Chroniques

Chroniques (517)

Formation espagnole composée de trois membres dont le bassiste d’Opeth Martin Mendez, White Stones sort son deuxième album, un an seulement après “Kuarahy”. Les sujets abordés puisent dans les sentiments que Martin affirme avoir vécu pendant le confinement imposé par la pandémie de Covid-19. Expérience musicale ou voyage dans un univers sombre, l’ambiance générale de « Dancing into Oblivion » est aussi lourde qu’une lente descente dans une mer d’huile. Agrémentée de plusieurs passages mélodiques ou acoustiques contrastant avec le reste, cet album m’a donné une envie de refaire le tour de la filmographie de Robert Rodriguez. L’ambiance me faisait penser à des titres tels que Grindhouse, Machete, Sin City tant le saut musical nous transporte d’une scène calme à une atmosphère lourde et pesante. Des morceaux tels que « Iron Titans » suivi de l’interlude « Woven Dream » ou encore « To Lie or to Die » sont le parfait exemple de cet ascenseur émotionnel. N’étant pas du tout un aficionado de cette scène musicale, je me suis surpris à apprécier le périple et à m’y émerger sans difficultés.

12.09.21 15:16

VRIESS - "Vriess"

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Que de brutalité !!! Votre cœur pourrait-il suivre le rythme ? Vriess est un missile ! Que dis-je une bombe atomique. Introduction rapide avec « Chapter I : The Fight » qui vous met en confiance mais vous pulvérise immédiatement après deux minutes tapantes. Profitez-en, c’est tout ce que vous aurez pour vous reposer. Car cela s’enchaîne avec de la violence pure et dure. Construit en cinq chapitres, Vriess est un concentré de brutalité et de tout ce que le Death metal a à nous offrir. Mené par ses membres venant de diverses formations telles que Project for Bastards, Benighted et Alkaloid, l’idée d’avoir un projet relaxant était tuée dans l’œuf. D’une durée de dix-sept minutes, cet EP est court mais suffit pour poser les bases de cette formation qui promet un avenir intéressant et haut en couleurs. Riffs destructeurs, blasts perforateurs, et chants de douleur seront votre lot pour un peu plus d’un quart d’heure. Martyrisez vos tympans, laissez saigner vos orifices et faites-en profiter les voisins tant cette plaque se partage de gré ou de force !

12.09.21 15:12

VADER - "De Profundis"

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Deuxième album de Vader, sorti en 1995, "De Profundis" reste l’une des œuvres, si ce n’est l’œuvre, emblématique des Polonais à la discographie prolifique. Toujours influencé par le thrash, à l’image de certaines parties vocales de Peter, qui reste la plupart du temps intelligible, ou de soli slayeresques évoquant une giclée de sang hors d’une gorge fraîchement lacérée, ce recueil regorge d’une quantité hallucinante de riffs mémorables (ah, les débuts de "Sothis" et de "Blood Of Kingu", ou le festival de l’inaugural "Silent Empire") couplée à une atmosphère malsaine ("Revolt"). En 34 minutes de brutalité viscérale, de vitesse maîtrisée et de technique aboutie (quelle prestation de Doc à la batterie, omniprésente et sublime !) le groupe passe de la violence primitive (le brûlot "An Act Of Darkness", leçon de moins de deux minutes) à des compositions plus vicieuses ("Reborn In Flames") qui n’hésitent pas à ralentir le tempo avant de lancer une nouvelle charge ("Sothis"). "De Profundis", modèle d’intensité malfaisante.

12.09.21 15:10

THY CATAFALQUE - "Vadak"

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À l’origine œuvrant dans le black metal, la formation magyare s’est depuis élancée sur le chemin de l’expérimentation et ce dixième opus continue dans cette voie que maîtrise avec brio le maître à penser du groupe, Tamás Kátai. « Vadak » est une invitation au voyage et l’on se laisse volontiers emporter par ses multiples sonorités oniriques, alternant passages post-black déterminés, interludes frôlant avec un trip-hop envoûtant et moments ambient rêveurs, le tout dans une cohésion savamment orchestrée. Le nombre d’invités et d’instruments engagés dans l’album illustre bien cette diversité sonore : électronique, cuivres, percussions orientales, cordes, piano ou encore cornemuse. Les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Autour du noyau metal de la musique gravitent des nuances de styles variés, à l’instar du chant parfois growlé, parfois féminin et cristallin. Le résultat est au rendez-vous, les sonorités s’entremêlent et la magie opère. La mélodicité de la langue hongroise ajoute à l’exotisme de la musique de Thy Catafalque. Pour les curieux d’expérience hors des sentiers battus, l’écoute de cet album se révèlera sûrement une aventure intéressante, voire captivante.

Trois albums en trois années d'existence, on ne peut pas dire que le combo allemand chôme. Troquant le Death old school des deux albums précédents pour un style beaucoup plus fast thrash, Temple of Dread effectue un changement payant. Des tracks comme "Necromanteion" et "Wrath of the Gods (Furor Divinus)" sont une raison suffisante d'aller plus loin dans l’écoute des compos du groupe. Le thème de ce nouvel album est le déchaînement de colère sur le monde du dieu grec des morts et des enfers, j'ai nommé Hadès. Véritable rouleau compresseur, 'Hades Unleashed' est un condensé de violence et de brutalité gratuite. Ce sont quarante minutes réparties en neufs morceaux qui vont vous tomber dessus telle une punition divine. Mélangeant avec habileté des sonorités Death, Thrash et Black Metal, l'ensemble est un régal à entendre et à vivre. On a encore du mal à se dire que ce groupe n'a que trois ans d'expérience tant le niveau est haut. Temple of Dread est un nom à garder en mémoire, ces derniers se retrouveront à n’en pas douter parmi les grands du metal en moins de temps qu'il ne faut pour le dire !

12.09.21 15:05

SILENT OBSESSION - "Countdown"

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En guise de mise en situation, « Apocalyptic Manifestation », intro contenant les cris de personnes subissant les affres de la guerre et paniquant suite à des explosions, fait son office. Traitant principalement de la fin du monde et de l’apocalypse finale (devenu un classique dans le Death metal), les Algériens mènent leur guerre d’une main de maître en faisant flamber la poudre. La voix brutale de Danny colle à merveille avec le thème abordé et ses musiciens transmettent le sentiment de ce que l’on peut ressentir lorsque l’on est pris en pleine guerre. Peu de sorties sont à déclarer sur la scène algérienne et celle-ci fait plaisir à entendre. Ces derniers ont encore un long chemin à parcourir, mais cet album est déjà une belle réussite de par la situation géographique du groupe. « Countdown » plaira aux adeptes de Death metal qui jonchent les scènes à travers le monde.

Le Japon ne nous amène pas que des mangas, de bonnes recettes de cuisine et de la J-pop. Nous en avons la preuve avec les metalcoreux tokyoïtes de Sailing Before The Wind. Fondé à Tokyo il y a une dizaine d'années, les Nippons sortent leur premier EP « Judgement » en 2012, dirigé par le bassiste et compositeur Bitoku Sakamoto (que certains ont pu reconnaître car bassiste de session live pour Crystal Lake). Pour célébrer la première décennie du groupe, un nouvel EP de cinq titres qui comprend des réenregistrements de trois anciennes chansons - "Sail Away", "Cross the Ocean" et "Break the Silence" - ainsi que les nouveaux morceaux "Decaders et "Misguided Sunrise" nous est proposé. Sur ce dernier morceau, un guest de choix en la personne de Lucas Spencer (Feed The Addiction) apparaît comme une petite surprise. Le groupe propose une bonne version metalcore, c’est-à-dire des riffs lourds, de bonnes mélodies, des chants rageurs, des breakdowns explosifs, ainsi que des changements constants de tempo dans chacune de leurs chansons. Si vous êtes un fan de metalcore, cet EP ne vous décevra pas.

12.09.21 15:00

ROT AWAY - "Nothing is Good"

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Retour sur une scène délaissée de plus en plus ces dernières années avec Rot Away qui nous vient avec un album de hardcore bien punchy. Qu’il est agréable de réentendre un style musical en dehors de tout ce qui sort à la pelle de nos jours ! Profitant de la pénurie de HxC et de la soif de culture mondiale, Rot Away se présente avec des beatdowns aiguisés à la meule et un son lourd. Cet album rend l’écoute nostalgique d’un bon gros mosh-it, d’un wall of death, ou même pour les plus rageux d’entre nous d’un terrible Crowd killing. Les Danois usent et abusent de breakdowns assassins. Passant de chants lourds pouvant parfois rappeler Cold Hard Truth sur la première moitié de l’album, on repasse à des sons plus ambiants et un chant plus plaintif. « Graves » vous calme un peu et vous permet de reprendre votre souffle entre deux séances de cardio explosives. Après un court break, on reprend directement avec « Timebider » qui ne traîne pas à vous remettre dans le bain. On peut ressentir que le groupe se cherche encore dans son style mais cela ne rend pas cet album ennuyeux ou mauvais, loin de là. Comme je l’ai signalé en début de chronique, qu’il est bon de retrouver la scène Hardcore. Dommage que cet album ait une fin. Rot Away est un groupe à suivre et à voir en live. Cela en vaudra la peine, à la condition que vous n’ayez pas peur de ressortir du pit avec des ecchymoses ou des crampes.

A l’instar de Royal Blood, Pil & Bue prouve qu’il ne faut pas beaucoup de musiciens pour faire beaucoup de bruit et surtout créer de la bonne musique. En effet, Goran Johansen (percussion et batterie) et Petter Carlsen (chants et guitare baryton) ne sont que deux pour réaliser ce petit bijou de six morceaux nommé « The World is a Rabbit Hole ». Introduction progressive avec un shred de guitare pour planter le décor, le chant vous coupe le souffle et met la barre très haute. La voix enregistrée avec une légère reverb colle parfaitement au style musical proposé par les Norvégiens. Mêlant des sonorités plus calmes à des explosions acoustiques, l’intégralité de cet EP est pensée et réalisée avec talent et passion. « True disaster » est un titre très perturbant avec une intro qui vous en met plein la vue. Il vous emmène dans un univers relativement nébuleux dans lequel le chant mélange des tons mélodiques avec des intonations rauques faisant parfois penser à du Placebo. Pour confirmer le changement d’atmosphère incessant, « Select 2 players » débute par des frappes de cymbales pour imposer le rythme et des coups de grosse caisse qui donnent tout bonnement envie de bouger. L'harmonie entre le rock et la ballade est ici totalement maîtrisée. « The World Is a Rabbit Hole » est une chute de trente-cinq minutes dans un univers de coton… que j’aurais aimé poursuivre. Est-ce mal docteur ? Un EP à avoir sans hésiter dans votre collection musicale. 

Duo originaire de Brighton, Joe Potts (Guitare, basse, batterie, programmation) et son acolyte Liam McKeown (Chant) sortent physiquement leur album « The Self-Aggrandising Lie », initialement sorti sur Bandcamp en version digitale en novembre deux mille vingt. Inspirés par des groupes tels que Archspire, Inferi ou The Faceless, les Britanniques ont l’intention de créer une musique équilibrée entre technicité et mélodies. Sans vous mentir, après une écoute longue et douloureuse, j'en reste très peu convaincu. Certes, la maîtrise technique de la guitare et de la batterie y est. Mais cela manque tristement de punch. En effet, la totalité de l'album est relativement plate et enregistrée de manière très pauvre. Impossible de se fondre dans l'ambiance tellement tout est trop propre et manque de relief. Si je devais comparer cet album à un mets culinaire, ce serait un curry. Les ingrédients sont bons, le talent y est, mais les épices n'y sont pas et cela finit par manquer de saveurs. Je suis persuadé qu'il y a un gros potentiel en sein de Parasitic Entity, mais actuellement je suis déçu de l'écoute de cet opus. De plus les morceaux sont longs, oscillant entre cinq minutes et sept minutes trente (« In Defiance of a Narcissist King »). En soi, quand on arrive à plonger dans l'univers du groupe, cela ne dérange pas. Mais encore faut-il y parvenir.