28.06.20 12:08

Delain

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En février, Delain nous a présenté son sixième album « Apocalypse & Chill », évoquant le monde dystopique dans lequel nous vivons, Charlotte Wessels et Martijn Westerholt ont répondu à nos questions afin de nous faire découvrir davantage sur son concept :

Pour commencer, que ressentez-vous à propos de la sortie de cet album « Apocalypse & Chill » qui est plein de nouvelles influences ? Charlotte : Je ne vais pas dire que j’ai peur, cependant, j’attends avec impatience les retours de nos auditeurs parce que ce nouvel album est rempli de nouvelles influences heavy et électroniques.

Vous avez déclaré que cet album peut surprendre les auditeurs, que voulez-vous dire par là ? Martijn : Je pense qu’on peut étonner les auditeurs, car c’est un album très varié et il y a beaucoup d’éléments qui peuvent surprendre. Par exemple, notre guitariste Timo qui chante pour la première fois sur un album de Delain. Nous avons enregistré de vrais chœurs et il y a des riffs très lourds. Il y a eu un travail incroyable et ce genre d’éléments peut bluffer les auditeurs.

C’est aussi le premier album sans Merel Bechtold, est-ce que c’était une manière différente de composer ? Charlotte : En ce qui concerne l’écriture et la production de l’album, Merel ne jouait pas un rôle crucial donc ce n’était pas difficile de faire sans elle. Martijn : Nous sommes trois à composer les chansons et ça ne change jamais, c’est toujours la même équipe moi, Otto et Charlotte. Cependant, Timo a écrit un peu avec nous. Dans le passé, il ne faisait que les arrangements, nous lui donnions les chansons et puis il les réécrivait pour s’adapter aux guitares. Mais maintenant, il contribue vraiment à la composition donc c’est la seule différence pour nous. Pour revenir à Merel, elle n’a pas vraiment participé à la production de cet album à l’exception de « Art Kills » sur l’EP « Hunter’s Moon ».

Justement, Timo chante sur cet album, aimeriez-vous refaire ça dans le futur ? Charlotte : Vous savez, les chansons en général deviennent plus intense chantées à plusieurs et j’apprécie beaucoup les invités que nous avons sur chacun de nos albums. J’adore vraiment ce qui s’est passé sur « One Second » donc je ne dirais pas non.

« Apocalypse & Chill » est rempli de nouvelles influences, peut-on dire que ce soit un album plus osé ? Martijn : Pour moi, ce n’est pas plus osé parce qu’on écrit juste ce que nous aimons et ce qui nous met à l’aise. Bien sûr, nous avons exploité des éléments sur cet album que nous ne faisions pas auparavant. Mais, je suis vraiment à l’aise avec ça. Charlotte : Si on parle « d’être audacieux » pour nous, je suppose, c’est le fait de notre évolution au fil des années. Nous avons tellement d’idées et nous pensons que « oh non, ça c’est trop les années 90’ ou c’est trop dansant (…) ». J’ai l’impression que nous commençons à exploiter ces influences depuis un certain temps. Si nous ne le ressentons plus, c’est plutôt dû à un changement graduel, c’est ce qui s’est produit sur cet album.

C’est comme une tradition pour vous d’avoir des guests sur chaque album. Cette fois-ci, vous avez travaillé avec Yannis de Beast In Black, comment s’est déroulée cette collaboration ? Martijn : Je connais Anton qui est le compositeur de Beast In Black et Charlotte connaît Yannis depuis longtemps, nous avons ainsi contacté le groupe. L’année dernière, nous jouions dans un festival en Espagne, nous étions à la moitié de la production de l’album et nous ressentions que certaines compositions auraient pu vraiment bénéficier d’un guest. Alors que Yannis jouait également là, nous l’avons approché et demandé s’il voulait participer à notre album. Je lui ai donné les compositions en lui demandant s’il y avait quelque chose qu’il aimerait chanter. Il nous a répondu qu’il appréciait effectivement « Vengeance Is Mine », donc ça s’est produit et nous l’avons enregistré. J’adore vraiment ce qu’il fait, il a une grande voix et du talent.

Il y a un côté symphonique et épique qui ressemble à une bande sonore, dans quel film aimeriez-vous trouver les morceaux de l’album ? Charlotte : Quelque chose comme « Hunger Games », je sais que ça fait un peu fiction pour adolescents, mais j’affectionne ce genre de série qui représente un monde dystopique avec un concept intéressant. Je pourrais probablement en nommer dix autres pour être tranquille, si je n’arrêtais pas d’y penser (rire). Il y a tellement de bons films. Martijn : Pour moi, ça serait quelque chose qui se rapporte à Star Wars ou un film avec de la guerre. Je pense que notre musique se rattache et correspond à ce genre de chose, comme les gladiateurs par exemple. Je suis aussi un grand fan d’Harry Porter et j’adorerais faire de la musique pour ça, mais bien sûr, ce n’est pas encore fait. (Rire)

Les paroles sont toujours importantes dans votre musique. Pouvez-vous me dire quels sont les sujets évoqués ici ? Je suppose qu’il y a quelque chose de dystopique ? Charlotte : Je pense que sur cet album, et sur la plupart des autres, les chansons ont toutes évolué autour d’un thème ou des sujets spécifiques. Ici, les paroles sont basées sur la peur, les défis écologiques et sociaux à résoudre, auxquels on fait face ainsi que l’expression superficielle que nous pouvons voir sur les réseaux sociaux… Cependant, ce n’est pas toutes les chansons qui évoluent autour de ces sujets, si on se base sur l’ensemble de l’album, vous pouvez retrouver des contradictions comme dans le titre de l’album « Apocalypse & Chill ». On trouve des titres dystopiques comme « Let’s Danse », « Creatures », « Legion Of The Lost ». Et de l’autre côté, des chansons avec un spectre plus personnel, avec des thèmes comme l’amour, la perte et la nostalgie, avec « We Had Everything » et « One Second ». On retrouve vraiment les deux aspects de la contradiction sur l’album.

Maintenant, parlons de la pochette de l’album qui est remplie d’éléments, peux-tu me dire ce qu’elle représente et qui l’a réalisée ? Charlotte : Sur la pochette de l’album, on peut voir une dame qui prend un bain de soleil alors que la ville en arrière-plan est en feu. C’est la même ambiance qui correspond au thème de l’album, symbolisant notre monde actuel qui est ici en feu. Pour la conception, j’ai rassemblé des images dans Photoshop et des mock-up pour en faire une maquette. Ensuite, nous l’avons confié à un artiste de collage afin de donner l’identité et l’authenticité qui manquaient. Il a travaillé vraiment de façon analogique en découpant des images et du papier. Puis, il a retravaillé l’image qui est devenue la pochette finale. Nous avons repris ce thème dans l’ensemble des illustrations, il a également donc œuvré sur des photos promotionnelles qu’on retrouve à l’intérieur du livret de l’album.

« Apocalypse et Chill » c’est un titre contradictoire, peut-on dire que le nom de l’album reflète également ce qui se passe dans notre monde en ce moment ? Charlotte : Il y a vraiment ce contraste quand vous regardez les nouvelles, quand vous ouvrez le journal et vous voyez que le monde est littéralement en feu, alors qu’à côté de ça, nous continuons à vivre parfaitement. Ce sujet et ce contraste étaient très intéressants à aborder. Mais aussi, « Apocalypse & Chill » provient de « Netflix & Chill » qui est très symbolique à notre époque, nous avons senti que le jeu de mots était vraiment approprié pour cet album.

J’ai beaucoup apprécié votre collaboration avec Glenn Arthur sur vos précédentes pochettes d’albums. Est-ce qu’on peut dire qu’il vous a apporté un style qui vous distingue ? Charlotte : J’aime beaucoup ce que nous avons fait avec Glenn Arthur, c’est l’un de mes artistes préférés. Nous avons commencé à bosser ensemble sur « We Are The Others » avec ce genre de style. Même si ici, on fait ce changement, je pense pouvoir affirmer qu’il y a toujours des éléments inspirés de son travail dans l’album comme le colibri par exemple. Son ton est très présent, il représente l’identité visuelle du groupe. Il y a comme une dépendance qui est restée, cependant c’est positif, car les gens peuvent reconnaître le groupe grâce au visuel et c’est très important de le garder.

Je me demande justement ce que signifie le choix du colibri dans votre logo ? Martijn : Ce colibri est une sorte de logo et je pense qu’il représente également notre musique. Car un colibri est une créature douce toutefois nous le lui avons rajouté un masque à gaz, ou encore, il est représenté avec une grenade dans un cupcake et ces contrastes correspondent vraiment à notre musique. C’est quelque chose qui représente Delain et ce colibri est devenu comme un logo auquel les gens nous identifient et reconnaissent.

Est-il vrai qu’à la base Delain ne devait être qu’un projet de studio avec plein de guest ? Martijn : Quand j’ai quitté Within Temptation, je voulais démarrer un projet avec des guests parce que je connais beaucoup de musiciens de différents groupes et c’est devenu Delain. Nous avons signé un contrat avec Roadrunner Records et ils nous ont demandé si nous pouvions jouer en live. C’est là que tout a commencé. Charlotte est arrivée très vite dans le groupe, nous avons réalisé ensemble le premier album « Lucidity ». C’est comme ça que nous sommes devenus tous des membres de Delain et nous avons grandi comme des visionnaires.

Et comment vous sentez-vous avec le recul par rapport à ce qu’était le projet au début et maintenant que vous tournez dans le monde entier et que vous avez fait plusieurs albums ? Charlotte : Je suis vraiment heureuse de la façon dont cela a tourné. Je ne pouvais pas imaginer, il y a quinze ans tous les endroits où nous avons tourné et les festivals dans lesquels nous avons joué. Nous avons réalisé six albums, trois EP et un DVD… Oui je suis évidemment reconnaissante pour tout ce que nous avons fait au cours de ces quinze dernières années.

Vous avez joué il y a trois ans au Durbuy Rock Festival, quels souvenirs gardez-vous de ce festival ? Martijn : Je me rappelle, il y a un bel environnement, c’était dans les Ardennes et je me souviens que c’était vraiment agréable et que j’en garde un bon souvenir. Charlotte : Je pense que la dernière fois, Arch Enemy et Lacuna Coil ont joué le même jour que nous et c’était très sympa de les croiser. Nous tournons tous beaucoup et nous ne pouvons pas souvent nous voir et je pense que c’est ce genre d’anecdotes que l’on peut avoir pendant un festival. Donc oui c’était vraiment une journée agréable.

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  • Crédit photo: Tim Tronckoe
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