui tapent des bidons et petit à petit on a compliqué les frappes, on s’est professionnalisé et on a rajouté des éléments comme de la mélodie. Pendant très longtemps ce n’étaient que des percussions et puis vers 2000 on a commencé à mettre quelques samplers pour ramener le côté électronique et le clavier est arrivé juste après. On s’est dit qu’on allait mettre quelques lignes mélodiques pour rendre les choses plus aisées et agréables à l’écoute également, on l’a développé et on a poussé le concept pour aller plus loin dans les mélodies, dans l’électronique et dans les samplers.  Au final, le but c’était d’avoir cette mélodie tout en gardant l’élément principal et son efficacité, ça permettait avec l’électronique de jouer ce qu’on voulait. Cependant, le public ne le voyait pas, à part des personnes derrière un clavier et des bidons. C’est presque la même chose ici or tout est joué sauf qu’il n’y a pas des samplers, tu vois les musiciens et tu entends tout avec une connotation plus Metal et ce visuel change beaucoup de choses auprès du public.

Donc, le projet continu sur le long terme. Vous avez prévu un second album ou votre objectif est de continuer à tourner un maximum ? Dom : Avec Les Tambours Du Bronx on a deux tournées : Classique et Metal tout le temps. Là, je pense qu’on est un peu sur la fin de la tournée de « Weapons of Mass Percussion », ce premier album on aimerait le ramener à l’étranger, car il est sorti uniquement en numérique. Il y a notre show classique qui revient et se revend fort, car je pense que ça crée une certaine attente donc on repart sur ces concerts et en même temps on commence à travailler sur un nouvel album.

Pour toi Renato, ça change quelque chose de jouer devant un public assez varié à la fois familial et Metal ? Renato : Il y a les deux publics et c’est ça qui est vraiment incroyable, c’est très éclectique. Tu as les fans qui sont là depuis trente ans qui viennent voir des spectacles de percussions, qui se régalent à chaque fois et quand ils débarquent face à la formation « WOMP » ils sont un peu déstabilisés. Globalement entre ce public et la nouvelle vague de fans qui arrive purement metalleux qui ont déjà vu la formation avant, ça fonctionne dans tous les genres de festival. C’est donc un public mélangé qui va de douze ans à soixante ans. Ce qui nous fait le plus plaisir, c’est de voir des personnes qui ne sont pas du tout le genre des metalleux danser et secouer la tête depuis la scène… et là, on se dit qu’on a gagné.

Pour conclure est-ce que vous pouvez résumer l’esprit des Tambours Du Bronx ? (Tous en même temps) : Pirate Franky : Il y a un côté tribal indéniable également. Dom : Un côté transe qui n’est pas calculé, ça prend les tripes et ça s’installe de lui-même. Franky :  Je pense que les gens viennent depuis des années beaucoup pour ça. Ce côté tribal participe à une transe durant une heure et demie. Dom : Il faudrait qu’on pense faire des sacrifices pour essayer des trucs nouveaux (rires). Renato : J’ai ramené des poussins ça pourrait fonctionner (rires). Thierry : On nous demande toujours de faire des choses nouvelles. Dom : Je ne sais si c’est vraiment si c’est nouveau le sacrifice ?  Il me semble ça déjà été fait par le passé. Mais on peut sacrifier autre chose que des poulets. À chaque concert un membre du public et une entrée gratuite pour celui-là. (rires) Franky : Il y a également un esprit punk. Dom : Exactement, le groupe existe depuis trente ans et on ne vient pas tous du même milieu, au départ c’était plutôt des rockeurs et des punks. Ensuite, il y a la nouvelle vague qui est arrivée qui n’est plus toute fraîche (rires), c’était plus Hip Hop et hardcore. J’espère qu’on le ressent par l’attitude et sur scène que c’est autant Metal que punk. Ce qui fait le style des Tambours Du Bronx c’est ce mélange, c’est le fait qu’il y a tous les âges et tous les styles : Rock, Metal, punk, Pop, Hip Hop (…) c’est ce qui fait la richesse des morceaux. Franky : Sur scène il y a quelque chose de très extrême presque décadent sur les bords. Dom : Il y a toujours eu cette attitude, même sur les guitares, c’est ça qui est intéressant. Franky : C’est pour cette raison, je trouve le terme punk il correspond très bien.

19.06.20 13:04

Amenra

Amenra a toujours mélangé l’art avec l’intensité de sa musique pour rendre l’expérience unique, leurs projets sont toujours aussi riches et diversifiés. Après avoir célébré leurs vingt ans l’an dernier avec une série de concerts mélangés à des performances artistiques, ils nous proposent un livre "Het Gloren", un résumé de ces expériences. Également cette année, un documentaire "Flood of Light" a vu le jour. Colin a répondu à nos questions concernant l’univers du groupe et ces multitudes de projets :

Pour commencer, Amenra a toujours eu une forte image artistique. Est-il important pour toi de combiner votre musique avec toutes ces formes d'arts ? Il est extrêmement important pour nous que tout ce que nous créons puisse se suffire à lui-même. Mais lorsque l'on réunit toutes les différentes formes d’art, cela renforce l'ensemble de nos créations. Nous avons vraiment fait particulièrement attention aux détails dès les premiers jours. 

Pouvons-nous également dire que pour votre groupe qui propose une musique intense, il est important d'offrir une expérience unique lors de votre concert ? Il est très important que ce soit une expérience différente de celles que vous avez déjà vécues. Quelque chose que vous gardez avec vous, pendant longtemps. Un moment dont vous vous souviendrez.

L'année dernière, Amenra a célébré son 20e anniversaire avec une série de concerts accompagnés de diverses performances artistiques, comment avez-vous vécu cette expérience ? C'était très stressant avant et pendant la journée elle-même. Ensuite, il est très gratifiant de regarder en arrière.

Avec ces événements en association avec la ville de Menin, il y a eu une exposition "Het Gloren" ; pouvez-vous m'en dire plus ? Et cette exposition et ces événements ont abouti à la publication d'un livre intitulé également "Het Gloren". Pouvez-vous m'en dire plus ? Grâce à Chiel Vandenberghe, le directeur du musée et du centre culturel de Menin, nous avons eu l'occasion de documenter l'exposition. Bien sûr, nous avons saisi cette opportunité à deux mains, et nous avons essayé de capter l'événement dans son intégralité dans un livre. C'est peut-être l'un des événements les plus intenses et les plus profonds que nous ayons vécus au cours de ces vingt années. Nous avons donc demandé à nos amis de nous aider et d'avoir ce livre pour mieux éclairer ce que nous faisons avec le groupe et son milieu. Il documente les trois jours de l'événement, les spectacles acoustiques avec Ozgur Naba, la construction de la statue par Johan, la construction du bûcher par Barth. Il comporte les histoires de tous les artistes sélectionnés pour l’exposition, c'est un focus sur ce qui entoure notre musique. 

Je pense que votre concert à l'Ancienne Belgique avec votre interprétation de la suspension a été quelque chose de vraiment spécial et une expérience très forte ? Vous pensez bien. C'est le cas.

Vous avez collaboré avec le sculpteur Johan Tahon pour votre concert spécial "Fire Ritual". Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi de révéler cette sculpture au travers du feu ? Et que signifie cette sculpture pour vous ? Cela signifie l’espoir et le renforcement, c’est un symbole de force partagée. La révélation par le feu c’est de détruire et reconstruire, afin de tout purifier.

J'imagine votre déception de voir que cette sculpture a dû être déplacée parce qu'elle est considérée comme "satanique" ? A-t-elle trouvé un nouvel emplacement permanent ? Pas encore, la statue va faire sa propre tournée. Elle sera présentée à La Haye, aux Pays-Bas, pendant le festival Grauzone, où je me trouverai. Elle fait partie d'une exposition d'art organisée par le sculpteur de la statue, Johan Tahon. (https://www.facebook.com/events/837305810041499/)

Vous avez joué dans des lieux spéciaux ayant une forte signification tels que des églises et un crématorium. Comment expliquez-vous ce choix ? Ces lieux ont-ils un symbolisme personnel ? La plupart des églises où nous avons joué étaient à des dates clés ou aux environs de celles-ci, elles correspondent au décès d'un être cher ou la naissance d'un être cher.  Des lieux où ces êtres chers ont eu leurs cérémonies, ou ont été incinérés. Dans nos performances en live, nous utilisons des visuels pour sortir les gens du contexte habituel d'une salle de concert, ou d'une sortie du vendredi soir. Ici, nous sommes en plein cœur de ces lieux atypiques : des bois, des grottes, des églises, etc. 

Y a-t-il un endroit où vous voulez vous produire, mais dont vous n'en avez pas encore eu l'occasion ou ce n'est pas possible ? J'ai toujours rêvé de jouer sur un champ fraîchement labouré sous la pluie battante. 

Vous avez été mis au défi de composer une nouvelle bande-son pour un film culte et la jouer en concert et vous avez choisi "The Mirror" de Tarkovski... Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Et en quoi cela représente-t-il la philosophie d'Amenra ? Ndlr : L’événement devait avoir lieu en avril et reporté à la même période en 2021 https://www.facebook.com/events/422607578620721/ & https://www.facebook.com/events/780217812453848/ Le travail de Tarkovski a toujours été très inspirant pour nous. Au début, nous utilisions ses images, comme des visuels, avant de commencer à faire les nôtres. Son influence est indéniable. La liberté de son travail, et les différentes facettes de celui-ci sont incomparables. La poésie dans la réalisation de ses films.  Le fait d'impliquer son père et sa mère dans ses films donne un sentiment de similitude avec notre façon de travailler, et nous permet de la garder près de notre peau. Ne pas prétendre être quelque chose ou quelqu'un d’autre.

Je me souviens avoir vu une vidéo annonçant un documentaire pour célébrer votre 20e anniversaire. Où en êtes-vous avec ce projet ? Notre ami et photographe Bobby Cochran l'a terminé il y a une semaine. En ce moment, nous étudions la question de savoir où nous allons le présenter en première. Nous en sommes extrêmement fiers. C'est un document très précis, qui implique tous les membres principaux. Il a fait un excellent travail, faire des documentaires est probablement la chose la plus difficile qui soit. Ndlr : Le documentaire se nomme " Flood of Light" , ce film est d'une durée d'1h39. Il devait être diffusé dans différents cinémas, cependant ça n’a pas eu lieu dû aux conditions actuelles. De ce fait, il est rendu disponible à la location sur la plateforme Vimeo.

Vous avez un projet artistique que vous souhaitez réaliser, mais que vous n'avez pas encore pu faire ? Nous en avons des tonnes. Cette année, nous écrivons la musique d'un film d'Andrej Tarkovski intitulé “The Mirror” " - c'était l'un de nos projets depuis quelques années.  Une fois la musique écrite, nous ferons un certain nombre de concerts.  Un autre projet serait de travailler sur un spectacle de danse contemporaine. Peut-être un opéra. Il est incroyablement intéressant d'apprendre des autres artistes en dehors du confort de votre "niche". C'est incroyablement intéressant d'apprendre d'autres artistes en dehors du confort de votre "niche". Nous aimerions mettre en scène notre propre court-métrage.  Les livres sont toujours un défi et très enrichissant. La liste est infinie.

Et pour conclure, l'année 2019 étant une année très chargée pour Amenra, quels sont vos projets pour cette année ? Nous avons toujours beaucoup trop de projets et pas assez de temps. Notre chemin est sans fin.

 

Après un premier EP “S/T W/D” en 2018, le quintet d’Untitled With Drums s’affirme et nous dévoile son premier album “Hollow” rempli de conviction et de sensibilité. Un Rock Alternatif aux influences diversifiées voguant vers une tendance Post-Rock agrémentée d’éléments progressifs, Grunge et Noise. L’atmosphère principale est la mélancolie, elle sublime chacun des morceaux avec des variances tantôt lancinantes et vigoureuses. “Play With Fire” ouvre l’album avec des sonorités Rock puissantes et aériennes, se poursuivant avec "Passing On”, plus moderne et toujours aussi efficace. Cet album fait preuve de multiples facettes saisissantes, on retrouve la vigueur avec “Heirs” et “Stasis” mise en avant avec un côté grunge voir Post-Hardocre. La mélancolie est omniprésente, elle est sublimée avec le déchirant “Amazed” et la sensibilité de “Silver” rempli d’un tumulte d’émotion forte. Cette sensibilité lumineuse est contrastée par des thèmes sombres comme l’abandon, l’isolement et le deuil écrasant encore plus l’atmosphère des morceaux. Le tout a été enregistré en majorité en live afin de capter toute l’authenticité, l’émotion apportant cet écorché. Également, on peut constater que la basse est omniprésente permettant d’appuyer cette dimension émotive. “Strangers”, morceau d’une lourdeur lumineuse et arienne, monte crescendo pour une magnifique conclusion. Avec “Hollow”, Untitled With Drums nous offre un bijou, un album aux multiples ambiances noyées dans une mélancolie planante et vigoureuse remplie d’émotion et de sincérité.

La sortie d’un nouvel album de Nightwish est incontestablement un événement attendu avec impatience. Cinq ans après “Endless Forms Most Beautiful”, Tuomas Holopainen dévoile la nouvelle et dixième œuvre du groupe, "HUMAN. II: NATURE”. Un concept ambitieux composé d’un double opus avec ces deux thématiques respectives évoquant l’humain et la nature. La première partie est dirigée par l’Homme sur laquelle les voix sont mises en avant, tandis que la seconde partie est un voyage au travers de la nature avec une pièce orchestrale grandiose. Un projet ambitieux saisissant et attisant les curiosités par ces subtilités. Maître dans leur genre de Metal Symphonique, Nightwish a repoussé leurs retranchements au-delà de leur genre pour offrir un album varié et grandiose qui va faire voyager les esprits.

Concentrons-nous sur la première partie de l’album qui démarre là où “Endless Forms Beautiful” nous a laissés. “Music” ouvre le bal progressivement entre des cris d’animaux et une délicate épopée symphonique qui prend de la hauteur au fur et à mesure et avec une magnifique interprétation vocale de Floor. Les compositions sont solides et accrocheuses, elles n’ont pas une structure basique, mais plus complexe, originale et recherchée. Ce qui peut rebuter à la première écoute, cependant, il faut prendre du recul et de la hauteur pour en saisir toutes les subtilités. Ce schéma désarticulé se retrouve sur l’efficace et accrocheur single “Noise”, dénonçant l’utilisation abusive des nouvelles technologies. Poursuivant avec “Shoemaker”, divisé en deux parties avec son final saisissant, Floor dévoile des hautes vocalises et exploite sa voix lyrique comme jamais elle ne l’avait fait auparavant dans Nightwish. Un grand moment d’émotion et de frisson. La voix de Floor est, enfin, exploitée à sa juste valeur sur cet album, elle offre toute sa polyvalence avec une aisance remarquable. Les voix de Troy, Floor et Marco sont mises en valeurs et s’harmonisent à leur juste valeur dans les compositions et les chœurs. Troy s’affirme au chant en plus d’accompagner sur les chœurs, il possède sa propre chanson en lead vocal, “Harvest”, marquée d’une touche celtique, joyeuse et entraînante. Tout comme l’air celtique de “How’s The Heart” dans la même veine mais le titre est un peu simplet. Cependant, c’est le single par excellence avec son refrain entêtant qui va nous faire chanter en live. Dans les pépites, il y a “Procession”, cette semi-balade est une véritable douceur, elle décolle dans une intensité crescendo avec une prestation des plus émouvantes de Floor et ne nous laissant pas insensibles. Le point fort, c’est que chacun des membres à son propre morceau sur lequel il est mis en avant et ça se ressent dans l’instrumentalisation des deux pointures de l’album, “Pan” et “Tribal”. Commençons avec “Pan” sur lequel Emppu retrouve sa place et sa virtuosité avec des riffs heavy et incisif comme au bon vieux temps de Nightwish. C’est un des titres les plus aboutis de l’opus, progressif et atmosphérique avec des airs de douce comptine. “Pan” nous plonge dans la pénombre d’un univers décadent aux chœurs et refrains glorieux. Poursuivons avec “Tribal” qui se suffit à lui-même pour se décrire, ici c’est l’agressivité mise en avant par les percussions de Kai avec une section rythmique percutante et saccadée. C’est le titre le plus heavy de l’album, qui met à nouveau les riffs saturés d’Emppu en évidence accompagnés de voix à limite du growls pour Floor. Et concluant sur un final survolté marquant les esprits. Si on se demande où est passé Marco à l’exception des chœurs, on le retrouve ici sur son propre titre “Endlessness” concluant l’album dans une atmosphère sombre au tempo lancinant et pesant convenant à son timbre de voix. Même si le morceau est bon, il est peu convaincant pour fermer un album surtout après la fin saisissante de “Tribal”. "Endlessness” se laisse écouter, mais surtout ça se traîne durant sept minutes dans la même dynamique lente et se concluant sur une légère et subtile mélodie de violons.

La seconde partie de l’album, “All The Works Of Nature Which Adorns The World”, évoque la nature dans toute sa splendeur. Cette composition orchestrale et instrumentale de trente minutes est divisée en huit parties pour saisir les différents passages. Ici, les esprits s’apaisent afin de s’évader dans un voyage autour de notre belle planète bleue. Aucune voix ne règne à l’exception de léger chœur et chuchotement cohabitant en harmonie avec l’instrumentalisation. Dans ce projet ambitieux, on retrouve la virtuosité de Tuomas Holopainen, accompagné de Troy aux instruments celtiques ainsi que des orchestres du The London Session Orchestra et celui de Hans Zimmer à Hollywood. Ces sonorités sont très cinématographiques, nous amenant à fermer les yeux et à nous immerger dans notre propre voyage. Parcourant la nature qui s’émerveille avec les océans, des jungles aux forêts, de la grandeur des aurores boréales et de la douceur des paysages enneigés… Cette symphonie est décrite par Tuomas comme “une lettre d’amour pour la planète”. Elle se clôt avec “'Ad Astra”, délivrant un dernier message percutant avec une célèbre citation ("The Pale Bue Dot") de l'astrophysicien Carl Sagan : “That's here, That’s home, That’s us” résumant parfaitement cette pièce unique décrivant la fragilité et beauté de notre planète. “All The Works Of Nature Which Adorns The World” est une pièce symphonique unique, grandiose et émouvante. 

"HUMAN. II : NATURE” est un album palpitant rempli de multiples facettes difficiles à saisir en une seule écoute. Les compostions sont riches et variées, elles s’harmonisent de plusieurs ambiances entre des morceaux percutants et d’autres, plus singuliers. Certes, il m’est difficile de boucler cette conclusion, l’album m’a saisie, c’est certain. Cependant, il me manque ce soupçon de magie que je ressens avec la plupart des autres albums. Est-ce que c’est en autre dû à l’absence d’un morceau d’une durée d’une dizaine de minutes comme Nightwish nous a habitués depuis longtemps ? Mais, Tuomas Holopainen, la tête pensante du groupe, réussi comme toujours à saisir par sa virtuosité et pour nous délivrer des compositions toujours plus grande et ambitieuse. Ce qui me pose une interrogation sur la splendide pièce “All The Works Of Nature Which Adorns The World” : est-ce que sa place est dans Nightwish ou serait-elle plus adaptée pour un projet solo de Tuomas ? Finalement, cette composition reste indéniablement un magnifique cadeau. "HUMAN. II : NATURE” est un album étonnant et vibrant dans lequel il faut se plonger pour en saisir ces subtilités.

New Favourite est un trio composé de Alex Diaz (The Prestige), Pierre (As We Draw) et Aurélien, ils nous dévoilent un premier EP éponyme des plus percutants. Un concentré de dynamise envoyant la sauce d’un Rock Alternatif associé avec des impulsions Hardcore. Cette décharge d’énergie se caractérise par un son singulier avec des guitares sous accordées nommé Lowtuned Rock par le groupe. Une nervosité s’emporte dans un tumulte de sonorités ultras efficaces et additives. Les cinq morceaux sont intenses et saisissants renforcer par une subtilité plus mélodique retrouvée dans des refrains entêtants comme “Tape Worms” et le très groovy “(Yeah These Ain’t No) Love Killers”. Vingt minutes condensées dans une exposition puissante et énergique implacable déversée dans une recette de sonorité lourde, brute et très catchy. Un concentré d’influence avec cinq morceaux très diversifiés possédant leur propre force de caractère respirant la bonne humeur et la fraîcheur sous ces riffs incisifs. New Favourite nous dévoile toute sa vigueur et virtuosité dans un premier EP bouillant d’une énergie spontanée et fracassante tenant toutes ses promesses pour la suite des festivités.

17.04.20 12:39

United Guitars

United Guitars, comme l’évoque son nom est un projet collaboratif 100% guitares. Il réunit une vingtaine de musiciens petits et grands tels que Gus G, Rick Graham, Axel Bauer, Richard Daudé, Quentin Godet (…) autour d’un premier double album instrumental guitare : United Guitars Vol 1” ... Ludovic Egraz, rédacteur en chef du journal Guitar Xtreme et fondateur du projet, a répondu à nos questions.

Pour commencer, peux-tu me dire comment l’aventure United Guitars a débuté ? L’aventure a débuté il y a environ deux ans. Je m’occupe d’un magazine qui s’appelle “Guitare Xtreme” pour lequel on fait des vidéos et on en a fait une avec Axel Bauer, Fabrice Dutour et il y avait cinq/six autres guitaristes. On s’est dit que ça serait bien d’aller plus loin et éventuellement de faire un album. Le projet a démarré de cette façon, mais il est resté en suspend jusqu’à il y a trois mois. Ma compagne Olivia Rivasseau est productrice et s’occupe du label Mistiroux Productions, elle a travaillé administrativement sur le projet. Elle a vu comment monter l’enregistrement et quelles subventions on pourrait demander pour le faire… Et à un moment, elle m’a dit qu’il faut le commencer maintenant, c’est le bon moment et j’ai tout enclenché. J’ai réuni les guitaristes, on a composé des morceaux et tout s’est enchaîné très vite. Trois mois après, on avait fini l’album.

Est-ce que tu peux te présenter ? Quels sont les projets que tu as faits avant United Guitars ? Je suis guitariste depuis le collège donc ça fait très longtemps. J’ai commencé une carrière de guitariste professionnel dans le cadre d'un groupe de Rock avec lequel je suis parti en tournée durant plusieurs albums. Parallèlement, je suis devenu journaliste et je me suis réorienté dans la presse guitare. J’ai travaillé pour plusieurs magazines comme Guitare & Claviers et maintenant je suis rédacteur en chef de Guitare Xtreme Magazine. Aujourd’hui, on va dire que je ne pratique pas la guitare professionnellement, dans le sens que ce n’est avec ça que je gagne ma vie. Mais, je joue toujours énormément de guitare dans des projets, des groupes de reprises notamment un de Black Sabbath et j’enseigne aussi la guitare.

Est-ce que le but de tous les artistes qui y ont contribué à United Guitars, c’est de faire transmettre votre passion pour la guitare ? Oui, c’était plutôt de faire un état des lieux de la guitare en France en 2019. Il y a beaucoup de personnes qui ont du talent et qui s’expriment chacun dans leur coin dans le cadre de leur album, de leurs concerts et d’autres qui ont leur chaîne YouTube. Il n’y a pas vraiment quelque chose qui fédère tout ça et c’était une manière de les mettre en avant et de leur offrir une tribune.

Comment perçois-tu l’évolution de la guitare et des guitaristes en France depuis quelques années ? Je trouve ça intéressant, car il y a différent niveau et avec internet, YouTube et la mondialisation, les informations circulent beaucoup et aujourd’hui il y a un niveau plus fort qu’avant. Par contre, j’ai le sentiment que la guitare est un art un peu vieillissant dans le sens que les personnes qui s’y intéressent réellement ont entre trente et septante ans. Alors que, les plus jeunes ne s’y intéressent un peu moins peut être. C’est aussi une raison d’être pour cet album, essayer de dynamiser la guitare auprès des audiences plus jeunes.

Est-ce qu’on peut dire que vous avez produit un album collaboratif en apprenant et collaborant les uns sur les autres ? Il y a vingt-trois guitaristes, dont quinze qui ont apporté une composition originale. Ensuite, on a défini des équipes et, sur chaque morceau, il y a trois, quatre guitares qui interviennent. C’est une façon de partager et de créer une interaction entre les différents musiciens.

Comment s’est déroulé le processus de composition ? Vous avez réussi à tous vous rassembler en même temps ? Non, les quinze guitaristes compositeurs ont enregistré des maquettes courant du mois de juin. Ensuite, on a discuté et réarrangé certaines choses. Une fois les maquettes finalisées, on les a envoyées pour que tout le monde puisse avoir accès et on a décidé qui allait jouer sur quels morceaux. Il y a eu des échanges jusqu’à ce qu'on arrive à une version plus ou moins finalisée. Après, quand on est arrivé pour l’enregistrement début septembre, les batteurs et le bassiste présent sur le projet avaient travaillé les morceaux et on les a refaits en studio pendant quatre jours.

Dans le projet tu as collaboré avec de grands noms notamment Gus G, comment a-t-il rejoint le projet ? Je connais Gus G depuis longtemps quand il a commencé avec son groupe Firewind et on est toujours resté en contact. C’est une personne que j’aime beaucoup et je pense qu’on s’apprécie. Quand il passe à Paris, on s’arrange pour se voir et passer du temps ensemble. Donc, naturellement, je l’ai appelé pour le projet. Et pour le second intervenant étranger, Rick Graham, c’était un peu différent. C’est deux des intervenants du disque, Pierre Danel et Quentin Godet du groupe Kadinja, qui sont amis avec lui et me l’ont présenté. C’est un musicien vraiment intéressant qui est en plus très suivi sur Instagram et YouTube. C’était très plaisant de l’avoir sur l’album.

Je trouve que l’album est très diversifié. Était-ce une volonté que tous les musiciens puissent apporter leur patte ? Oui, au travers de la sélection que j’ai faite des guitaristes, c’était important pour moi de réunir des personnes avec des sensibilités musicales et des univers différents. C’est de cette façon qu’on arrive à avoir des morceaux Metal, Hardpunk, Prog, ambiant … Il y a même un guitariste, Yoann Kempst, qui a composé un titre un peu afro. C’était important que ce ne soit pas juste un disque avec des démonstrations de guitares, mais que ce soit un voyage à travers plein de sensibilités musicales différentes.

Pour finir, que dirais-tu pour nous donner envie d’écouter l’album ? La guitare, c’est chouette. Elle peut être aussi expressive que la voix d’un chanteur. C’est aussi un instrument unique qui existe dans toutes les cultures, qui traverse tous les styles de musique et qui est, pour moi, l’expressivité quasi inégalée. Quand tu tires sur une corde et que tu la touches, tu peux faire ressentir une infinité d’émotions. On a essayé de montrer ça à grande échelle avec cet album. Et encore une fois, ce n’est pas juste un album de performance guitaristique, c’est un album avec de vrais morceaux et je pense que même quelqu’un qui n’est pas ultra-sensible à la guitare instrumentale peut apprécier cet album et l’aimer en l’écoutant.

Pour plus d’informations : https://united-guitars.fr

Occasionnellement, les murs du théâtre d’Anzin résonnent sous des sonorités Rock et Metal avec des groupes comme Trust, Black Bomb A, Le Bal Des Enragés … En cette soirée de février, c’est Lofofora qui va enflammer le théâtre avec sa bonne humeur communicative pour défendre leur nouvel album “Vanités”.

Afin d’échauffer la foule, une première partie est assurée par Scrtch, un duo local venant de Maubeuge. Les deux musiciens délivrent leur musique décrite de Noise Punk avec passion et énergie. On ressent les influences de post hardcore dans ces morceaux aux passages rythmés et ambiants s’associant à un chant crié. Cette vigueur percute le public encore parsemé, mais captif et conquis au vu des applaudissements réservés à Scrtch en fin de set, ouvrant cette soirée sur de bonnes vibrations.

C’est maintenant au tour de Lofofora de ravir le public. Après leur album acoustique “Simple appareil”, on repasse à l’énergie de l’électrique avec “Vanités” qu’ils sont venus défendre ce soir. La force de Lofofora se dégage dans l’ardeur de ces morceaux entremêlés à une aisance à communiquer avec le public. Reuno démontre comme toujours son savoir parlé à la foule et balance quelques blagues (parfois un peu bancales) se transmettant toujours dans la bonne humeur. Le set met évidemment “Vanités” en valeur (“La Bonne Guerre, “Le Futur”, “Les Fauves …) sans oublier leurs classiques (“Les Gens, “Weedo” …) défilant à toute allure dans cette vigoureuse énergie. Cependant il est difficile de passer en revue toute leur discographie après 30 ans de carrière. L’ambiance monte d’un cran dans cette énergie et dans l’excitation des pogos. Pendant que certains ne se priveront pas de monter sur scène pour slammer ou faire l’accolade au chanteur. Reuno les accueille bras ouverts et n’hésite pas à vanner sur certains slammeur ne sachant pas s’y prendre et à les encourager. On assiste à une véritable convivialité et échange sans barrière entre lui et la foule tandis que les titres s’enchaînent entre deux prises de parole. Alors qu’on se rapproche de la fin, Reuno nous prévient “le rappel c’est maintenant”, préférant rester sur scène pour offrir plus de titres confirmant leur générosité avec le public. Quelques acclamations plus tard, le rappel est imminent et sans temps mort, on enchaîne en passant par le classique comme “Buvez Du Cul” qui sera repris en cœur et se termine avec “La Surface” toujours dans la bonne humeur et l’énergie percutante.

Lofofora nous fait partager une belle soirée au rythme de ces morceaux remplis de vigueur et de conviction qui se sont enchaînés dans une atmosphère conviviale et de partage.

31.03.20 13:58

7 Weeks

Les Français de 7 Weeks n’ont pas toujours connu un long fleuve tranquille dans leur carrière et ils ont failli disparaître ... Tel un phénix ou plutôt un bison, ils ont, à force de persévérance, remonté la pente pour nous présenter en janvier un nouvel album « Sisyphus ». Julien Bernard (chant & basse) nous en dit plus à son sujet :

Pour commencer est-ce que tu peux me faire une petite rétrospective de 7 Weeks ? Oui bien sûr, le groupe a sorti son premier album « All Channels Off » en 2009, depuis on a pas mal tourné en France, en Europe et en Angleterre. En janvier est sorti notre 5e album « Sisyphus ». Nous sommes nos propres producteur et label sauf sur l’avant dernier, on y reviendra ...

Comment s’est déroulé le processus de création de votre nouvel album « Sisyphus » ? Après la tournée du précédent album « A farewell To Dawn », on a fait une sorte de pause qui correspondait à un besoin de réflexion sur ce qu’on faisait et une lassitude face aux soucis de changement de line-up et de problème avec le label qui avait sorti l’album. On a même pensé arrêter le groupe. Puis, on s’est remis à composer durant 2018 pour enregistrer l’album en 2019. C’est toujours ce qui nous a sorti du trou la création, c’est notre moteur.

Nouvel album et également nouveau line-up ? En 2018, on s’est, une fois de plus, retrouvé sans guitariste donc on a beaucoup répété et composé avec moi à la guitare, c’est ce qu’on a souvent fait dans 7 Weeks. Quand on a jugé bon de commencer à préparer le terrain pour reprendre les concerts, on a fait des auditions et on a rencontré Fred avec qui ça s’est bien passé, on a décidé de l’inclure sur la fin du processus de composition. 95 % des morceaux étaient déjà écrits, mais ça nous permettait d’enregistrer en live et d’apporter une autre couleur dans le son.

Est-ce que vous pouvez expliquer la signification du titre de l’album « Sisyphus » ? Celui-ci se rattache à la mythologie grecque ? Bien sûr, cela découle de notre réflexion sur notre condition d’artiste, voire d’homme tout simplement. C’est ce qui nous pousse à « porter un projet » et ce quelques soit les conditions. Ça ne peut pas toujours être simplement "fun’ de faire du rock autoproduit, ça demande de l’abnégation et de la ressource. Et puis on a beaucoup été marqué par le « Mythe de Sisyphe » de Camus qui a une approche plus philosophique et qui explique, entre autres, que la création est plus importante que l’œuvre.

Pouvez-vous m’en dire plus sur ce que signifie la pochette de l’album et qui l'a réalisée ? C’est Gilles Estines qui l’a réalisée, on a souvent travaillé avec lui sur les albums, il a fait « Dead of Night », « Carnivora » et « Bends ». C’est lui qui est parti dans ce trip, on lui avait dit qu’on voulait plutôt quelque chose de photographique et il a mélangé plusieurs éléments. Elle n’a pas un sens particulier au premier degré, c’est plus un ressenti. Mais on peut trouver dans le bison, une sorte de parallèle avec 7 Weeks. Le Bison a failli disparaître, il évoque la puissance, la lourdeur, il fonce droit devant, quitte à aller vers un précipice. Bref c’est nous.

Le style Stoner est généralement rattaché à des groupes américains. Que pensez-vous du développement de ce style en France ? Ce qui est terrible pour nous, c’est qu’on ne veut pas être considéré comme Stoner. On aime le Stoner, il nous a influencés, aucun problème là-dessus, mais en tant que fan de Stoner (même si je ne sais pas si ça a un sens tellement les appellations diffèrent suivant les protagonistes), je ne pense pas que l’on soit un groupe de Stoner. On fait appel à tellement plus d’influences et pourtant tout le monde dit, : « 7 weeks, le groupe de Stoner »… Ma réponse favorite sur ce sujet est qu’aujourd’hui un des plus grands albums de Stoner serait « Superunknown » de Soundgarden et pourtant personne ne classe Soundgarden dans le Stoner. C’est un mode de pensée propre à la France, ça n’existe pas à l’étranger.

Vous avez fait un grand nombre de concerts et de festivals. Avez-vous un souvenir qui vous a marqué en particulier ? Les meilleurs souvenirs quand tu fais de la tournée sont souvent des petits détails qui ressortent plusieurs mois voir des années après. Ce sont des impressions, des sentiments fugaces, plus que des souvenirs de concerts. Je suis désolé c’est moins glamour que de dire : le Hellfest c’était super, le Hammer fest génial, la tournée européenne incroyable ... Mais pour moi c’est comme ça. Si on cherche vraiment un souvenir de concert alors je pense que c’était pendant les Bars en Trans en 2009, où je n’ai jamais vu un public autant lâcher prise, c’était fou. On se serait cru dans les années 90’ quand les gens venaient au concert pour se déchainer.

Pour finir quels sont les plans pour 7 Weeks ? Vous avez des dates de concerts et de festivals à venir ? Oui, on a les premières dates de concert qui arrivent, du club puis des festivals cet été en France et Belgique avec notamment un passage aux Francofolies de la Rochelle. C’est cool de voir que ces gros Festivals à l’origine inatteignables pour de la musique lourde chantée en anglais s’ouvrent et proposent ça maintenant dans leur programmation.

31.03.20 10:56

7 WEEKS - "Sisyphus"

Quatre ans après “A Farewell To Dawn”, les français de 7 Weeks reviennent en puissance avec un nouvel album “Sisyphus”. Son dynamise nous fait voguer vers des sonorités de Rock sudiste et Stoner plaisante. La force de l’opus se ressent dans sa diversité, les titres s’enchaînent naturellement sous des rythmiques accrocheuses et vigoureuses. On retrouve plusieurs facettes entre les titres percutants et pêchus “Solar Ride, ‘Idols” et “Breathe”, la nervosité d’“Insomniac” ou encore la légèreté dynamique de “Gone” et “Sisyphus”. On ressent la chaleur de ce Rock sudiste condensé dans une légèreté puissante et séduisante. La seconde force de “Sisyphus” est son processus d’enregistrement en live permettant d’en savourer toute son efficacité et authenticité. “667 Out” marque la conclusion, ce morceau de six minutes est un concentré rythmique puissant et progressif, résumant ce que fait de mieux 7 Weeks. La clôture assez brute de “667 Out” est surprenante et donne envie de recommencer l’écoute de l’album. Avec “Sisyphus”, 7 Weeks frappent fort et font preuve d’une maturité grandissante dans ce concentré de morceaux persuasif et vigoureux qui nous fait voyager sur des routes désertées.

Il faut dire que l’environnement du paysage minier d’Oignies concorde bien avec l’univers industriel des Tambours du Bronx. Après leur dernier passage remontant à 2014, la troupe fait son retour au Métaphone avec leur nouveau concept et représentation Metal. Plus vigoureux et percutants, ils vont faire trembler la salle à grands coups de percussions et de riffs.

Sur les coups de 20h, il est temps de prendre possession de la salle avec la première partie Stengah. Face à un public encore clairsemé, les Lillois nous délivrent un mélange de Metal moderne aux influences prog et djent issus des morceaux de leur premier album “SOMA/SEMA”. Les rythmiques sont brutes et plaisantes nous permettant de passer un bon moment pour ouvrir la soirée.

Le moment tant attendu retentit avec Les Tambours Du Bronx, trente ans que la troupe cogne sur ces emblématiques bidons que nous voyons se dresser en arc de cercle sur la scène. Il fut le temps du renouveau en 2018 avec leur fracassant concept “Weapons of Mass Percussion” mélangeant le Metal avec les percussions. Cette nouvelle facette va faire raisonner avec fracas des sonorités captivantes et lourdes.

Les hostilités s’ouvrent avec “Mirage Eternal” et “Never Dead”, deux titres phares du dernier opus “W.O.M.P” qui est évidemment  mis en valeur pour ce show Metal. Les parties vocales sont assurées par Stéphane Buriez (Loudblast) et Renato (Trepalium), se partageant le micro avec complicité. Ils apportent une hargne supplémentaire aux morceaux grace à leurs textures vocales saturées. En plus de la dizaine de percussionnistes présents, on retrouve Franky Costanza (ex Dagoba, Blazing War Machine) venant les appuyer à la batterie.  Cette multitude de percussions va redoubler d’efficacité et va dégager une vigoureuse énergie brute et authentique. Très rapidement l’ambiance va chauffer avec le medley « Refuse/Resist » et « Roots Bloody Roots » de Sepultura, nous emmenant tout droit au Brésil. La cadence effrénée par la rythmique des tambours continue à nous transporter grace à ses influences très diversifiées entre l’industriel, le tribal et de légers passages électro. Le tout est mélangé et intégré avec cette formule Metal (guitares, basse et batterie) venant soutenir avec une lourdeur mélodieuse les percussions. Dans cette ambiance bouillonnante, nous assisterons à un seul morceau des Tambours Du Bronx en format classique permettant de prendre conscience de toute l’intensité délivrée par les fûts. Le set est diversifié également avec des reprises “The Day Is My Enemy” rendant un hommage à The Prodigy et “Dragula” (Rob Zombie) qui conclura cette performance en grande puissance.

Une puissance et une intensité pure, voilà comment résumer simplement une représentation des Tambours Du Bronx derrière toute sa technicité. Un concept audacieux avec cette représentation Metal qui réussit à convier un public diversifié de tout horizon et âge. Un déversement d’énergie envoyé avec conviction et une véritable expérience live qu’on vit cadencé par l’énergie de la troupe.

Quatre ans après le succès de “Moonbathers” qui ne m’a pas laissée indifférente et qui m’a bouleversé autant musicalement que personnellement, Delain revient avec un nouvel album “Apocalypse & Chill” rempli de conviction qui va nous transporter dans son univers dystopique. Le charme de Delain avec ses sonorités accrocheuses et énergiques se retrouve comme à son habitude et va nous conquérir. Une facette atmosphérique est mise en valeur avec des chœurs et des passages orchestraux marqués. Nous trouvons des morceaux d’une facilité d’écoute prenante s’entremêlant aux rythmiques catchy des claviers et à la lourdeur des guitares. Cependant, on remarque une sorte de distinction entre le côté “chill”et le côté "Apocalypse". L’un est aisément accrocheur avec des refrains entêtants comme sur “Chemical Redemption”, “We Had Everything” et ‘Let’s Dance”et ne procure aucune saveur particulière… On a également dans ce lot “Live Is To Die” avec ses sonorités de claviers très modernes et “One Second To Love” avec Timo au chant qui apporte pour la première fois sa contribution vocale. L’autre, le côté “Apocalypse”, met en avant cette nouvelle facette de Delain plus orchestrale et grandiose se retrouvant déjà en puissance dans les singles "Burning Bridges” et "Masters of Destiny” et fait monter les compositions vers un niveau supérieur. D’autres titres tels que "Legions of the Lost” laisse ressortir cette dimension épique avec ses chœurs ou encore le duo ravageur “Vengeance” où s’assemblent les voix de Charlotte et Yannis Papadopoulos (Beast In Black). La subtilité et fragilité de la ballade “Ghost House Heart” s’y ajoute avec ses sonorités de violons mises en avant également sur “The Greatest Escape”. Je me suis retrouvée séduite par “Creatures” avec des riffs très lourds (à la limite djent) qui s’assemblent avec la douceur de la voix de Charlotte. Elle contribue comme toujours à apporter un charme aux compositions en dévoilant avec aisance toute sa puissance et sensibilité vocale. L’opus se conclut en virtuosité sur le morceau instrumental “Combustion” rempli de vigueur et technicité. Dans l’intégralité mon avis est assez mitigé, malgré une lourdeur de guitares affirmée, le côté prenant et énergique qui fait l’essence de Delain reste trop simpliste, il manque une touche de tact pour faire décoller l’ensemble. A contrario, la partie atmosphérique et orchestrale offre une nouvelle dimension assez intéressante et captivante. Au final “Apocalypse & Chill” est un album en demi-teinte...

13.02.20 12:22

Junior Rodriguez

Le multi-instrumentalise, Junior Rodriguez connu pour ses nombreux projets (Inhatred, Betraying The Martyrs, Darkness Dynamite …), nous présente et nous fait voyager avec son album solo “Stellar Dream” :

Pour commencer, peux-tu résumer ta carrière de musicien jusqu’à présent ? Je suis musicien depuis ma tendre enfance et j’ai eu la chance de jouer dans plein de projets notamment Loudblast, des artistes comme Dick Rivers, j’ai partagé un projet avec Dave Grohl à Los Angeles. Avec ces rencontres et les hasards, je me suis retrouvé dans des canevas différents qui constituent ce qu’on peut appeler une carrière.

Tu commences ton projet solo avec un premier album “Stellar Dream” : par cela voulais-tu vraiment exprimer ton propre art ? Exactement, c’est un premier projet vraiment abouti où j’ai tout réalisé et c’est la chose la plus personnelle que j’ai faite jusqu’à maintenant, j’y ai décidé de m’exprimer pleinement en tant qu’artiste.

Tes projets précédents t'ont aidé à constituer celui-ci ? Bien sûr, c’est ce qui m’a mené jusque-là par les expériences passées avec tous les groupes dans des styles divers et varié. Cet album est une synthèse de ce que je suis, de la musique que je fais et que j’aime, c’est un peu ce que j’ai toujours rêvé d’écouter. Je me suis fait mon album de ce j’apprécie.

Quels sont les sonorités et styles qu’on va retrouver “Stellar Dream” ? On est sur du psychédélique, il y a des personnes qui affirment que c’est du Rock, d’autres du Metal, mais ce n’est ni l’un ni l’autre. Comme je l’évoquais avant c’est ce qui me constitue de par de toutes les expériences et les groupes passés, c’est comme un grand mélange de tout ce que j’aime dans tous les genres et il y a un peu de Metal et de Rock. Un ami m’a dit un jour : “Mais en fait ce que tu fais c’est du Rock Stellar” et j’ai trouvé ça sympa comme description.

Est-ce que ta série web “Starting From Nowhere”est le point de départ qui a lancé l’album ? Par cette expérience d’écrire ce titre en Islande, c’est devenu logique pour moi que ce soit le premier de l’album et de le composer par la suite. Ceci n’était pas prévu au début, mais ça en a découlé tout naturellement quand je suis rentré à Paris, j’ai tout de suite écrit la suite et ça s’est fait très simplement.

Il y a juste l’Islande ou d’autres aventures ont constitué cet album ? C’est l'Islande qui a fait le point de départ, mais je voyage énormément, je fais le tour du monde, c’est donc inspiré par toutes mes expériences, ma musique est une invitation au voyage en soi.

Les expéditions sont-elles ta plus grande source d’inspiration ? As-tu d’autres sujets qui t’inspirent ? J’ai plein de sujets qui m’inspirent, mais c’est juste que les voyages et la découverte du monde sont essentiellement ce qui m’a toujours intéressé et intrigué depuis tout petit. J’ai eu la chance de pouvoir vagabonder quasiment depuis ma naissance grâce à mon père qui est chauffeur de car, il m’emmenait un peu partout avec lui dès que je pouvais et que je n’avais pas école. Les voyages sont une très grande source d’inspiration, ensuite il y a aussi le choc des cultures, d’où l’intérêt que je sois allé en Namibie tourner ce clip à la rencontre d’une des plus veilles civilisation sur terre, ce sont vraiment des choses qui me plaisent.

As-tu des lieux qui t’ont marqué en particulier ? As-tu des endroits que tu rêverais de visiter ? Les lieux qui m’ont marqué il y a bien sur l’Islande et la Namibie et ceux que je rêverais de visiter, il y a en a beaucoup comme l’Amérique du Sud où il y a de nombreuses merveilles à voir. J’ai eu la chance d’aller en Amazonie, mais j’étais en tournée en Guyane donc je suis parti en trip avec des Indiens de là-bas et ça n’a pas duré longtemps, je voudrais bien affiner ça et aller dans les endroits les plus reculés. Ensuite, j’aimerai bien visiter l’Asie, c’est un territoire tellement vaste.

Revenons à l’album “Stellar Dream” , peux-tu me décrire son processus de production en studio ? Jusqu’à peu, j’avais la chance d’avoir mon studio d’enregistrement chez moi, dans ma maison à Paris. Donc, je travaille de chez moi, dans mon studio, dans mon salon et j’écris des bouts de paroles, ce sont des idées qui me viennent à la guitare, parfois à la batterie. C’est une espèce de puzzle que je monte comme ça au fur et à mesure, ce sont des pièces qui s’assemblent jusqu’au moment où tu as l’image qui s’affiche et puis je me dis “en fait, j’ai un album qui est prêt, génial”.

C’est de l’autoproduction à 100% ? J’ai tout joué et produit : c’était mon défi de tout faire par moi-même. Après, j’ai eu de la chance d’être entouré pour le mixage du disque, car c’était l’étape que je n’avais pas vraiment envie de faire moi-même. Je l’ai fait sur mes disques précédents, mais là je désirais avoir du recul et passer par des personnes de confiance avec qui j’ai déjà travaillé. Il y a Remy Boy qui est un de mes mixeurs préférés et Mark Stent aux États-Unis qui m’a fait l’honneur de me mixer un titre “Just Like You”. Cependant, pour le reste j’ai tout fait par moi-même.

Peux-tu revenir sur ta série web et sa création, comment est né le projet ? L’idée n’est pas venue de moi, mais du réalisateur Albéric Jouzeau qui avait ça en tête et un jour il m’a appelé pour me dire qu'il aurait souhaité faire un film avec moi. Il m’explique qu’il aimerait bien m’emmener dans un endroit que je n’ai jamais eu l'occasion de visiter, en pleine nature et de documenter ma façon de travailler, comment me vient l'inspiration, de me mettre un peu en danger en me sortant du format habituel de création en studio. Justement, comme il sait que j’adore les expéditions, il m’a emmené en Islande pour voir ce que le voyage allait m’inspirer, et y joindre directement l’image. Le résultat en chanson de cette expérience et du processus de création se retrouve là:

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Pour conclure, quels sont les projets à venir après l’album ? L’album « Stellar Dream » est sorti en octobre, on a une grande phase de promotion et une date le 26 novembre à Paris pour la release party. Ensuite une tournée est prévue pour 2020 et on a déjà beaucoup de dates qui commencent à s’aligner et surtout j’espère faire beaucoup de festivals l’année prochaine.

La quatorzième édition du Hellfest va offrir une journée supplémentaire avec la toute première venue en Europe du festival itinérant de Slipknot : Le Knotfest. Une nouvelle journée, le jeudi qui a rencontré son succès avec un sold out. Tandis que le Hellfest est comme à son habitude sold-out avec ces 180.000 festivaliers présents sur les trois jours. Comme tous les ans, le festival apporte ses petites améliorations pour le confort de ses festivaliers avec de nouveaux écrans immenses situés sur les Mains Stages qui va donner toute sa dimension à certains concerts et l’aménagement et le pavage du coin de repas. Cette édition a mis deux grandes journées en valeur avec le vendredi 100% groupes français et le dimanche 100% Thrash sur la Main Stage 2. Cette édition rencontre aussi son lot d’imprévu avec l’annulation le matin même de Manowar remplacé par Sabaton, qui est une longue affaire à débat où chacun se fait son avis sur le sujet. On est parti pour résumer quatre jours de décibels intenses :

Jeudi – Knotfest :

La toute première édition du Knotfest européen s’ouvre en grande claque avec la légende du Hardcore new-yorkais : Sick Of It All qui va tout retourner sur son passage. Le groupe balance la sauce et une énergie nerveusement contagieuse partagées avec le public grâce à des titres hargneux et agressifs qui vont défiler à une vitesse folle. Dix-sept titres sont interprétés avec une setlist qui a des allures de best of, sans oublier le dernier album « Wake The Sleeping Dragon » dont quatre morceaux seront mis à l’honneur en plus du backdrop à son effigie. On se prend une dernière claque et le set se conclue sur le classique « Set Down ». Sick Of It All ouvre cette journée en grande puissance sous les meilleurs auspices.

Prochain groupe et changement de cap avec Amaranthe et sa Pop Metal acidulée. La formation atypique va attirer les curieux par son mélange de style mis en avant avec ses trois chanteurs qui se partagent entre les voix cleans et les growls. Pas facile de faire cohabiter autant d’éléments et de mélanges sur scène, le son va résonner brouillon se transformant en une cacophonie… La voix d’Elize se retrouve trop mise en avant et devient vite insupportable. Pourtant c’est elle qui va sauver la situation quand les balances de Ministry vont se mélanger au son d’Amaranthe. Le reste du groupe quitte la scène après s’être mis en colère, laissant Elize seule. Elle va interpréter « Amaranthine » en a capella et sauver les pots cassés avant que le concert reprenne et vivement vite se terminer.

Behemoth va livrer une cérémonie frappante avec une messe noire dantesque s’ouvrant sur la surprenante introduction « Solve » et ses chœurs d’enfants. La prestation des Polonais est une valeur sûre pour s’en prendre plein les yeux avec ses visuels soignés, des animations sur les écrans et surtout ses effets pyrotechniques qui vont accentués la rythmique blasphématoire de leurs morceaux. L’atmosphère macabre monte d’un cran et devient presque hypotonique à l’interprétation de « Bartzabel », Nergal apparaît avec son magnifique couvre-chef présent dans le clip et fait chanter le public sur le refrain. Nergal nous confie son attachement pour le Hellfest « qui est le meilleur festival d’Europe ». La prestation se termine sur la bande-son « Coagvla », Behemoth livre un concert court, mais très intense et puissant, on est époustouflé, le seul bémol c’est dommage de voir cette mise en scène en pleine lumière du jour.

Les concerts s’enchaînent et ne ressemblent pas, on passe de l’obscurité à la lumière avec Papa Roach et son Metal Alternatif rempli de bonnes ondes. Les Américains frappent fort et entament le set avec un grand classique « Last Ressort » et s’enchaîne dans la même veine avec « Blood Brothers ». Jacoby et sa bande font preuve d’une bonne humeur et d’une énergie survoltée communicative partagées avec le public. Malgré que la fougue redescende d’un cran petit à petit, le public semble moins adhérer aux titres plus récents issus du dernier album « Who Do You Trust », cela n’entache pas le dynamisme de Papa Roach qui nous garde en haleine. Dans ce mélange d’anciens et de nouveautés, on a une reprise de « Firestarter » (The Prodigy) en hommage à leur chanteur Keith Flint. Le set se conclut avec « … To Be Loved », Papa Roach nous a livré une performance explosive respirant la joie de vivre.

La grande messe du Heavy Metal kitch est offerte par les Allemands de Powerwolf. Toujours aussi efficaces et grandioses avec une scénographie soignée, on retrouve un nouveau backdrop représentant une cathédrale en ruine sans oublier les effets pyrotechniques qui vont illuminer la prestation. Attila Dorn en vrai prêtre de cérémonie s’adresse dans un français quasi parfait et va chauffer la foule pour les faire chanter ses refrains catchy et entêtant. On ne peut pas résister à l’envie de reprendre en cœur les classiques « Amen & Attack » ou encore « Armata Strigoi » dans cette ambiance électrique. Les nouveaux titres comme « Demons Are a Girl's Best Friend » rencontrent aussi un grand succès. Powerwolf c’est la garantie d’une prestation efficace malgré un concert qui reste sans grande surprise … C’est l’ambiance et la communion créer avec le public qui font de leurs concerts une vraie réussite.

Alors que la nuit est tombée sur le festival, les Vikings d’Amon Amarth font leur entrée sur scène. On attaque avec deux hits « Pursuit of Vikings » et « Deceiver of the Gods » qui mettent en avant l’efficacité de leur Death Mélodique. La setlist est essentiellement composée des titres de leurs deux derniers albums « Berserker » et « Jomsviking ». Au niveau du visuel, on s'immerge dans leur univers avec un grand drakkar en forme de casque de Viking au milieu de la scène et les effets pyrotechniques vont embellir le tout entre deux combats de Vikings. Le frontman Johan Hegg impose par sa prestance et sa voix, il va transporter la foule avec lui. On conclut avec le classique « Twilight Of The Thunder God », Amon Amarth met tout le monde d’accord avec l’efficacité et la vigueur de ses morceaux.

Voici le moment qu’on attend tous, les maîtres de cérémonie de ce Knotfest : Slipknot, la bande des neuf va nous partager une prestation des plus folles dans leur nouveau décor toujours aussi dantesque. Dès les premières notes de la violence de « People = Shit » le public est complètement survolté dans l’enchaînement de cette setlist best-of : « Before I Forget », « Psychosocial » ou encore « Duality » va nous remuer durant plus de 1 h 30. Un seul titre du nouvel album « Unsainted » sera interprété et repris en cœur et également le single « ‘All Out Life ». Le groupe fait preuve d’une énergie furieuse et c’est une vraie fusion qui se créer avec cette foule complètement en délire. C’est intense, violent une prestation fulgurante qui va dans tous les sens musicalement et scéniquement, Slipknot nous a tous retourné. Ce fut un grand moment !

Après ce grand déversement d’énergie, je décide ne pas rester pour Sabaton et de privilégier le sommeil, car encore trois jours intenses de festivals vont se poursuivre. Le lendemain, je constaterai qu’au final le hasard fait bien les choses …

Vendredi - JOUR 1 :

En début de matinée, on apprend que la prestation de Manowar est annulée, le Hellfest communique que c’est pour des raisons indépendantes de sa volonté. Deux points de vue bien différents se contredisent entre le groupe et le festival et entre les explications rationnelles et les théories les plus folles qui circulent sur le sujet à nous de nous faire notre propre avis … On évitera d’exposer aussi les très très nombreuses blagues qui vont découler sur Manowar … On nous annonce dans la foulée que Sabaton va les remplacer et donc assurer un second concert en tête d’affiche et je me réjouis finalement de pouvoir les voir.

On entame cette journée à la Warzone dans une ambiance conviviale avec les Australiens de The Rumjacks et leur Punk Celtique très dynamique. Entre les guitares, on rajoute du banjo, de la mandoline, des flûtes entraînant les mélodies folks qui rythment leurs morceaux plaisants et mélodieux. Cette énergie s’imprègne dans la fosse, on danse, on chante en cœur et on pogote dans une ambiance festive digne d’un pub irlandais. Un bon échauffement et une première gorgée de Folk bouillant de bonne humeur avant le passage de Dropkick Murphys plus tard dans la soirée.

Changement d’ambiance sous la Temple avec les Américains d’UADA nous envoûtant dans leur univers sombre avec leur Black Metal atmosphérique. Une part de mystère plane sur ses musiciens encapuchonnés tout en noir avec une prestance stoïque venant surplomber la noirceur de leurs sonorités. Il se dégage une ambiance malsaine sous ces guitares dissonantes, ces mélodies hargneuses et intenses agrémentées d’un côté mélodique. Une prestation qui mise sur la sobriété et nous permet de nous concentrer sur ces sonorités glaciales et puissantes. UADA réussit à nous emmener dans des terrains lugubres ne nous laissant pas indifférents.

La Main Stage 1 va accueillir les Américains de Godsmack qui vont nous livrer le meilleur de leur Heavy US avec énergie et efficacité. Sully Erna fait preuve de charisme et nous impressionnera encore plus quand il prend la place derrière les futs. Également batteur, il va assurer avec Shannon Larkin un remarquable duel de batterie sur « Batalla de los tambores » très bien exécuté. Le set est un mélange bien dosé entre leur nouvel album « When Legends Rise » et de leurs grands hits « Bulletproof » ou encore « I Stand Alone » qui conclue leur prestation devant une foule conquise.

Sur la Main Stage 2 une journée « 100% française » est mis à l’honneur après les passages de Fallen Lillies (gagnante du Tremplin), Klone, Black Rain et Lofofora c’est au tour de No One Is Innocent de prendre possession de la scène. Une sirène retentit et annonce le début du concert avec « À La Gloire Du Marché », le dynamise du groupe proliféré et Kemar motive la fosse qui est déjà bien bouillante. Les titres issus du dernier album « Ali (King of the Ring) » et « Frankenstein » sont tout aussi efficaces que leurs classiques « Silencio » et « La Peau » qui va faire sauter la foule. Kemar fait souvent des coupures entre deux titres pour nous interpeller sur le caractère engagé de leurs musiques comme le prouve « Nomenklatura » et « Chile ».

On finit sur « What The Fuck » avec Niko (Tagada Jones) et un wall of death se déclenche et conclut la prestation dans cette folle énergie.

Le soleil tape fort sur la Warzone, les conditions sont parfaites pour accueillir The Interrupters, la bande des petits protégés de Tim Armstrong composée des frères Bivona et d’Aimee Interrupter. Leur Punk Ska va faire vibrer un concentré de fun et de bonne humeur explosive. Le set s’ouvre avec « A Friend Like Me » et on ne peut pas résister à chanter en cœur, la tonalité festive est lancée. La fosse va se transformer en un grand terrain de danse où on se donne à cœur joie de chanter ses refrains entêtants et fédérateurs. Le groupe est ravi d’être présent et de recevoir un tel accueil positif et il nous le partage par sa bonne humeur communicative. Les regards seront surtout rivés sur la charismatique Aimee qui nous séduit par son grand sourire et son dynamisme, elle descend régulièrement au contact du public pour partager ce moment de communion. La prestation est parfaitement exécutée sans prise de tête, on est venu pour s’amuser et prendre une bonne dose de fraîcheur joviale (sous cette chaleur). Le set se conclut avec « Family », un dernier moment pour nous fédérer les valeurs de partage et de respect qui sont importants à The Interrupters.

On retourne à la Main Stage 2 et en cette fin d’après-midi la chaleur va monter encore plus d’un cran avec les marseillais de Dagoba. Dès le premier titre « I, Reptile » un circle pit se forme, on le sait leur performance va être tout aussi intense que leur son massif et ça va faire des ravages. On notera sur scène l’apparition d’un écran qui diffusera leur logo en sobriété et de quelques effets pyrotechniques. Revenons au cœur de cette explosion de Metal intense accentué par l’énergie du groupe et d’une fosse en fusion avec des slameurs à profusion. Shawter communique souvent entre deux morceaux et amène la foule à se donner à fond. Le point culminant arrive sur « The Sunset Curse » ou le groupe demande de faire un Wall Of Death toujours de plus en plus grand de la scène jusqu’à la régie, cet impact fut mémorable ! Et parce qu’on n’est pas fatigué, le set se conclut avec « The Things Within » ou un autre wall of death toujours aussi impressionnant se forme. Dagoba a tout balayé sur son passage dans une énergie fulgurante partagée avec une foule en délire.

Il est temps de faire une pause calme sous la Valley avec les Suédois de Graveyard. Un moment agréable avec leur Hard-Rock aux influences bluesy et années 70’s qui nous envoutent et séduit facilement.

On repart sur les Mains Stages pour le reste de la soirée où une grande affluence attend la venue des bostonnais de Dropkick Murphys venus nous enivrer avec son Punk Rock Celtique. Le set débute sur le classique « Cadence to Arms » dès lors la fosse se transforme en une ambiance festive de pub irlandais où de nombreux pogos vont se déclencher. Le groupe nous fait partage sa bonne humeur communicative sur des rythmes endiablés accompagnés de mandoline, de flûte et de cornemuse. Leur prestation est accompagnée d’animation vidéo, de pyrotechnique, de confettis et serpentins festoyant le tout. Ken Casey et Al Barr occupent l’espace sur scène avec énergie par laquelle ils nous transmettent leurs chants prenants et conviviaux. Ces morceaux joviaux et fédérateurs comme « The Boys Are Back », « Johnny, I Hardly Knew Ya » ou « encore First Class Loser » nous font chanter en cœur. On conclut avec les incontournables « Rose Tattoo. Et “I’m Shipping Up to Boston” dans une ambiance des plus festives alors que le soleil se couche sur Clisson dans cette énergie folle respirant l’alcool.

Cette journée 100 % frenchie va monter d’un cran avec des incontournables de la scène : Mass Hysteria. Dès l’ouverture sur « Reprendre mes esprits », le public bouillonne et va se donner à fond durant cette prestation qui va être des plus explosive. La claque est tout aussi sonore que visuelle grâce aux immenses écrans utilisés à leurs avantages pour illustrer et animer les morceaux et la pyrotechnie qui va faire flamber le tout notamment sur « World Of Fire ». Un concentré d’énergie et d’intensité fait vibrer le pit sous l’efficacité de leurs nouveaux titres « Se Brûler Seulement », « Nerf de Bœuf » et des classiques « L’enfer Des Dieux » ou encore « Plus Que du Metal » avec son grand Wall Of Death. Mass Hysteria a tout ravagé sur son passage et offre un de ces plus grands concerts qui a marqué les esprits et qu’on retrouvera immortalisé en DVD.

Il n’a pas vraiment de commentaire à faire sur l’absence de Manowar… On fait place à la nouvelle tête d’affiche de la soirée avec Sabaton. La prestation sera bien sûr à l’identique d’hier soir avec son décor de champ de guerre grandiose avec ses barbelés, ses tranchées et son tank accompagné d’effets pyrotechniques et la diffusion de vidéos sur ces écrans immenses pour une immersion totale. Cependant la prestation va prendre une tournure particulière, déjà affaiblie vocalement hier soir Joakim fait face à des difficultés et une extinction de voix. Il passe les armes à ses guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland qui vont assurer et se départager le chant dès le quatrième « Fields Of Verdun ». Également, assuré avec la présence du chœur militaire, présent déjà au Knotfest à ma plus grande surprise. Malgré ça Joakim ne se laisse pas abattre en soutenant son groupe, en essayant parfois de reprendre le micro tout en motivant et communicant avec la foule. Les Suédois ont assuré une prestation honorable, qui mérite du respect et Joakim est reconnaissant de cet accueil et compréhension si formidable. Il est sur ce soir Sabaton a conquis la foule et même les plus réfractaires à leur musique.

On assiste au point culminant de cette soirée avec Gojira et c’est avec plaisir de voir un groupe français au sommet de la tête d’affiche et malgré l’heure tardive c’est une foule massive qui se regroupe devant les Mains Stages. Il va être difficile de décrire l’intensité de la prestation qui va suivre, on en prend plein les yeux et les oreilles et c’est époustouflant. Gojira nous plonge dans l’intensité d’un son très puissant et organique avec une setlist best-of « Silvera », « L’Enfant Sauvage », « Love » ou encore « Flying Whales » qui fut un réel plaisir de l’entendre en live. Cette intensité est renforcée par le côté incisif de la batterie amené par Mario complément déchaîné derrière ces fûts. Une prestation soignée dans les moindres détails avec le lightshow, les effets pyrotechniques (feux d’artifices et rideau d’étincelles) et les vidéos renforcent ce côté immersif. Gojira frôle la perfection si j’ose dire, je suis restée en administration et en joie de les avoir enfin en live c’était grandiose. Cette journée se conclut en beauté.

Jour 2 – Samedi :

Une nouvelle journée commence en douceur à la Warzone sous une forte chaleur, où l’on retrouve les Canadiens de The Creepshow qui vont nous faire swinguer sur leur Psychobilly. Les regards seront autant tournés sur Sean avec sa contrebasse imposante et sur la charismatique chanteuse Kenda à la voix enjôleuse et rocailleuse. Une contrebasse, du clavier et des guitares vont mener le rythme de leurs morceaux Punk, Country et Rock’n’roll, c’est pêchu, plaisant et festif, on passe un bon moment pour démarrer la journée.

On rejoint de nouveau un esprit festif sous l’Altar avec les Français de Trepalium et leur mélange de Death Mélodique à la fusion jazz. Un concentré de brutalité au chant saturé s’alliant à un esprit groovy qui va nous faire swinguer, c’est orignal et pourtant très efficace.  Leur nouveau chanteur Renato est très à l’aise sur scène et reprend les anciens tubes avec aisance et on profitera d’entendre deux nouveaux singles « Everything's Supposed to Be OK » et « …To The Sun ». Dans la fosse on s’amuse, c’est un sacré bordel et même une chenille se forme sur le dernier titre « Vesania » concluant ce set redoublant d’efficacité sous de bonnes ondes.

On s’éclipse à la Temple sous les ondes sombres de Dool (composé d’anciens membres de The Devil's Blood), ils viennent défendre leur tout premier album « Here Now, There Then ». Leur Dark Rock est un mélange subtil d’une lourdeur envoutante aux riffs éthérés et dissonants. La voix singulière de la charismatique Ryanne van Dorst enterre encore plus cette atmosphère si particulière. Au fil de leurs morceaux, on est transporté dans un univers obscur, saisissant et mélancolique qui nous séduit et déstabilise. 

On retourne sur les Mains stages et ATTENTION GROS COUP DE CŒUR EN APPROCHE ! FEVER333 est un groupe de Rapcore composé de Jason Butler (ex-Letlive) au chant, de Stephen Harrisson (ex The Chariot) à la guitare et d’Aric Improta (Night Verses) à la batterie. L’entrée sur « Burn It » est des plus fracassante, on est directement saisi par l’énergie et l’intensité qui va se dégager durant toute la prestation. On est face à des piles électriques, on ne sait plus où donner de la tête avec leur hyperactivité entre Jason parcourant la scène de long en large en sautant partout et Aric qui semble difficilement tenir assis derrière ses fûts. Leur son de Rapcore aux influences Hip Hop, Trash et Hardcore est une parfaite fusion de l’énergie déconcertante qu’ils dégagent. Cette puissance concentrée de brutalité furieuse et joviale résonne dans la fosse toute aussi en délire. À noter le groupe a que deux ans existence et un seul album « Strength in Numb333rs », c’est par leur efficacité et vigueur débordante qu’il transporte la fosse dans leur folie. Une des révélations de ce Hellfest à suivre de très près.

Avec Eisbrecher, on passe à un autre registre, les Allemands font partie de la catégorie de la « Neue Deutsche Härte » et il est difficile de ne pas citer Rammstein en comparaison. Cependant sous leur Metal Industriel martial on déniche des influences électros assez marquées. Ils font aussi preuve d’un côté décalé, leur chanteur Alexx Wesselsky fait son entrée avec une doudoune et une chapka sur scène qu’il va retirer après le premier morceau « Verrückt », quelle idée sous ses trente degrés … Il va aussi s’exprimer en français avec un accent assez marqué pour divertir le public. Sous ses riffs lourds et entrainants, Eisbrecher séduit par son efficacité et son côté drôle.

Sous l’Altar, les Portugais de Moonspell vont faire résonner leur Metal Gothique. On s’évade dans les sonorités de leur dernier album concept « 1755 » chanté en portugais évoquant les tremblements de terre de Lisbonne. Il est mis en avant avec cinq titres sur neuf joués, cependant les classiques comme « Alma Mater » ou encore « Em nome do medo » ne sont pas oubliés. Moonspell livre une prestation efficace qui conquit en toute simplicité.

On retourne sur les Mains Stages pour le reste de la soirée, ma curiosité se porte sur le set de légende dans leur genre de Classic Hard Rock avec Whitesnake. Ils sont venus passer un bon moment et défendre leur nouvel album « Flesh & Blood » dont deux titres seront joués « Hey You (You Make Me Rock) » et « Shut Up & Kiss Me ». Le set sera surtout composé de grands classiques « Is This Love », « Love Ain't No Stranger », « Here I Go Again » ou encore « Still of the Night » … Entremêlé d’un solo de guitare et de batterie permettant sûrement à David Coverdale de reposer sa voix affaiblie malgré ça il assure le show pleinement. Whitesnake nous fait passer un moment convivial qui fut certainement rempli de nostalgie pour certains.

On passe à un registre différent avec Within Temptation venu défendre leur nouvel album « Resist » qui m’avait déçu par son côté Main Stream cependant il va se révéler explosif sur scène et va me faire changer légèrement d’avis sur ma déception. Difficile de ne pas évoquer Within Temptation sans le lier au côté personnel, le groupe m’a suivi durant une grande partie de mon adolescence et c’est avec de l’émotion que je les vois à nouveau. Passons au concert qui s’ouvre en grande puissance sur deux nouveaux titres « Raise Your Banner » et « The Reckoning » avec une scène décorée dans un thème futuriste reflétant parfaitement l’esprit de l’opus. Si l’ambiance est déjà bien embrasée, ça continue avec « In the Middle of the Night » qui va faire flamber la pyrotechnie. L’atmosphère continue de monter en puissance avec les classiques comme « Faster » et « Paradise (What About Us ? » ou à ma plus grande surprise je commence à retrouver dans des pogos, circle pit et un semblant de wall of death. Petite parenthèse avec « Stand My Ground » qui va me saisir avec beaucoup d’émotions. Sur scène, la bonne ambiance est aussi présente surtout avec Sharon toujours aussi radieuse et en forme. Elle communique et dynamise la foule comme sur « Mad World » ou elle nous demander de sauter tous ensemble. La performance va se conclure sur l’incontournable « Mother Earth » (outre la regrettable absence de « Ice Queen » …), mais ça fait plaisir d’entendre un morceau des premières heures qui fait raisonner leur vrai côté symphonique. Ce concert se conclut dans un mélange de bonheur et d’émotion de revoir Within Temptation dans une ambiance des plus électriques.

La soirée des groupes cultes des années 70’s/80’s se poursuit sur les Mains Stages après le passage de Def Leppard on fait place aux Texans de ZZ Top. Le Trio Frank Beard, Billy Gibbons et Dusty Hill fêtent leurs cinquante ans cette année et durant une heure de set et vont aller droit à l’essentiel avec une setlist best of de qualité : « Got Me Under Pressure », « Gimme All Your Lovin’ », « Sharp Dressed Man », « Tush » sans oublier la « Grange » pour en citer quelques morceaux. La machine est bien huilée leur Blues Rock est efficace et on passe un moment sympathique.

La grande tête d’affiche et les stars de la soirée sont bien sûr les Américains de Kiss, en tournée supposée d’adieu nommé « End Of Road », un passage par les terres clissonnaises s’impose pour un dernier au revoir. Durant deux heures de concerts Paul Stanley, Gene Simmons, Eric Singer et Tommy Thayer vont nous livrer une prestation cadrée au millimétre près des plus remarquables, un gros show à l’américaine qui va en mettre pleins les yeux. Le rideau tombe et un feu d’artifice explose avec une entrée des plus détonantes, le groupe descend sur scène sur des plateformes et attaque avec un de leur classique "Detroit Rock City". La setlist survole leur discographie avec leurs incontournables « I Love It Loud », « Lick It Up », « I Was Made for Lovin' You », « Crazy Crazy Nights » … Mais deux heures de Kiss sont autant too much que leur prestation et je finis vite par me lasser, préférant aller voir ce qu’il y a d’intéressant ailleurs. Cependant, Kiss fait le show et assure une prestation grandiose aux décors riches et à la liste longue d’excentricités pour un effet « waouh » et une claque garantie.  Alors que pendant ce temps je vais faire un tour devant les prestations de Cradle Of Filth avec son ambiance malfaisante et de Bloodbath avec son Death Metal brut et puissant.

JOUR 3 – Dimanche:

En ce dernier jour alors que la fatigue se fait plus que se ressentir, on commence les festivités sous un soleil de plomb à la Warzone pour un concert particulier. Brutus est inévitablement mon gros coup de cœur depuis un long moment et c’est avec joie que je les vois fouler le Hellfest. Le trio belge est sur les devants de la scène depuis la sortie remarquée de leur second album « Nest » et va donner un concert des plus saisissants et nous ébahir avec son Post Hardcore/Rock/Punk aux multiples facettes. Alors que les premières notes du set retenti sur « War », je me retrouve submergé par l’émotion. Je constate autour de moi ce mélange de puissance et de fragilité qui va en émouvoir plus d’un et certains jusqu’aux larmes. Les regards sont surtout rivés sur Stefanie qui livre une prestation remarquable entre son énergie fougueuse à la batterie et son chant qui est un mélange de rage et de sensibilité profonde. On est séduit par les riffs entêtants, cette hargne et cette puissance harmonieuse chargée en sentiments déchirants. Leur musique est une vraie décharge émotionnelle qui nous saisit les tripes. Ce bonheur partagé par la foule et le groupe ému par l’accueil qu’on leur réserve avec une communication timide, mais sincère, Stefanie nous dira : « Je t’aime, merci beaucoup » presque aux bords des larmes. En quarante minutes, la magie a opéré, Brutus me conquit encore et toujours. Cet instant fût comme hors du temps, c’est inévitable. Brutus est une magnifique découverte pour certains et un des temps forts du festival.

Sous la Valley, les Italiens de Messa vont nous envouter avec leur Doom contrasté de passages puissants et doux nuancés parfois teintés de Jazz. Leur son résonne massif, ambiant et grâce à leurs titres d’une durée longue tel que « Leah », on plonge au fur et à mesure de leur prestation dans leur univers, on se prend au charme de leur musique toute en subtilité et en noirceur.

Sous la Temple, une prestation des plus remarquables va se produire avec le Metal pré-hispanique et tribal de Cemican. Les Mexicains vont marquer les esprits avec leur musique et mise en scène qui met à l’honneur la culture aztèque. Leur son est un mélange de Death Metal brut et de Folk Metal aux sonorités marquées d’instruments assez surprenants entre des flûtes diverses, d’un sifflet de la mort et un didgeridoo. Leurs costumes et maquillages renforcent cette culture aztèque dans les moindres détails. La mise en scène sera des plus saisissantes, un des membres est entièrement consacré à ses rituels de cracheur de feu, de dance et même une sorte de sacrifice humain qui nous en met plein la vue. La notoriété de Cemican augmente au fur et à mesure de ces prestations des plus percutantes et l’ovation qui leur sera rendue durant le final le confirme.

Le reste de cette journée va se passer entre les deux Mains Stages alors que la chaleur va devenir de plus en plus écrasante, ce qui n’aide en rien à la fatigue… Pourtant, c’est un vrai marathon qui va se déchaîner tantôt d’un côté avec des groupes variés et tantôt d’un autre avec la journée Thrash après les passages en début de journée des prometteurs Alien Weaponry, Insanity Alert, Municipal Waste et Death Angel, on continue avec Trivium… La bande de Matt Heafy va balancer du lourd avec son Thrash Metal aux nuances d’Heavy et va nous faire bouger dans une fougueuse énergie. Les Américains sont venus défendre leur dernier album « The Sin and the Sentence » sorti en 2017 avec quatre titres sur huit joués de ce dernier. Le public est au rendez-vous face à une prestation efficace et explosive sous un déluge de pogo et de slameur.

Alors que les lances incendie sont de sortie pour rafraîchir la foule, la chaleur va monter d’un cran. Les Américains de Cluth vont nous faire swinguer avec leur Stoner teinté d’un côté groovy qui va envoyer un concentré de bonne onde. La foule est emportée à danser sous ce soleil de plomb avec une setlist variée : « Ghoul Wrangler », « X-Ray Visions », « Electric Worry » … La voix chaude de Neil Fallon rajoute un certain charme à cette musique groovy. On prend du bon temps, le set est court, efficace et va à l’essentiel je n’aurai qu’une chose à rajouter « Vamanos, vamanos ».  

Le soleil frappe aussi fort que le Thrash sur la Main Stage, on fait place à une autre pointure du genre avec Testament. L’entrée remarquable sur « Brotherhood of the Snake » va donner la cadence d’une musique redoublant d’intensité. On va se prendre une bonne dose de Thrash efficace et redoutable dans la face. La setlist démente est taillée pour les festivals avec que du bon et du lourd : « Practice What You Preach », « Disciples of the Watch », « The New Order » … Chuck Billy est en grande forme et nous donne le meilleur de sa voix et quoi de mieux de souffler ces cinquante-sept bougies sur scène par la même occasion. Malgré quelques problèmes techniques avec le son, Testament à livrer une prestation cadrée, massive et efficace qui a conquis la foule.

Alors que la foule se dissipe devant les Mains Stages, on accueille pour la toute première fois sur les scènes du Hellfest : Stone Temple Pilots. Le groupe de Grunge Alternatif a connu un destin tragique après la perte de ces deux chanteurs Scott Weiland et Chester Bennington … Cependant ils sont revenus au-devant de la scène avec un album éponyme en 2018. La bonne surprise du jour sera la découverte de leur nouveau chanteur Jeff Gutt qui a été révélé dans l’émission X-Factor avant de rejoindre le groupe. Dans l’énergie de cette prestation, Jeff s’approprie le répertoire du groupe avec conviction. Le set se plonge dans leurs deux albums cultes « Purple » et « Core » avec efficacité. Stone Temple Pilots prouve son retour sur scène avec conviction et a dû ravir les fans de la première heure sur son passage.

On continue sur la seconde Main Stage avec un autre grand nom du Thrash américain : Anthrax. Toujours en efficacité et en intensité, Joey Belladonna fédère son public et les mosh-pit vont aller de bon cœur dans cette bonne humeur communicative. Anthrax mise sur des valeurs sûres avec quatre titres sur huit issus de leur album culte « Among the Living » : « Caught in a Mosh », « Efilnikufesin (N.F.L.) », « I Am the Law » et « Indians ». Avec un passage obligé par l’incontournable reprise « Anti Social » qui fait toujours son effet. Anthrax livre un set carré et percutant qui ravit la foule.

On passe à un registre différent avec Lynyrd Skynyrd, son Rock sudiste va être la bande-son idéale pour accompagner le soleil qui se couche sur le festival. On retrouve dans la formation un seul et unique membre fondateur, le guitariste Gary Rossington, rescapé du tragique crash d’avion qui marquera le groupe en 1977. Les Américains sont venus nous offrir un moment d’émotion, un concert d’adieu et un dernier hommage à ces membres disparus. La prestation va à l’essentiel avec leurs morceaux cultes « Simple Man », « That Smell », « Gimme Back My Bullets » … Tous issus de leurs albums précédant la tragédie à l’exception de « Skynyrd Nation ». Le tout est efficace et enchante la foule qui chante en cœur sans oublier l’incontournable « Sweet Home Alabama » qui va être un des temps forts. Le second point culminant est le final du set avec l’interprétation de « Free Bird » tout en émotion et intensité, le morceau va être rallonger et dépasser les dix minutes (commençant à créer du retard …). Il est certain Lynyrd Skynyrd à livrer une prestation saisissante, émouvante, ce dernier un au revoir qui a marqué les esprits.

Dès les dernières notes de « Free Bird », pas le temps de faire une trêve et Lamb Of God déboule sur scène et va tout retourner sur son passage avec son Groove Metal. Les Américains livrent une prestation remarquable fulgurante d’énergie et de riffs dévastateurs. À la batterie, Chris Adler est remplacé Art Cruz (Winds of Plague et ex Prong) qui assure la section rythmique avec maîtrise et dynamisme. Le son puissant et intense va envahir le public qui se déchaîne à coups de pogo, wall of death et un immense circle pit sur « Red Neck ». Le set va dans le lourd et se concentre sur deux albums « Ashes of the Wake » et « Sacrament » pour le plus grand plaisir de la foule. Lamb Of God livre une prestation démesurée d’intensité, d’énergie et d’efficacité.

Alors que le set de Slash feat. Myles Kennedy and the Conspirators m’inspire peu d’intérêt malgré la virtuosité de ses musiciens, sûrement dû au manque de spontanéité qui a rendu cette prestation fade, je fais l’impasse en attendant le grand clou de la soirée.

Le public est présent en masse pour le grand moment de la soirée, la légende du Trash, Slayer, va nous donner un dernier concert des plus mémorables. Tom Araya, Kerry King, Gary Holt et Paul Bostaph foulent pour la dernière fois la scène française et le Helffest pour un adieu grandiose. Les premières notes de « Repentless » retentissent et la puissance saisissante des riffs incisifs va faire trembler tout Clisson. La setlist survole presque tous les albums des incontournables (« War Ensemble », « Payback ») aux raretés (« Evil Has No Boundaries », « Gemini » on est conquis. La scénographie est des plus remarquable, elle transforme la scène en une entrée des enfers jaillissants une quantité de flamme des plus remarquables. Le tout est agrémenté subtilement de pentagramme, des croix inversées et d’aigles reflétant le logo du groupe. Alors que le mythique « Raining Blood » retentit, les rares gouttes de pluie de ce week-end nous tombent dessus, la coïncidence est des plus parfaite. Durant quatre-vingts minutes, on vit un concert dantesque se concluant sur « Angel Of Death » sous une pluie de feux d’artifice. Tom Araya reviendra pour nous remercier, on ressent que l’émotion est palpable autant sur scène et dans le public. Slayer fait ses adieux avec une prestation cadrée et touchante qui restera marquée dans les mémoires.

Les rangs des Mains Stages se désemplissent, pourtant pour clôturer le festival on accueille un événement : le grand retour de Tool. Le groupe est réputé pour sa rareté avec l’annonce de son nouvel album « Fear Inoculum » treize ans après « 10,000 Days » et leur retour en France environ depuis dix ans, c’était l’événement à ne pas manquer. Tool mise sur la sobriété pour qu’on se concentre sur l’essentiel, leur musique de Rock progressif qui est captivante et belle. Aucune image du groupe ne sera retransmise sur les écrans et sur scène, il est très difficile de distinguer ce qui se passe et surtout d’apercevoir le chanteur Maynard totalement plombé dans l’ombre à l’arrière de la scène. Cependant, les écrans géants des Mains Stages seront utilisés à leur plus beaux avantages et vont nous plonger tout en sobriété dans leur univers psychédélique comblé de lumières et de lasers. Le public est très attentif à ce qui passe et se plonge malgré la fatigue dans ces mélodies planantes. « Parabola », « The Pot » ou encore « Schism » nous conquis tout comme les nouveautés « Descending » et « Invicible ». Tool referme cette quatorzième édition toute en légèreté et en beauté.

Cette quatorzième édition du Hellfest se conclut toujours plus grand, toujours plus éclectique. Le festival plait pour son grand nombre d’artistes dans des styles divers et variés et pour être à l’écoute de ses festivaliers. Même si le format de quatre jours ne sera pas retenu pour le futur, le Knotfest était une expérience intéressante et qui sûrement les inspirera dans un autre futur pour suivre cette tendance des quatre jours se retrouvant de plus en plus dans d’autres festivals … On se retrouvera l’an prochain pour fêter la quinzième édition du Hellfest en espérant un lot de surprise !

Après “Look At The Sky” (2017), Point Mort nous livre un second EP “R(h)ope” encré dans leur style Lovecore qui ne nous laissera pas indifférents. Enregistré dans les conditions du live, le côté brut et authentique est mis en valeur et nous livre un concentré de Post Hardcore aux multiples facettes des plus saisissantes et émouvantes. Les ambiances et tonalités se succèdent et permettent de capter notre attention face à cette musique désarticulée et pourtant très bien ficelée. Les sonorités s’expriment entre un Hardcore rempli de rage et de violence s’assemblant avec des passages éthérés et sensibles. Ces tonalités se complètent, livrant un rendu bourré de conviction et d’émotion, le tout effectué avec une grande maîtrise. On explore un chemin entre ombre et lumière, entre une intensité prenante et déstabilisante dans une atmosphère particulière remplie de riffs lourds, oppressants, condensés avec des extraits mélodieux. Ce fracas sonore est mis en valeur avec la voix de Sam qui nous dévoile tout son potentiel en enchaînant le chant clair et le chant hurlé avec technicité. On retrouve la rage et la violence avec “Christopher” et “White And Viole(n)t” court et intense à souhait. Le titre d’ouverture “Wiara” désarticulé de brutalité et de douceur envoie tout valser sur son passage. “Contre Addiction” nous surprend avec son mélange de français et anglais exécuté avec brio. Le titre final, “Précision Chaos” commence avec une longue introspection et nous transcende durant dix minutes pour se terminer sur des derniers cris d’espoir (ou de désespoir) avant que la corde ne lâche. Point Mort s’affirme avec “R(h)ope” grâce à cinq titres percutants donnant l’impulsion face à des sonorités marquées de brutalité et de subtilité.

Pour sa treizième édition, le Motocultor s’articule désormais sur quatre jours. Le jeudi est une journée plutôt spéciale centrée sur le thème celtique permettant de mettre des groupes régionaux en valeur. Durant cette période on retrouvera un village médiéval et des stands artisanaux. Les trois autres reprennent comme toujours des groupes divers et variés qui vont rythmer la cadence d’un festival mouvementé par les dégâts de la météo.

Jeudi :

Le festival débute sous la Massey Ferguscene avec Corus Corax qui va lancer la rythmique celtique du jour. Les Allemands nous partagent leur musique de Neo Folk Metal dynamique et prenante sous une bonne humeur communicative. Les sept musiciens sont vêtus de tenues de guerriers de l’époque accentuant cette thématique médiévale. Les sonorités des percussions, de la cornemuse et des flûtes sont d’une vigueur énergique efficace. La foule est réceptive et transportée dans une ambiance festive captivante. Corus Corax inaugure idéalement cette première journée sous des ondes positives.

On se dirige vers la Dave Mustage et on observe un détail : l'ajout d’une allée centrale qui servira dans la soirée pour la prestation d’Excalibur. Pour le moment, on retrouve les Occitans de Stille Volk qui vous nous enchanter dans leur univers. Leur folk médiéval est accompagné de chants et d’instruments populaires (cornemuse, vielle à roue, mandoline…). La musique reste simple, plaisante, entraînante et crée une sorte d’ambiance intimiste. Parmi ces morceaux traditionnels, on trouve ceux du nouvel album “Milharis”. Stille Volk réussit à captiver le public, conquis par cette prestation, dans une atmosphère singulière et planante.

Un des pères de la culture bretonne, Alain Stivell est venu nous partager les coutumes de la région, escorté de sa harpe et de ses musiciens. Ils nous font vivre les classiques bretons sous des airs de Rock Celtique dynamique en communion avec un public très diversifié. On y retrouve tous les âges, des jeunes comme des moins jeunes et pas uniquement des metaleux. Cet artiste est complètement en accord avec le thème de cette journée permettant de faire découvrir le festival à un nouveau public. Un moment de partage se crée entre les musiciens qui nous transportent avec leurs chants traditionnels devant un public ravi. Alain Stivell fait honneur à la Bretagne et emporte la sympathie de la foule qui acclamera l’hymne “Tri Martolod” à tue-tête (dont Eluveitie ,qui jouera plus tard la soirée, s’est inspiré pour son fameux “Inis Mona”).

On accueille sur la Dave Mustage le grand opéra celtique d’Excalibur fonde par Alan Simon, c’est la tête d’affiche et l’événement de la veillée qui suscite et attire toutes les curiosités. Ce projet ambitieux regroupe plus de cent vingt artistes, il se compose de nombreux invités prestigieux de formation celtique et rock, avec des membres de groupes comme Supertramp, Saga, King Crimson, Pentangle et Fleetwood Mac… On embarque dans plus de trois heures de représentation accompagnées d’un orchestre, de danseurs, d’une chorale d’enfants et des chœurs. Les petits plats sont mis dans les grands pour nous offrir un événement très spécial en festival.

Ce concert de trois heures est divisé en deux parties. La première célèbre les vingt ans d’Excalibur au travers une setlist survolant l’entièreté des projets et spectacles d’Alan Simon: L’histoire se déroule devant nos yeux et oreilles attentives qui vont, personnellement et comme beaucoup d’autres, décrocher petit à petit. On constate que cette prestation n’échappe pas à des soucis et un manque de rigueur. Ce concert grand et ambitieux s’avère cacher des vices un peu trop visibles. On observe qu’au fil de son déroulement, c’est décousu et mal organisé donnant un résultat brouillon. Ce qui bien sûr ne remet pas en cause la virtuosité des musiciens présents qui se relient au fur et à mesure de l’histoire tout en profitant de cette longue avancée de scène pour être mis en avant.  La seconde partie “The Origins”, dernier album d’Excalibur en date, évoque la légende du Roi Arthur. Cette seconde prestation plus théâtrale est constituée d’actes différents, on retrouve le chanteur d’Ange, Christian Décamps dans le rôle d’un grimé rythmant les interludes entre chaque morceau. Cependant cette partie est moins dynamique et prenante, on apparaît vite lassé, il est difficile de capter vivement l’intérêt et l’attention surtout pour les plus courageux qui sont présents depuis le tout début du set. Pourtant un tel événement mériterait d’être vu dans d’autre condition dans une salle en place assise pour capter avec plus de facilité le spectateur dans cette aventure.

Ces prestations d’Excalibur, laissent un sentiment mitigé … Le projet donne bien sur papier, mais sur scène on constate qu’il est délicat de coordonner tous ces éléments et artistes présents. Cependant, le concept reste ambitieux et le rendu fut respectable. Peut-être se limiter à la première partie pour célébrer les vingt ans d’Excalibur aurait rendu l’événement plus digeste.

La soirée se termine sous la Massey Ferguscene avec une foule compacte qui attend avec impatience le seul groupe Metal de la journée… Les Suisses d’Eluveitie sont toujours aussi imparables et efficaces avec leur mélange de Death et Folk Metal percutant. Le concert s’ouvre avec “Ategnatos”, titre éponyme du nouvel album qu'ils sont venus nous présenter. Le contraste entre les hurlements de Chrigel s’harmonise à la délicatesse et puissance de la voix de Fabienne. La setlist est bien équilibrée entre les titres les plus durs “King”, “Deathwalker” (…) et les plus doux “Epona” ou encore la ballade “Artio” sur laquelle Fabienne va nous offrir une prestation remplie d’émotion, sans oublier le surprenant “L'Appel des Montagnes” chanté en français. On constate que tous ces changements de line-up laissent place sur scène à une cohésion et une bonne humeur conviviale, alors que dans la fosse, on se donne à cœur joie dans les mosh-pit et les slams. Le set se conclut sur le traditionnel “Innis Mona” face à une foule qui chante en choeur, la boucle est bouclée pour la journée celtique !

Vendredi :

Après avoir joué sur la scène du camping hier soir, Mars Red Sky nous offre leur second concert cette fois-ci matinal sur la Dave Mustage. Le trio français joue un Stoner psychédélique puissant et mélodique nous transportant dans une ambiance planante. Ils profitent pour nous interpréter une nouveauté, “Collectors”, issue de leur prochain opus “The Task Eternal”. Un réveil en douceur dans une atmosphère conviviale qui permet de commencer cette seconde journée sur de bonnes ondes.

On continue avec les Suédois de Mustatch qui vont nous proposer un mélange explosif de Rock’N’Roll et d’Hard-Rock. Leur musique pêchue est à l’image de ses interprètes totalement survoltés et débordants d’énergie. Un dynamise communicatif se partage avec le public grâce à ces morceaux prenants taillés pour le live. Une prestation qui va mettre tout le monde d’accord, on s’amuse autant sur scène que dans la foule. Mustatch a frappé fort avec son Hard-Rock efficace et une vitalité bouillonnante.

Un changement total d’ambiance s'opère sur la Massey Ferguscène avec les Lituaniens d’Au-Dessus. Ils font partie de la catégorie des groupes (post) Black-Metal à capuche et sont signés sur le label “Les Acteurs de l’Ombre”, quelques indications qui laissent présager la couleur sombre de leur performance. Vêtus de noir et encapuchonnés, Au-Dessus amène un jeu de scène froid et statique, ne délivrant aucune émotion et communication pour nous permettre de nous imprégner de leur univers. L’atmosphère est lourde et délivre des ondes d’une noirceur plombante nous transportant ailleurs. On voyage dans une ambiance assez particulière très envoûtante sous des riffs et des hurlements tantôt sombres et malsains tantôt mélodiques. Au-Dessus dispense une prestation saisissante dans une sphère obscure qui aura pour effet de marquer nos esprits.

Le Stoner semble être mis à l’honneur sous toutes ses formes durant cette journée. On retrouve sur la Massey Ferguscène les Grecs de 1000 Mods avec leur Stoner psychédélique énergique et prenant. L’ensemble est efficace sous des riffs captivants et mélodiques qui délivrent de bonnes ondes et une intensité communicative. 1000 Mods propose des titres d’une durée prolongée de plus de cinq minutes, de fait la setlist paraît assez courte et on ne voit pas le temps défiler, on aurait voulu en entendre plus.

Sous la tente de la Dave Mustage, il y a de l’affluence pour accueillir les vétérans du Thrash Metal, Death Angel. Ils vont livrer une prestation très efficace, énergique et qui balance la sauce avec une puissance scénique impressionnante. Trente ans de carrière retranscrits au travers une setlist variée entre “Voracious Soulse”, “ Thrown to the Wolves” ou encore “The Moth” pour le plus grand bonheur de tous. Les Américains n’oublient pas leur dernier album “Humanicide” dont le titre éponyme conclut le set. Death Angel est une valeur sûre du Thrash Metal Old School et nous offre une prestation de qualité qui a su nous ravir et nous convaincre par son intensité vivifiante.

Le prochain concert m’amène à mon premier passage par la Supositor Stage, la seule des trois scènes non couvertes, un détail qui aura son importance au vu des caprices de la météo qui vont nous tomber dessus dans la soirée …

Tribulation connaît une ascension depuis la sortie de leur album “Down Bellow” et se relève être la curiosité et la découverte live de beaucoup de monde. On est plongé dans leur univers mêlé de Black et Death mélodique prenant toute son ampleur dans leur esthétisme gothique. Les musiciens sont maquillés, habillés en noir et blanc et mènent un jeu de scène aux mouvements désarticulés, apportant tout son charme à leur prestation. Les regards sont surtout rivés sur Jonathan Hultén, guitariste androgyne, il se livre à une danse remarquable tel un ballet très hypotonique. Tribulation crée une atmosphère troublante, psychédélique et sombre qui nous envoute.

On est reparti sous la Dave Mustage avec les Suédois de Soilwork qui sont venus défendre leur nouvel album “Verkligheten”. Leur Death Mélodique puissant et efficace nous séduit grâce à ses mélodies faciles, ses bons riffs et ses refrains entêtants. Une prestation de qualité bien exécutée charmée par leur aisance scénique surtout par Björn qui nous offre une belle palette de son coffre vocal dans les growls et la voix claire. Soilwork met tout le monde d’accord par la beauté et l’accessibilité de son Death Mélodique redoutable et émouvant.

On assiste à un changement radical de style et d’ambiance à la Supositor Stage alors que la pluie commence doucement à tomber avec The Casualties, les incontournables du Punk old school. En service depuis trente ans les punks n’ont pas dévêtu leurs crêtes et on en prend toujours de la graine avec leur énergie saisissante et leurs messages percutants. Leur nouveau chanteur David Rodriguez s’impose naturellement sur la scène tout comme les titres de leur dernier album "Written In Blood”. Le set se conclut sur leur fameux “We Are All We Have”, un hymne punk par excellence.

Alors que les conditions climatiques se dégradent, il y a de l’affluence à la Supositor Stage pour venir découvrir Gaahl dans son récent projet Gaahl’s Wryl. Son Black Metal atmosphérique va prendre une tout autre dimension et un côté mystique sous cette pluie battante. On est surtout captivé par la prestance très théâtrale et imposante de Gaahl, il restera stoïque de longues minutes sous l’averse lorsque le set se retrouve coupé à plusieurs reprises par les trombes d’eau qui noient le matériel technique. Le déluge continue à s’abattre et malgré tous les efforts mis en place la prestation sera interrompue avant la fin. Cependant, la foule est restée comme subjuguée par cette prestation hors du temps.

Il est temps de se mettre à l’abri sous la Dave Mustage et de prendre une bonne dose de fantaisie avec Nofx et leur formule efficace de Punk aux influences rock et reggae, comblé d’humour. Comme à son habitude Fat Mike fait son entrée dans une robe ridiculement remarquable. Le set est entremêlé de blagues qui défilent tout comme leurs morceaux dans une solide ambiance communicative. Nofx amuse la foule, on passe un bon moment sans prise de tête.

On retourne dans la réalité du déluge à la Supositor Stage, l’attente sera longue pour Watain après vingt minutes de retard dû aux conditions techniques difficiles, on est rassuré quand on voit s’éclairer la scène de toute flamme. La pyrotechnie est un élément central qui illumine leur performance et la transforme en un grand rituel, prenant une dimension particulière sous cette pluie qui continue de s’abattre. Première fois que j’assiste à un concert de Watain est c’est une vraie claque visuelle et sonore, qui sera malheureusement de courte durée: c’est complément noyée et gelée que je décide de partir avant la fin du show et de faire une croix également sur Turbonegro qui sera le dernier concert de cette soirée …

Jour 3 :

Après les intempéries de la nuit précédente, la météo est plus calme, cependant le site s’est transformé en une mare de boue. On commence cette journée dans la Dave Mustage sous les rites chamaniques des Russes de Nytt Land. Ils nous transportent dans une atmosphère épique et planante sous l’influence de leurs instruments traditionnels, d’une voix féminine arienne aux vastes envolées lyriques et d’une voix masculine tribale. Dans la lignée de Wardruna et Heilung, c’est le style de musique très ambiante qui nous emmène dans une sorte de transe. Un peu de douceur qui fait plaisir dès le matin.

Un petit détour s’impose sur la Supositor Stage pour découvrir le groupe à l’identité anonyme Undead Prophecies, sous leurs costumes de grande faucheuse, ils sont venus défendre leur nouvel album “Sempiternal Void”. Leur Death Metal old school délivre une puissance massive. C’est efficace et le public arrivé par curiosité les découvrir se laisse porter dans leur monde obscur.

Sous la Dave Mustage, les Canadiens de Cancer Bats vont tout ravager sur leur passage avec leur Punk hardcore. C’est explosif, énervé et énergique pour le grand bonheur du public qui se donne à fond dans ce joyeux bordel.

La Supositor Stage va accueillir un groupe des plus “what the fuck” avec Gronibard. Réputé pour leur non-sérieux, on s’attend à un concert complément barré. Dès leur arrivée remarquée sur scène, la couleur est donnée avec des déguisements ridicules: un habillé en princesse ou un autre à moitié à poil … Leur Grindcore va faire résonner une belle déconnade dans la fosse où les mosh-pit sont nombreux et où on voit voler des objets de toutes sortes comme du PQ … La performance frôle le grand n’importe quoi quand une bataille de boue éclate entre le groupe et le public se donnant à cœur joie. Il est sûr qu'on ne s’attendait à rien de sérieux avec Gronibard, on est venu s’amuser et cette bataille de boue restera mémorable vu l’état déplorable de la scène après leur passage. On adhère ou pas à ce genre de groupe décalé et complément déjanté.

Je préféré me diriger sous la Massey Ferguscène dans une atmosphère totalement contraire avec Wolvennest qui nous emmène dans un univers sombre avec un Post rock ambiant teinté de Doom et Sludge. La scène est décorée comme un autel orné de bougies et de crânes, le tout embrumé par de l’encens accentuant un côté intimiste et gothique. Leurs thématiques obscures s’accordent avec leur musique prenante, lourde et mélodieuse avec Sharon qui apporte une voix envoûtante. Une pointe d’originalité vient appuyer leurs sonorités avec un instrument mystérieux : le thérémine. Un soupçon de magie et une ambiance ensorcelante nous charment, Wolvennest fait partie de mes belles découvertes live.

Une bonne partie de l’après-midi est consacrée aux découvertes: on commence par la puissance et technicité du Brutal Death des Brésiliens de Krisiun qui vont faire vibrer la Supositor Stage. On passe ensuite à la Dave Mustage pour une trouvaille des plus plaisante avec les Suédois de Freak Kitchen qui vont nous partager dans la bonne humeur leur Heavy Metal singulier à la pointe progressive.

Sous la Dave Mustage, le dépaysement est garanti avec les Islandais de Sólstafir qui nous font voyager dans leurs terres désertiques et sombres. Une escapade qui commence peu à peu avec “Ótta” et nous laisse s’évader vers une musique atmosphérique, contrastée de douceur et de lourdeur, chargée en émotions déchirantes grâce au chant particulier d’Addi. Même si parfois sa voix manque de rigueur, elle est appuyée par les autres musiciens, dont Ragnar Zolberg, présent en remplacement à la basse. Un instant suspendu dans le temps se concluant avec le percutant “Goddess of the Ages” où Addi vient à la barrière partager un ultime moment en communion avec le public.

On poursuit avec Trust qui va faire résonner son Hard Rock engagé: en service depuis quarante ans la bande de Bernie et Nono continue d'écumer les scènes. Leur prestation ne m’a pas du tout convaincue, elle est centrée sur leur dernier album “Dans le même sang”, fade au premier abord et ça se ressent en live. Les grands classiques semblent être mis au placard, juste l’exception pour “Antisocial” qui va finir par réveiller la foule, venue, il faut bien l'avouer

chez certains pour entendre ce morceau culte …

Malgré des conditions météo chaotiques … On attaque un autre cru avec les festivités finlandaises de Korpiklaani, et leur Folk Metal imbibé de bonne humeur et d’alcool va mettre tout le monde d’accord. La scène est aux couleurs de leur album “Kulkija qu’ils sont venus célébrer, sans oublier leurs classiques “Beer Beer” et “Vodka”. Un set doublement efficace et une belle ambiance communicative vont transporter la fosse dans une vague jovialement festive.

Alors qu’on assiste à un vrai déluge, entre averses et vent, digne d’une tempête, je pars m’évader à la Massey Ferguscène sous la douceur des mélodies d’Anathema. Leur Rock progressif est un mélange de tonalités planantes et entrainantes remplies d’émotions fortes qui vont prendre une dimension toute particulière avec le son de la pluie qui s’abat durant tout le set. Vincent Cavanagh est d’humeur bavarde ce soir et à notre surprise il s’exprime dans un français approximatif et va sortir toute sorte de banalités : “fuck la pluie, fuck le Bretix” …. Revenons sur la prestation qui est accentuée avec les écrans diffusant des images ou vidéos de paysages qui renforcent ce côté immersif. La voix de Lee Douglas apporte toujours son charme supplémentaire dans cette douceur qui s’entremêle à la pluie battante et ce mélange va être des plus marquant sur “A Natural Disaster”. Cette émotion et subtilité pure va nous faire vibrer durant tout le set qui se conclura en beauté sur “Untouchable, Part 1”. Anathema fait vivre un moment rempli de passion comme à son habitude, on est conquis. On apprendra notamment qu’un album est en cours de préparation pour 2020.

Jour 4 :

La nuit fut courte et certaines tentes, tonnelles ou toute autre panoplie du bon campeur n’auront pas tenu le choc durant cette soirée très agitée par un climat capricieux. On retrouvera le site du festival dans un terrain vague de boue, mais c’est avec plaisir qu’on voit enfin le beau temps revenir pour attaquer cette dernière journée !

Le réveil va être des plus percutants avec Get The Shot, ils vont tout retourner sur leur passage et secouer la foule avec leur Hardcore accentué de Thrash. Jean-Philippe Lagacé (chant) ne reste pas en place et dans cette énergie débordante il saute et se balade de long en large sur scène en enchaînant les allers-retours à la barrière et motive le public dans ce rythme effréné. On ne sait plus où donner de la tête dans ce concentré de puissance délivrée par cet Hardcore efficace. Dans la foule les mosh-pit frappent fort, on assiste même au slam d’une tente Quechua (rescapée très probablement du camping) et un immense circle-pit. Get The Shot a tout retourné sur son passage, on commence fort ce début de journée.

Sous la Massey Ferguscène, on participe à la curiosité du jour avec Vampillia et leur Metal expérimental qui va retenir toute mon attention avec une musique qu’on peut classifier de Post hardcore complètement déchaîné de violence et de douceur. Les éléments traditionnels (guitares, batterie, basse) se mélangent aux sonorités de violons, clavier et le chant hurlé de Mango, créant une musique contrastée. Cette dissonance auditive est intéressante et déstabilisante, je reste dubitative durant tout le set à savoir si j’aime réellement ce que j’entends. Chaque morceau a une construction percutante et complètement désarticulée, nuancée de violence et de délicatesse. L’invité surprise du jour Neige (Alcest) venu prêté son chant hurlé pour quelques morceaux rajoutant un vrai plus. Quant à Mango, ce personnage est aussi haut en couleur que sa musique il est totalement déchaîné sur scène et se laissera porter par le public alors que la prestation n’a même pas débuté, il fait une entrée remarquée en hauteur sur un pilier du chapiteau. Pour conclure, Vampillia livre une prestation des plus percutantes et originale qui fait sensation.

Sous la Dave Mustage, on se prépare à assister à l’étrange cirque de Pensées Nocturnes, leur Black Metal avant-gardiste résonne avec une pointe de festivité malsaine accompagnée d’instruments en cuivres trombones, trompette … Vaerohn (chant) va nous transporter dans cet univers macabre et à la rythmique sombrement folle. Il est conseillé pour les phobiques de Clown de prendre leurs distances. La troupe joue grandement sur la mise en scène avec des éléments rappelant le cirque dans les moindres détails: de leurs costumes à leurs maquillages ou des corpse paint effrayants.  Les sonorités sont dissonantes et pourtant la rythmique est efficace, énergique et surtout très joviale. La horde de Pensées Nocturnes offre un spectacle orignal, sombrement décadent et festif qui nous saisit.

On change complètement d’ambiance et de style sous la Massey Ferguscène: les Islandais The Vintage Caravan vont frapper fort avec leur Rock classique et psychédélique inspiré des années 70’s. Le trio va balancer avec puissance des sonorités rock remplies de bonnes ondes issues principalement de leur dernier album “Gateways”. Les musiciens, malgré leur jeune âge, font le show et transportent avec aisance la foule dans leur dynamisme et bonne humeur communicative. L’impact se crée, la musique est pêchue, forte et prenante, The Vintage Caravan séduit avec efficacité.

Toujours sous la Massey Ferguscène, les Italiens de Ufomammut vont nous faire vibrer avec leur Doom aux nuances de Sludge psychédélique. Le trio nous envoute avec le bourdonnement de leurs riffs dans une ambiance lourde et oppressante. Même si le groupe a déjà vingt ans d’existence, je découvre seulement leur univers et ce que j’entends me satisfait, c’est percutant et captivant.

Le chapiteau de la Dave Mustage est plein à craquer pour accueillir l’OVNI de cette programmation tant attendu : Henri Dès. Du haut de ces soixante-dix-hit-ans il a créé son groupe Henri Dès & Ze Grands Gamins avec son fils Pierrick Destaz (batterie) et Raphaël Ortis (guitare) pour revisiter sa discographie dans un registre électrique plus rock/Metal. Alors que le concert n’a même pas commencé, la foule s’impatience et acclame “Henri, Henri, Henri” comme une vraie rock star ce qui en dit long sur l’ambiance électrisante qui va suivre. Les festivaliers sont dans un délire des plus total et on va battre tous les records de pogos à profusions, de slammeur des petits et grands et des chenilles-pit (c’est comme les circle-pit mais en plus fun)! On chante à pleins poumons ces morceaux cultes de notre enfance : la mélasse”, “Ohé le bateau”, “La Petite Charlotte” ou encore “Les bêtises à l’école” …  Et on retombe dans nos jeunes années avec une atmosphère complètement hystérique, festive et contrastée par cette musique plutôt soft mais qui a transformé le pit en un vrai champ de bataille. Henri Dés restera sans voix face à l’ovation qui lui sera réservée à la fin de cette prestation remarquable. Le pari est réussi, Henri Dès & Ze Grands à fait revenir une horde de metalleux en enfance dans une ambiance complément déjantée.

Retour à la brutalité sur la Supositor Stage avec Aborted qui va tout déchirer sur son passage avec leur Brutal Death Metal violent et puissant. Les Belges sont venus défendre leur dernier et excellent album “TerrorVision” dont la scène est habillée à son effigie. L’introduction retentit et on enchaîne les morceaux dans une énergie explosive aux riffs ravageurs. Sven de Caluwé (chant) délivre beaucoup d’intensité et interagit avec une foule complément déchaînée se donnant à fond et qui déclenchera un circle-pit tout autour de la régie. La prestation est puissante et violente, on ne voit pas les morceaux défiler dans cette furie, Aborted a frappé fort.

Sous la Dave Mustage, les Suédois d’Avatar sont très attendus pour leur grand Freak-show. Nous assistons au dernier concert de l’ère d’Avatar Country en Europe et le groupe est très enthousiasme de partager ce moment avec nous. Le charismatique Johannes Eckerström se comporte en vrai maître de cérémonie et va se mettre l’assistance dans la poche en partageant son humour et sa bonne humeur communicative. Leur musique puissante et joviale rythme avec efficacité, ce grand spectacle millimétré et cadré, mais totalement burlesque. On est transporté dans le pays d’Avatar avec une setlist qui nous ravit par ses incontournables : “Hail the Apocalypse”, “Paint Me Red” ou encore “Bloody Angel”, chantée en cœur par le public. Dans cette énergie fougueuse, Avatar nous en met plein les yeux et les oreilles, on a hâte de les revoir avec leur nouvel album en préparation pour 2020.

La soirée se poursuit et on va frapper fort avec Hatebreed venus célébrer leurs vingt ans sur scène. L’ouverture est des plus fracassantes sur l’incontournable "Destroy Everything” qui va marquer la rythmique vigoureuse et saisissante dégagée par leur Hardcore. En ce début de concert déjà bien agité, on assiste à un slam d’une personne dans une poubelle … Jamey Jasta (chant) déborde d’énergie et va communiquer avec le public pour les faire bouger et sauter aux rythmiques dans cette énergie redoutable. Hatebreed délivre une prestation retentissante du pur Hardcore “in your face” qui a tout retourné sur son passage.

La fin du festival approche et la journée se termine dans une des ambiances les plus festives avec Carpenter Brut, qui va nous transporter sous les sonorités de sa sombre Synthwave. Je prends du recul pour profiter des jeux de lumière et des lasers qui accentuent le côté hypnotique donnant toute sa dimension à la prestation appuyée avec la diffusion sur l’écran d’extrait de films gore, rétro et des paroles des morceaux. Le set est carré et envoi du lourd. On est transporté dans cette expérience électrisante, dans une ambiance des plus bouillonnante. On se défoule et danse à cœur joie sur “Leather Teeth” ou encore “Le Perv” et on chante à tue-tête sur “Beware The Beast” et “Cheerleader Effect”. La prestation va se conclure à son apogée et en hystérie collective avec la reprise de “Maniac” (Michael Sembello) transformant la fosse en un karaoké géant reprenant ce titre culte à pleins poumons. Carpenter Brut a électrisé la fosse dans une ambiance survoltée. C’est, sous ces ondes de joie et de bonne humeur, que s’achève parfaitement cette édition du Motocultor. (Même s’il reste le passage de Bloodbath sur Dave Mustage pour les plus éveillés et téméraires)

Cette treizième édition rencontre un franc succès avec 45 000 personnes présentes sur les quatre jours. Malgré une météo qui a mis les festivaliers à rude épreuve et quelques soucis d’organisation, le négatif est vite oublié pour se centre sur le positif. Le Motocultor a réussi à nos offrir une programmation riche avec des groupes de style divers et variés. Le format quatre jours sera encore au rendez-vous l’an prochain avec l’annonce d’Heilung pour le jeudi promettant une nouvelle journée à thème … On remet ça en 2020 pour la quatorzième édition !

16.01.20 10:08

Point Mort

Point Mort est un groupe français qui s’est forgé son propre style de Lovecore, il nous dévoile leur second EP R(h)ope le 06 septembre. C’est le soir de la première date de leur tournée à Lille le 13 septembre que Sam (chant) et Oliver (guitare) ont répondu à nos questions concernant l’univers du groupe et le nouvel EP :

Pour commencer, pouvez-vous présenter Point Mort :

Sam : Le groupe existe depuis quatre-cinq ans, il s’est formé autour de l'ancien guitariste, il est composé de trois amis et a connu quelques changements de line-up au fil du temps. Moi, Aurélien, qui est le nouveau guitariste et Simon le batteur, nous sommes arrivés par la suite. Pour ma part, je suis dans le groupe depuis trois-quatre ans, pour Simon, deux ans et Aurélien vient d’arriver. Ce soir c’est notre premier concert avec lui.

Peux-tu me décrire le processus de composition du nouvel album R(h)ope ?

Sam : On travaille sur les riffs que chacun d’entre nous apporte et ensuite on les assemble tous ensemble à notre gré.

Oliver : On façonne au fur et à mesure, il n’a pas de schéma prédéfini surtout si en live on ne ressent absolument rien alors, on modifie jusqu’au moment où tous les cinq on sent que cela fonctionne et qu’il se passe vraiment quelque chose. Généralement, on arrive avec des structures qui évoluent en fonction de nos sensations quand on commence à les interpréter en live. Cela évolue beaucoup par rapport à l’EP, car on l’a enregistré un peu en catastrophe, les morceaux ont encore progressé et si on devait les réenregistrer ils n’auraient pas la même tête qu’il y a un an.

Sam : On les a enregistrés il y a maintenant un an donc forcément ça a eu du vécu.

Oliver : Ce processus avait déjà eu lieu sur le premier EP (qu’on avait enregistré en catastrophe). On avait eu, un peu par miracle, un créneau d’enregistrement avec Sylvain Biguet, il avait des morceaux qui n’étaient pas encore totalement finis et on les a terminés à force de les roder en live. C’est aussi ce qui s’est passé avec le deuxième EP, avec lequel on a eu pourtant plus de temps de préparation, mais on aurait dû en prendre plus... Au final, ça commence à se stabiliser et on en voit le bout.

Vous considérez-vous plus comme un groupe live ?

Sam : Je pense que oui, car jusqu’ici, dans tous les cas on a enregistré en live, c’est-à-dire qu'on n’a pas fait de prise séparée avec d’abord la batterie, puis les cordes et le chant. On a toujours fonctionné tous ensemble, on est un groupe live, car on tourne à l’énergie. Ce qui n’exclut pas de fonctionner différemment sur les prochains enregistrements.

Oliver : On essayera de se donner plus de temps pour aller plus loin dans les arrangements et se donner plus de recul au moment où l’on enregistre en live. Je pense qu’on gardera systématiquement ça pour ne pas perdre le côté spontané, mais en ayant plus de réflexion et en s’accordant plus de temps en studio pour avoir plus de recul sur ce que l’on enregistre, c’est la marge de manœuvre qu’on aimerait avoir pour l’album à venir. 

Votre Ep “R(h)ope” est sorti depuis une semaine quels sont les retours que vous avez reçus ?

Sam : Il y a eu des retours et des commentaires assez flatteurs et très positifs, il y a eu de jolies choses qui se sont dites en une semaine et on est vraiment heureux.

Oliver : On est même surpris, car on ne va pas dire que l’album est austère, mais il n’est pas vraiment rigolo, et les premières chroniques qu’on a eues ont bien cerné l’essence du projet: on est content. Les personnes qui ont pris le temps de l’écouter et les retours qu’on a eus correspondent à ce qu’on a voulu transmettre avec l’enregistrement. C’est plutôt flatteur.

Peux-tu m’en dire plus sur l’histoire du clip “Wiara” ?

Sam : On souhaitait garder l’atmosphère du premier clip avec quelque chose de sobre, à l’image de ce qu’on essaye de faire passer en musique. Avec Jess et Damien qui ont eu l’idée du clip, on s’est posé la question de ce qu’on pouvait mettre en scène par rapport au texte. Ils ont pensé travailler sur les cordes et shibari, car l’album s’appelle “R(h)ope ce qui signifie “corde”. Et la thématique de “Wiara” raconte l’histoire de la mort qui vient chercher une personne et lui dit : “il te reste un laps de temps à vivre”. C’est se retrouver confronté à cette situation d’être face à la mort, de comment je vais réagir et connaître mes derniers instants. Par rapport au shibari, on trouvait très fort l’image d’une femme qui vient chercher une personne, qu’elle va encorder et emprisonner.  C’est la mort, il faut se laisser complètement aller à son jugement et à cette décision. C’est ce que la vidéo illustre, elle arrive, elle le prend et elle va l’encoder et lui s’abandonne jusqu’à la fin. C’est l’image que le clip met en valeur avec toujours un côté positif, car “Wiara” signifie “foi” en polonais. Il y a systématiquement une notion d’apaisement même dans le clip, on le ressent peut-être très dur et assez violent, mais, en même temps il y a une idée très forte de douceur. On a désiré garder cette dualité qui ressemble à Point Mort dans la musique et dans les représentations.

Vous avez voulu faire passer un message sombre et positif à la fois ?

Sam : Ce qu’on fait c’est toujours assez sombre, mais il y a une touche de lumière, c’est une palette qui va du noir au blanc avec plein de passages de gris. C’est ce qu’on fait même musicalement et ça correspondait bien que le clip suive ça.

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre style musical qui est du “lovecore” ?

Sam : En vrai c’est une blague et puis en même temps ça répond bien à ce qu’on fait. C’est exactement ce qu’on vient de dire, on fait une musique qui est violente et contrastée et l’idée c’est de montrer que dans la cruauté il y a de l’amour. C’est ce qu’on fait avec le lovecore, il y a de la violence, mais ce n’est pas dénué d’amour musicalement. C’est donc de là que l’idée est venue, on trouvait ça sympa de ne pas seulement dire on colle à du Post Metal et du Post Hardcore mais dans ce qu’on fait il y a toujours quelque chose de positif et surtout on le fait avec passion et je pense que cela se sent.

On ressent que dans l’EP il y a plusieurs styles, atmosphères qui s’assemblent :

Oli : Il n’a rien de prédéfini lorsqu'on joue le morceau, il évolue en fonction de nos émotions et au moment où on l’interprète. Parfois, on remarque qu'il y a des directions qu’on n’avait pas prises, quelqu’un va lancer un riff improbable et finalement ça apporte quelque chose de très intéressant. Il y aussi du travail à la maison où l’on peaufine toutes les idées et quand on revient on les perfectionne encore en se laissant une marge, pas d’erreur, mais de surprise. Si tu prends “Wiara” ça part dans tous les coins, on a du Doom, on a un passage un peu valse, on a quelque chose de très mélodique, de très envolé et ça fini en Hardcore de bas plafond new-yorkais. Mais ce n’était absolument pas préparé, il n’a rien de prédéterminé, au final, c’est vraiment en fonction de l’émotion générale qu’on retrouve notre fil.

La pochette est assez mystérieuse, pouvez-vous m’en dire plus à son sujet ?

Sam : C’est moi qui ai conçu la pochette et j’ai une façon de travailler assez spontanée en dessin. Comme sur le premier EP il y a beaucoup de géométrie, c’est quelque chose que j’aime bien et qui me plaît. J’ai mis du symbolisme parce que c’est beau, on était d’abord parti sur le triangle et j’ai voulu conserver cet esprit-là. Sur le verso du CD, c’est peut-être moins géométrique et plus sur mon coup de crayon. Je pense qu’entre le premier et le deuxième opus j’ai un peu progressé et il y a un côté plus fluide dans la conception. L’idée en général ce n’est pas de coller à une thématique, c’est plus me laisser porter par quelque chose qui est évident et qui correspond à Point Mort. Le verso est clairement connoté sur le thème de l’EP, car il s’appelle “R(h)ope” et c’est une corde tout simplement, mais sur le devant c’est une continuité de la première pochette, afin de garder cet esprit et d'avoir une logique entre le premier, le second et peut-être le troisième on verra.

En plus, elle a une couleur assez féminine, comment expliquez-vous ce choix ?

Sam : Je pense la pochette est assez féminine et on trouve ça sympa dans le groupe, car il y a un cinquième féminin et comme c’est moi qui dessine, c'est ma manière de retranscrire. On a choisi une couleur qui n’est peut-être pas très Metal, mais justement ça nous plaît, dès l’instant où cela dénote, c’est quand même une jolie teinte et il y a une idée d’esthétique. J'en suis très contente, car je n’ai pas imposé une couleur et ça convient à tout le monde.

Vous avez déjà fait de belles dates en salles et festivals, avez-vous des anecdotes à raconter ?

Oliver : Au Motocultor on a eu le privilège de jouer sur la Main Stage en milieu d’après-midi, il y avait pas mal de gens, à un moment, j’ai fait une magnifique balayette à Sam qui s’est totalement viandée sur scène. On a eu peur qu’elle se fasse très mal, car je l’ai fauchée assez violemment, mais il y a plus de peur que de mal, ça s’est bien passé. Pour moi, c’est le plus marquant... après les coups de guitare dans les têtes ça peut arriver…

Sam : C’est le risque, car on joue plus souvent dans de petites salles que dans de grandes, avec la proximité que cela implique et forcément on se rentre un peu dedans, mais je trouve qu’on ne s’en sort pas mal.

Oli : Il y a pire que nous, mais c'est suffisant pour être mémorable.

Sam : C’est aussi les cheveux qui s’emberlificotent et les câbles qui s’emmêlent, et il y a encore une anecdote marrante au Toxoplasmose, car on n’avait pas pu mettre le backdrop à ce concert. Durant deux morceaux, j’ai juste dit “comme ce n’est pas marqué derrière nous, je vous le dis on s’appelle Point Mort”. Et une jeune femme a hurlé “je m’en fout, je t’emmerde, je ne vois rien” et en fait elle était aveugle. C’était très drôle et on est parti en fou rire.

Que pensez-vous de la scène Post Metal en général ?

Oliver : Si je prends mon cas, je n’en écoute quasiment pas et c’est assez “rigolo”, car au sein du groupe on aime des genres compléments différents c’est même étonnant qu’on fasse cette musique-là, d’une certaine manière ça s’est formalisé de cette façon. Après, pour ce qui est de la scène, elle est assez fleurissante. Il y a énormément de choses très variées et je trouve ça de plus en plus intéressant. Même si ce n’est pas un style que j’affectionne plus que d’autres, je trouve que c’est relativement riche.

Sam : J’y suis venu un peu grâce à la Belgique. Très sincèrement, c’est une scène très active notamment avec Amenra et la Church of Era, c’est comme ça que j’y suis rentrée. Je n’étais pas spécialement Metal au départ, je venais d’autres types de musique. J’ai voulu m’essayer au chant hurlé et ces groupes m’ont donné l’impulsion, cela correspondait plus à ce que je pouvais faire. En Metal pur, il y a des personnes qui chantent très bien, mais ce n’est pas comme ça que je vis mon chant hurlé. Je trouve que la scène belge est très forte pour ça.

Oliver : Amenra, c’est une référence indéniable qui a influencé beaucoup de groupes. Comme Neurosis, ils sont les successeurs de cette musique très prenante, très ambiante, très austère, avec beaucoup d’introspection et une forme de vérité. Il y a un côté écorché vif et une authenticité dans ces musiques-là.

Sam : C’est une scène positive, il y a beaucoup d’entraide et cela s’inscrit dans les nouvelles scènes. On le retrouve aussi dans le Stoner et le Doom. Je trouve qu’il y a plus de soutien entre les groupes, on se connait, on se parle et on organise ensemble. Il m’arrive d’organiser des concerts, et je remarque parfois que c'est plus difficile dans le Metal "traditionnel", Death ou Thrash. Alors que là, je remarque que c’est une scène “Do It Yourself”, qui fait et essaye de faire des choses. C’est vraiment positif.

C’est un univers plus fermé ?

Oliver : Je trouve que le public est plus attentif et plus exigeant, il recherche une certaine finesse dans l’écriture ou dans la mise scène. J’ai l’impression qu'il est attiré par une certaine forme d’esthétisme, il est très curieux à l’écoute et patient parce que beaucoup de ces groupes font des morceaux de dix-quinze minutes. 

Pour finir, quels sont les projets pour Point Mort ?

Sam : Ce soir, on fait notre première date à Lille, on tourne jusqu’à samedi 21 septembre. On passe un peu partout, aux Pays-Bas, en Allemagne, on revient un peu en France et on repart en Suisse. On partira en octobre avec le groupe Hexis, on a quatre dates avec eux. On est content de les rejoindre, car on a une date en Espagne. Il y a probablement quelques dates à Paris dont la release party de l’EP qui aura lieu le 29 septembre. Je pense que le gros projet c’est de mettre en route le prochain album, et d’essayer d’y mettre toute notre énergie. On espère peut-être aussi jouer dans des festivals pour l’été prochain.

C’est comme une tradition de Noël chez Nightwish de sortir un album live durant la saison hivernale. Les Finlandais nous offrent une rétrospective de leurs vingt années de carrière avec leur tournée “Decades” et un voyage dans l’ensemble de leur discographie de Angels Fall First” (1997) à “Endless Forms Most” Beautiful (2015). On retrouve des morceaux rarement joués, voir complément oubliés, ainsi que leurs meilleurs classiques renaître en live. L’occasion fut évidente d’immortaliser cette tournée avec leur concert à Buenos Aires en septembre 2018. C’est plaisir d’entendre les titres reprendre un nouveau souffle grâce à la grande aisance vocale de Floor Jansen entre polyvalence, puissance et émotion. Le côté celtique est apporté par Troy Donockley qui accompagne également Floor et Marco au chant. Ce voyage dans le temps nous fait remonter au commencement avec “The Carpenter” et “Elvenpath”, joués sous un nouveau jour. C’est un bonheur de retrouver trois titres de mon album favori “Oceanborn” (“Devil & the Deep Dark Ocean”, “Gethsemane” et “Sacrament of Wilderness”) qui mettent en valeur les sonorités de clavier de Tuomas. On assiste à un déversement de passion avec “Dead Boy’s Poem” dont Floor offre une prestation très émouvante. Le côté celtique ressort avec “The Carpenter”, “Elvenjig” et “I Want My Tears Back” accompagné par une foule en délire. On trouve des titres forts et puissants avec “Slaying The Dreamer” et “The kinslayer”, sans oublier les classiques “Elan”, “Wish I Had An Angel” ou encore “Nemo”. Le set se conclut en beauté sur deux pièces majeures “The Greatest Show On Earth et ”Ghost Love Score”. À noter, ce concert est filmé à Buenos Aires face à une foule complètement électrique et cette atmosphère se ressent au travers de l’audio. Nightwish nous fait voyager dans la rétrospective de leur carrière entre puissance, émotion et nostalgie face à une setlist qui ravit tout le monde, fan de la première heure ou de la nouvelle ère. Un seul constat et regret : qu’aucun titre de “Dark Passion Play” ne soit interprété, laissant cet album au placard…