22.11.20 10:28

Jinjer

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Jinjer à la particularité d’être l’un des derniers groupes ayant joué avant la mise à l’arrêt du monde dû au confinement et l’un des premiers à rejouer avec le respect des distanciations sociales. Les Ukrainiens parcourent le globe avec une escale en mars dernier en Australie qui donne lieu à l’enregistrement de leur premier CD live : « Alive In Melbourne ». Tatiana Shmaylyuk revient sur ces événements, sur la sortie du live et elle évoque également les futurs plans du groupe : 

Pour commencer, Jinjer revient d’une tournée comment s’est-elle déroulée ? Et que ressens-tu dans le fait de pouvoir rejouer à nouveau après cette longue période ? Nous avons joué une petite tournée autour de l’Allemagne et en Suisse en septembre, c’était des concerts avec les distanciations sociales. Ça nous a fait du bien, nous ressentons que nous ne sommes pas encore morts, c’est comme si on se réveillait d’un coma (rire). C’était vraiment génial de voir tous ces visages familiers et de nouveaux fans qui sont venus nous supporter.

Que penses-tu de cette récente configuration avec le public assis autour d’une table ? J’imagine qu’il doit manquer une certaine énergie dans l’atmosphère… J’ai l’impression que la pandémie a fait tout foirer. Nous avons le sentiment d’être des personnes différentes actuellement. C’est terrible de ne pas pouvoir faire son travail pleinement à 100 %.

Je comprends… Mais c’est mieux que les lives en streaming et ne pas avoir un public en face de toi ? Oui (rire)

Jinjer va sortir son CD live qui a été enregistré à Melbourne en Australie. C’est la première fois que tu jouais dans ce pays, quels souvenirs en gardes-tu ? Oui, c’était votre première fois ici et j’ai toujours voulu y aller et visiter ce magnifique continent. Je suis très heureuse que nous ayons pu filmer et enregistrer ce spectacle mémorable à Melbourne et de jouer en Australie en général. Je désire juste partager cette expérience et ces moments avec le reste du monde.

En plus, c’était un concert sold-out à Melbourne, est-ce que les concerts de la tournée étaient complets aussi ? Oui, je pense que la plupart d’entre eux ont été complets aussi. C’est difficile de s’en souvenir parce que c’était il y a huit mois.

La sortie de CD live : « Alive In Melbourne » était prévue avant, ou avez-vous décidé de le sortir en raison de cette période particulière, privée de concerts ? Nous ne l’avions pas programmé au départ. À l’époque où Jinjer a joué ce spectacle, c’était au début du mois de mars et personne ne savait ce qui allait arriver dans le monde. Nous avons eu cette proposition d’un vidéaste de filmer le concert et nous avons accepté. C’est une tradition de filmer les spectacles quand nous venons dans un pays pour la première fois. Nous avions seulement prévu de l’enregistrer c’est tout, et puis maintenant c’est devenu un plus grand projet.

Le live ne sortira qu’en audio, comment tu expliques ce choix parce que sur YouTube vous avez diffusé des vidéos du concert ? Je ne sais vraiment pas… C’est difficile à dire, je n’ai pas toutes les informations. C’est juste arrivé, et je n’ai pas participé à tout le processus de réalisation. J’étais loin de l’Ukraine et j’étais occupée par d’autres choses.

Après cette tournée en Australie, Jinjer a pu jouer en Amérique du Sud. Comment cela s’est-il passé avec cette situation particulière, car vous n’avez malheureusement pas pu terminer la tournée ? C’est exact, le jour où nous jouions au festival Hell & Heaven au Mexique (ndlr : le 14 mars), nous avons eu l’information que le reste de la tournée était annulée en raison de la pandémie. Jinjer a été l’un des derniers groupes cette année à jouer un véritable spectacle en festival. Après avoir fini de jouer ce concert, le monde entier s’est arrêté et nous étions vraiment saisis.

Pendant cette période de confinement, tu as pu travailler sur de nouveaux projets avec Jinjer ou autre ? Je suis resté en Californie et j’ai fait quelques featuring avec d’autres groupes tandis que Roman (guitariste), Vladislav (batterie) et Eugene (bassiste) ont bossé sur de nouvelles musiques pour Jinjer. Maintenant que nous avons plus de temps pour continuer à le faire, nous préparons en effet du matériel pour un nouvel album.

Ce n’est pas un problème de travailler à distance avec les autres membres de Jinjer ? Non, parce que je suis toujours la dernière à finir les chansons de l’album d’un point de vue lyrique, donc j’attends que le son soit prêt et ensuite je commence seulement à écrire les paroles. Par conséquent, ça n’a pas vraiment d’importance si je suis loin ou pas... et puis internet résout ce problème.

As-tu des envies musicales particulières pour toi dans d’autres projets ou avec Jinjer ? Car parfois on retrouve des influences autres que metal dans la musique du groupe : Dans un premier temps, j’ai plus besoin d’entendre le morceau que de l’imaginer. J’ai juste envie d’être inspirée par tous nos morceaux. Pour te dire, je n’ai pas vraiment de plan, c’est assez intuitif et cela évolue durant le processus de création.

Tu as collaboré sur le jeu vidéo « Metal: Hellsinger » qui sortira l’année prochaine, peux-tu m’en dire plus ? Je n’aime pas jouer aux jeux vidéo. Mais évidemment et actuellement, j’adore collaborer et figurer sur des musiques, c’était la première fois que je faisais ça. C’est arrivé très vite, j’ai reçu un e-mail de mon manager qui me disait : « Hey Tati, il y a une chance de figurer sur un morceau d’une bande-son pour un nouveau jeu vidéo, alors qu’est-ce que tu en penses ? ». Puis, j’ai écouté, j’ai dit oui et ensuite j’ai enregistré ma voix et elle se semblait plutôt bien.

Cela fait deux ans que votre dernier album « Macro » est sorti, quels sont les retours que vous avez reçus ? Oui, cela fait déjà deux ans et les réactions sont bonnes jusqu’à présent. Mais quand cette pandémie est arrivée, nous étions en plein milieu de sa promotion en Amérique du Sud. Nous sommes un peu dévastés par cela, néanmoins, nous essayons de faire de notre mieux pour que les gens continuent d’écouter et pour le maintenir en haut. C’est pour cette raison que nous avons filmé dernièrement cette musique vidéo pour le morceau « Prophecy » pour rappeler que l’album existe. Il est toujours récent pour nous même si ça fait deux ans qui se sont passés, mais il ne faut pas l’oublier.

Sur le nouvel album, il y a un morceau en russe « Retrospection », penses-tu continuer à faire des chansons dans cette langue dans les futures compositions ? Non, je ne programme rien pour le moment. Je n’avais pas non plus prévu de chanter en russe sur cette chanson, c’est arrivé comme ça. Peut-être si les nouvelles chansons me parlent je chanterai en russe, mais je ne promets rien.

Cette chanson « Retrospection » traite de la famille essentiellement, pour toi, c’est sentimental de la chanter en live ? Oui, c’est une chanson émouvante, je crois que j’ai pleuré une fois sur scène. Tu sais, parce que c’est parfois difficile d’être un groupe en tournée tout le temps, de travailler dur, de passer la moitié de l’année sur la route et d’avoir sa famille loin de soi et même si on vit dans le même pays, je ne peux pas leur rendre visite fréquemment. C’est pourquoi c’est une chanson très personnelle et elle me rend émotive de temps en temps.

Est-ce qu’on peut dire que la chanson « Pisces » est celle qui a eu le plus de succès dans la carrière de Jinjer ? Que penses-tu de tous ces commentaires et réactions vidéo sur cette chanson et sur votre voix aussi ? Je ne regarde jamais ces vidéos de réactions parce que je n’en ressens pas la nécessité. Néanmoins, j’apprécie vraiment tous les commentaires et les personnes qui ont créé des contenus comme des reprises, des vidéos de réactions et des trucs dans le genre. Cependant, je suis tellement occupée par d’autres choses que je n’ai pas vraiment le temps de me pencher plus dessus. Mais, ça me touche et ça signifie beaucoup pour moi. J’espère que ces vidéos continueront d’impressionner les gens et les faire réagir dans l’avenir.

Comment prépares et entraines-tu ta voix avant les concerts ? Et comment fais-tu pour la garder en bonne santé pendant une tournée, c’est difficile ? C’est vraiment difficile, mais je ne fais pas d’échauffement, car je n’ai pas le temps. Peut-être qu’à l’avenir, quand je trouverai un bon exercice pour moi personnellement je pourrais l’utiliser pour améliorer mon chant.

Pour finir, parlons de la tournée : Jinjer revient jouer en Belgique au Festival de Durbuy Rock Festival l’année prochaine, je l’espère ! Quels souvenirs gardes-tu de tes concerts en Belgique ? Je pense que ça fait déjà un bon moment que nous n’avons pas joué en Belgique. Mais je ne sais pas, parfois j’ai l’impression que ce concert était en Belgique, mais c’était en Suisse (rire) il y a tout qui se mélange dans ma tête.... Par contre, je me souviens de bonnes bières ! Mais j’espère que l’année prochaine, j’aurai de nouveaux souvenirs plus frais et que je m’en rappellerai jusqu’à ma mort.

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  • Crédit photo: Oleg Rooz
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