Chroniques

Chroniques (329)

Pour le coup, je ne sais pas trop quoi dire. Il y a cinq morceaux et je n’ai accroché à aucun. Pourtant, le groupe maîtrise ce qu’ils font. L’instru est nette ainsi que le chant. Les riffs sont accrocheurs, mais très vite, on sent que tout va se ressembler. Je n’ai pas réussi à me plonger pleinement dans ce disque à cause de cette sensation qui me rebute toujours. Les riffs sonnent toujours pareils, même si des changements sont placés ci et là. Le tout me donne l’impression d’écouter quelque chose de prometteur, mais qui ne passe jamais cette étape.

Dès le deuxième titre, le groupe m’a perdu. Seule la quatrième chanson propose quelque chose de vraiment différent avec une ambiance moins lourde. Trop tard à mon sens. Bref, je passe mon chemin et vous laisse tester ce court album.

21.08.20 15:16

VIRTUAL SYMMETRY - "Exoverse"

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Virtual Symmetry, à la croisée entre la musique classique et le metal contemporain, trouve son inspiration chez des artistes tels que Dream Theater. Ils reviennent en juin 2020 avec ce nouvel album qui nous transporte dans un conte, avec tous ces éléments ayant l’air extraits d’une pièce de théâtre ou d’un film. D’ores et déjà, attaquons-nous au titre « Entropia » qui n’est pas une réussite pour moi, en toute honnêteté. Pour la simple raison qu’il n’y a pas de partie chantée dans cette chanson, ce qui peut fonctionner lorsque la partie instrumentale se suffit à elle-même; or ici, je trouve qu’elle n’aurait certainement pas été de trop. Heureusement, nos quatre musiciens suisses et italiens se ressaisissent avec « XI », qui comprend ici une partie vocale. Le morceau démarre tout feu tout flamme, pour ensuite s’apaiser afin de repartir de plus belle. L’ambiance est assez triste, elle nous emporte dans une agréable mélancolie. Ce qui nous amène à « Odyssey » qui au premier coup d’oreille, a des similitudes avec « Angel » de Judas Priest, mais fort heureusement par la suite le morceau se singularise, avec un déchaînement vocal et instrumental à la fin. Virtual Symmetry aime nous prendre par les tripes avec des titres très travaillés et plutôt longs la plupart du temps (ce qui ne nous donne pas pour autant l’occasion de nous ennuyer). « Exoverse » est un condensé de symphonie et d’audace (surtout pour le fait de placer des instruments tels que le saxophone en plus de l’orchestre dans cet opus).

Geoff Thorpe a fondé Vicous Rumors en 1979. Avec "Digital Dictator", son deuxième album paru en 1988, le groupe a signé un classique, un modèle de heavy power à la mode US. Pour célébrer le trentième anniversaire de ce disque, une tournée, prévue en 20 dates, a été montée. Le succès a été tel que les boys ont fini par donner 108 concerts… ce qui a retardé la sortie de "Celebration Decay", treizième effort des Américains qui s’inscrit parfaitement dans leur longue histoire ("Arrival Of Desolation", "Death Eternal").

Ce cru 2020 est de bonne qualité, porté par les vocaux agressifs et variés – qui s’offrent même quelques montées dans les aigus ("Any Last Words" qui fait penser à du Maiden) – d’un impeccable Nick Courtney, nouveau chanteur déjà à l’aise. Les rythmiques restent le plus souvent dans un mid tempo puissant, voire angoissant – le début de l’excellent "Asylum of Blood" – mais s’autorisent, bien entendu, de belles cavalcades, une saine agressivité (l’éponyme "Celebration Decay", parfaite entrée en matière, "Collision Course Disaster" chanté, comme l’étrange, presque déroutant, "Darkness Divine", par Geoff Thorpe). Les solos, aussi traditionnels qu’efficaces, sont eux aussi au rendez-vous pour finir de convaincre les amateurs de heavy certifié authentique. Il manque juste quelques refrains fédérateurs pour faire de "Celebration Decay", œuvre gorgée d’énergie et de conviction, un incontournable.

21.08.20 14:35

VARUS - "A New Dawn"

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8 ans d’existence pour le quatuor bavarois qui nous revient avec un second album dans l’escarcelle. Cette œuvre est tout bonnement superbe et nécessite d’être découverte de toute urgence. En effet, les 8 titres de death folk symphonique soufflent d’une grande fraîcheur et présentent tous un solide travail dans la musicalité. Les ambiances épiques se bousculent et nos Teutons nous plongent dans l’histoire, opportunité nous permettant de sortir de nos tracas quotidiens. Les compositions sont énergiques et l’on peut qualifier les éléments symphoniques de « dynamiques ». L’auditeur chemine au grand galop tout au long du temps qui passe. Les 2 minutes de « Tränk dein Herz » vous bousculent dans les cordes. Sur le superbe titre éponyme, Thyrfing pourrait refaire une cure de retour aux sources. Les chœurs sont prégnants. Et qu’extraordinaire est cette vitesse de jeu. « Ascheregen » apparaît quant à lui, bien plus sombre tout en se permettant de titiller les meilleures pointures de black symphonique. C’est vous dire la puissance du Death de Varus. Sur «Ein Lebewohl », le groupe nous montre aussi son aptitude à explorer la profondeur. En toute humilité, nous pouvons mesurer un grand apport qualitatif à la scène Folk dans l’hommage apporté par Varus. Imaginez leur puissance en concert, nous ne serions pas loin d’un séisme de 9 sur 10 sur l’échelle de Richter ; soit la destruction totale.

21.08.20 14:26

TURTLE SKULL - "Monoliths"

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Faire vivre une expérience immersive et transformatrice aux auditeurs ? C’est l’objectif visé par Turtle Skull, groupe qui avant même de se faire connaître, avait déjà publié son premier album éponyme. Le processus d’enregistrement de ce dernier a provoqué un passage spirituel pour les membres du groupe, et a donné naissance à leur actuel et très respecté live show. Je vous propose de s’intéresser au titre de cet album qui désigne un monolithe ; bloc de pierre massif monumental de grande dimension, constitué d'un seul élément, naturel ou taillé, éventuellement déplacé. Il symbolise le principe de verticalité qui mène à l’homme, à la conscience. Je vous propose de nous diriger vers l’essentiel : leur musique. Les membres du groupe ont l’art de rendre leurs riffs presque tendres, tout en étant secs et pointus. La voix du chanteur quant à elle, a cette beauté cristalline capable de nous faire oublier que nous ne sommes pas dans un paradis imaginaire. « Monoliths » est le faisceau d’éclaircies dans un ciel couvert ou autrement dit : une caresse auditive.

21.08.20 14:02

TUPLE - "Wooden Box"

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C’est à 50 ans que Tommi Salmela alias TUPLE prend la grande décision de produire son premier album solo. Ce dernier est conceptuel et résulte de l’initiative du protagoniste à y faire participer ses amis musiciens. Il y parle de sa vie, les chansons sont semblables à une séance de projection de flashbacks. Après avoir fait partie intégrante de groupes comme Tarot, Lazy Bonez et Raskasta Joulua, c’est du haut de ses cinquante ans que ce finnois décide de sortir « Wooden Box ». C’est une sorte de quête spirituelle envers lui-même qu’il effectue en nous présentant les 11 titres qui s’y trouvent. Le point qui m’apparaît le plus décevant est la « sobriété » des morceaux, si je puis dire. Ils sont tous construits de la même façon, et racontent à peu près tous la même histoire. C’est nostalgique en étant vivant, mais on peut malheureusement très vite se lasser, car il n’y a pas réellement de surprises. Heureusement, la voix du chanteur est malgré tout indéniablement mélodieuse, en plus de sa maîtrise instrumentale.

21.08.20 13:53

TREPALIUM - "From the Ground"

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Trepalium, qui signifie littéralement “travail” en latin, n’a en effet pas ménager ses efforts depuis le départ de KK, leur précédent chanteur; et offre un très bon nouvel opus, huit ans après leur dernier album “H.N.P.” sorti en 2012. C’est donc “From the Ground” qui signe le grand retour du groupe... Ce cinquième album propose alors des mélodies qui sont la subtile rencontre entre le groove et le death metal, le tout avec la voix très rock bluesy de Renato (arrivé dans le line-up en 2017) qui plaira aux fans de Pantera et Clutch réunis. Mais c’est “Feelin Cold” qui a le plus retenu mon attention, en effet puisque la chanson apparaît certainement comme celle qui se détache le plus des origines du groupe; ou encore le magnifique solo au bottleneck d’Harun sur “...To the Sun”. L’album entier nous plonge dans une ambiance jazz/swing de la Nouvelle-Orléans, cigare à la bouche et whiskey à la main; où les bretelles et les vestons sont de rigueur. En tout cas, une chose est sûre: Trepalium continue de faire groover les morts!

21.08.20 13:39

THE VICE - "White Teeth Rebellion"

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The Vice, trio suédois formé en 2012, nous livre avec son deuxième EP enregistré aux studios B.A.M. par Andy Bauman (Candelmass, Dissection, Hellacopters) un rock n’roll sombre et sinistre porté par du chant black. Bon point : le groupe maitrise à l’évidence leur style musical et possède un son et une ambiance qui leur est propre. Une fois passée l’intro peu intéressante, l’album commence en beauté avec « A Barren Land » et son riff lancinant et captivant puis enchaîne avec la chanson éponyme (et sortie en single) tout aussi réussie. Par la suite, l’intensité retombe à cause de la redondance du son et de l’atmosphère, cela malgré la sixième chanson « Cradle And To Ease » bien inspirée. Une certaine monotonie s’installe et il devient alors plus difficile de rester attentif au fil de l’écoute. La qualité est pourtant toujours au rendez-vous et d’aucuns parmi nous y trouveront leur compte. Il sera dans tous les cas intéressant de suivre les prochains opus de ce groupe au potentiel évolutif certain.

Une nouvelle sortie du trio est toujours une petite révolution dans le genre aujourd’hui teinté de nostalgie juvénile qu’est la pop-punk. En effet, ils aiment prendre leur temps entre chaque album et chacun ira de sa petite théorie pour l’expliquer : faire languir les fans, prendre le temps de peaufiner leur travail… Ou simplement l’envie de se reposer et de prendre le temps de faire les choses bien. Peu importe au final. L’idée reste que même en arrivant un peu sur le tard, The Lawrence Arms demeure un groupe représentant dignement le deuxième âge d’or du punk, plus commercial certes, mais toujours aussi pêchu et énergique. Et plutôt que de réinventer le genre, c’est presque sous des allures de best-of que « Skeleton Coast » débarque dans nos tympans. On croirait parfois entendre plusieurs chanteurs selon les morceaux ! Et c’est cette versatilité qui fait tout le sel de cette nouvelle mouture. Difficile de dresser des comparaisons entre « Ghostwriter », « Last Last Words » ou encore « Lose Control ». Le groupe nous transporte au sein de plusieurs atmosphères, plusieurs émotions. Et si on peut regretter un manque de grosse colère, ce qui se répercute aussi sur les thèmes de l’opus (plus poétiques que réellement revendicatifs), ça donne aussi un formidable contrepied à un genre qui gueulait tantôt sur l’oppression, tantôt sur les problèmes de l’adolescence… C’est que les punks aussi, peuvent faire preuve de lyrisme !

Formé en 2018, année durant laquelle il a sorti son EP « Universal Hate Speech » déjà chez Shadow Records, le duo polonais Terrestrial Hospice revient cette fois avec son premier véritable album sous le bras. Bien sûr, l’épreuve n’est qu’une formalité au vu du CV des 2 bougres puisque le batteur n’est autre qu’Inferno, cogneur chez Behemoth, et celui qui se charge du reste est Skyggen, apparu dans bon nombre de formations et notamment pour assurer des lives pour Gorgoroth, Aeternus ou encore Dead To This World. Autant dire que les camarades savent de quoi est fait un album de black metal et qu’ils appliquent la recette avec maîtrise. Seulement voilà, ils ne font que cela et n’apportent pas grand-chose de plus à un style déjà surchargé en albums de ce type. Musicalement, les 7 titres s’écoutent sans déplaisir et représentent un hommage de fort bonne facture à la seconde vague du black metal du milieu des années 90 mais il semble clair que cet opus serait peut-être passé bien en dessous des radars s’il n’avait pas pu capitaliser autant sur les noms des musiciens qui lui ont donné vie.