Hielkin

Hielkin

Ce trio suédois nous propose un quatrième album dont le mix n’est assuré par nul autre que Flemming Rasmussen (Metallica, Rainbow) et qui sent bon l’old school tendance Kreator, quoique la manière de capturer la voix puisse faire penser à Beneath The Remains de Sepultura. À noter aussi l’artwork de Andreas Marshall (King Diamond, Obituary, Kreator). L’instru éponyme aux relents de marche guerrière sombre lance l’album et passe la main à un morceau pur thrash « Pestilence » qui balance les bpm ! « Rat King » prend la relève dignement et nous cale un riff mid-tempo sur la fin nous préparant à « Left To Rot » aux riffs plus heavy et accrocheurs. On repart de plus belle sur « Hail Caesar » qui frôle le death à certains moments avec à nouveau un bon rythme saccadé pour le bridge et un refrain qui devrait donner en live. Le mini solo d’intro de « Into The Fray » nous attrape au tournant, mais cache un titre super puissant sans fioriture, qui réserve quelques formules surprenantes et plus oppressantes.  « Colossal Terror » et « Witch Burner » sont faits dans le même moule, commençant en puissance et balançant des riffs de dingue à mi-morceau. On termine avec « Dawn Of The Red » à l’intro plus rock’n’roll, mais qui revient très vite dans un thrash dévastateur. Encore un très bon album pour les fans du genre, pas révolutionnaire, mais qui tient la route et qui ferait presque oublier qu’il n’y a qu’un guitariste. 

Warpath célèbre 3 décennies avec un album « best of » de leur carrière. On commence par un inédit « Innoncence Lost » proposant un bon thrash puissant et rapide comme la plupart des titres qui suivront. Reborn » (2017), « Extend » (1993), « F.U. » (2018) ainsi que « Against Everyone » et « Paranoia » (1994) seront de la même veine. On retrouvera aussi leur cover de « Black Metal » de Venom, déjà présente sur leur premier album (1992) avec la présence de Cronos et Sabina Classen (Holy Moses). De petites pauses plus heavy seront offertes sur l’album avec les titres « Massive » (1933) et « That’s For Me » (1994). « Crossing » frôlant carrément le doom hyper dark. L’album termine sur une revue de « God Is Dead (2017) avec en guest pour le solo Claudio Illanes (Undercroft) qui rappelle les sonorités de Therion à l’époque de “Lepaca Kliffoth”. Une très bonne rétrospective où la qualité est au rendez-vous à tous les niveaux et qui passera aisément dans votre hi-fi. Elle intéressera les connaisseurs et aidera les néophytes à découvrir le groupe. 

 

Un EP pour cette formation mexicaine qui a déjà deux albums studio à son actif et qui laisse donc présager un troisième. On est sur du très bon « thrash » rapide, énergique, agrémentés de bons riffs. Le premier titre « O.G.C » commence par une très bonne intro basse et nous jette immédiatement dans le feu de l’action. Vient ensuite « Devastation By Greed », qui va droit au but, sans fioriture inutile pour laisser place à « Extinction » qui se pose avec ces 5’ (enfin oserais-je dire). Pour clore la partie « morceaux originaux », « Beginning Of The End » qui se singularise par un bridge tout en harmonie qui vient apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes. On termine par une cover de Metallica « The Shortest Straw » intéressante sans plus. Un EP sympa, qui nous apporte du bon son, mais, en toute subjectivité et pour expliquer ma note, mon problème avec les « Extended » c’est que j’ai la sensation de me faire chauffer par une jolie fille… qui se barre juste après les préliminaires : j’ai un goût de trop peu !

Tony Mitchell est surtout connu en tant que chanteur de Kiss Of The Gypsy ou encore des Dirty White Boyz, mais il s’agit ici de son deuxième album solo. Beaucoup de guests sur cet album : Tim Manford (Dante Fox), Neil Ogden, Paul Hume (Demon & Lawless/Dirty White Boyz)), Nigel Bailey (Bailey/3 Lions/Dirty White Boyz), The Rogues Gallery Rock Choir, Shawn Charvette & Josh Tabbie Williams (Midnite City). On lance l’album avec le très original titre éponyme, teinté de gospel. On retrouvera du rock plus classique avec « Living On The Run » ou « One Good Reason ». L’intro épique à la guitare de « In & Out Of Love » ne laissera pas indifférent et ouvre dignement un morceau aux riffs accrocheurs. À noter aussi « Electric » au tempo entêtant et aux saveurs rythmiques d’un Marylin Manson « grande époque », le dark romantique « Killing Me To Love You » et le très groovy « Evil Woman ». Ce ne sont pas moins de 4 ballades que l’on croisera au fil de l’album (oui, je donne de ma personne pour vous) : « The Mighty Fall » avec Danny Vaughn (Tyketto), I Believe In Angels et « Never Wanted Love » plutôt « hard FM » ainsi que « Sacrifice » avec son intro piano voix. L’album se referme sur « Heaven is Falling » au rock un peu plus sombre. Un album agréable à écouter, varié qui devrait plaire à un très large public..

C’est seulement le quatrième album pour ce groupe formé en 1994 ! On est sur du thrash puissant et ma revue sera différente qu’à l’habitude, car j’ai été complètement déstabilisé par cet album. À la première écoute j’ai eu l’impression d’entendre du Testament et par la suite du Machine Head période « Davidian » avec en guest vocal Nick Holmes version « Icon » et ce n’est pas un hasard puisque le producteur n’est autre que Simon Efemey qui a justement participé pour cet album de Paradise Lost. À noter que le premier morceau m’a un peu rappelé l’époque de « Beneath The Remains » aussi. Cette fois, je ne passerai pas en revue les morceaux qui sont de l’énergie pure, structurés au poil et offrant de bons solos ; du thrash old school donc avec énormément de références, mais sans vraie prise de risque. Pour l’anecdote, chaque extrait est accompagné, dans le booklet, d’une petite explication sur sa conception. Au final, un album sympa à écouter où les thrashers des 80’s s’y retrouveront aisément.

Troisième album pour ce groupe qui sait se démarquer. « Debut album of the year 2007 » aux MTV music awards danois et leur deuxième album voit sa pochette censurée car considérée trop gore. Cette fois, une pochette splendide et plutôt artistique donc c’est le contenu qui va nous surprendre… Bingo ! Cet ouvrage est une expérience en soi. Le genre death est exploité et trituré au maximum : on passe d’un morceau très traditionnel et rapide tel « Loco Motive » qui inaugure l’album, à « The World is Mine » et « El Matador » plus lourds et puissants pour aller vers des ambiances darks avec « Blood Tracking ».  « We Expire » et « Deathbed Lullaby » qui entrouvrent la porte de titres plus expérimentaux comme « Erase My Race » ou « I Live In A Grave ». Un petit titre en Danois, écrit par un ancêtre du chanteur en 1850 vient mettre une touche supplémentaire à l’album qui se referme sur un titre doom experimental « The Way It Ends ». Un très bon album, qui impressionne par ses qualités mélodiques et la palette de styles que le genre peut offrir tout en faisant vivre une expérience auditive intéressante.

Pour leur14ème album, ils ont interrogé leurs fans lors de leur dernière tournée et ceux-ci étaient unanimes : ils ne voulaient pas d’expérimentation, mais bien retrouver le son qui caractérise le groupe depuis les années 80. Cela démarre donc par le visuel avec la réapparition du « Stormchild », révélé sur leur troisième album en 85. Quant à l’album, le premier titre « Hurricaned » est un hommage punchy à Rainbow et Ronnie Romero qui partage d’ailleurs le chant. Vient ensuite « Talk To The Moon » qui commence par une guitare vintage à la Ozzy et ouvre sur un rock mélodique qui nous prépare à « Eyes Of Love », très FM. « Ladies and Gentleman » est un glam en mid-tempo qui nous surprend avec un break style guitare espagnole et dont une version alternative est disponible à la fin de l’album avec les « Rock and Roll Children ». « Mindhunter » est plus métallique dans ses guitares et groovy alors que « Rain Rain » sonne plus sombre et « Gemini » tend vers un hard rock classique. Le hard rock 70’s revient à notre souvenir avec « Kingdom Fall » et « The Blues Ain’t No Stranger » nous dévoile un solo splendide de Oz Fox « Stryper). Une collaboration avec Paul Shortino pour une cover “Take Her” qui amène au dernier morceau “Busted” assez pêchu. Un bon album donc qui retourne à un bon vieux hard rock comme on savait le faire à l’époque.

Troisième album pour ce groupe qui nous vient d’Italie. Ils sont connus pour leur rock alternatif mélodique, flirtant avec le hard rock. La production et le mix gérés par Marco Barusso couplés au mastering de Marco D’Agostino sont impeccables. On se lance avec le très énergique « Pull Me Out » qui mélange déjà subtilement l’alternatif au hard rock. Alternatif qui fleure bon les 90’s et que l’on retrouvera sous diverses formes avec les titres « Starlight », « Mama Said », « The Roots » et « All My Life » prouvant que l’alternatif a de multiples facettes et n’est pas spécialement monotone. « Give It Away » et « In My Room » ont des riffs plus typés heavy tout en restant mélodiques et en gardant l’esprit du rock alternatif. « The Hideaway » nous rapproche plus de l’univers heavy metal jouant encore avec les codes. On n’y échappera pas : 2 ballades ! « Whatever You Want Me (To Do) » et « The Love We’ve Waited » nous rappellent comment les bonnes ballades se faisaient dans les 90’s !! Un excellent album donc qui a su exploiter l’évolution des genres pour replacer le rock alternatif dans l’époque actuelle.

Deuxième album pour ce groupe venu de Rigga. Ça sent bon les 80’s et on est dans un « glam rock » non stéréotypé, assumé, avec des sonorités voguant entre Kissin’ Dynamite, Crazy Lixx et WASP.  Le titre éponyme lance les hostilités avec un style très énergique et un refrain accrocheur que l’on retrouve aussi sur le titre « Stand Your Ground », à la rythmique prenante. On change de registre avec le très sexuel « Spice & Sugar » suivi de « Farewell To Yesterday » qui commence très « groovy » pour progresser vers le « heavy metal». On est dans le « Hard FM » avec « Black Swan » et « Healing Waters » qui permettent à Vicky White, le chanteur, montrer ses talents. On n’évitera pas la ballade « Silhouette » qui ne casse pas trois pattes à un canard… L’aventure glam se termine avec « Streets Of Misery » qui redonne un petit coup de boost et qui laisse les guitares s’exprimer à fond une dernière fois. Un album très agréable qui nous prouve que le talent se trouve partout et Bloody Heels pourrait nous réserver des surprises à l’avenir.

08.08.20 14:56

Moonspell

Ré-édité le 03/08/2020 dernier, « The Butterfly Effect » fut un album à part dans la discographie de Moonspell. Nous avons rencontré, pour vous, Fernando Ribeiro, frontman du groupe, pour en savoir un peu plus sur cet album, son histoire et la raison d’être de cette sortie. Ce fut également l’occasion pour lui de nous faire part en exclusivité de certains projets et de lever un peu le voile sur leur nouvel album en nous annonçant, entre autres, en primeur, le nom de leur nouveau producteur.

 

La ré-édition de « The Butterfly Effect » fait partie d’un processus de ré-édition entamé il y a quelques années. Pourrais-tu nous expliquer ce qui vous a poussé à faire cela ? Pour plein de raisons. La plus logique et pratique est que lorsque qu’on a fondé Alma Mater Records, un label détenu par moi et Pedro (celui qui s’occupe du merchandising), un de nos buts, en plus de s’occuper correctement de Moonspell au Portugal pour la promotion et la distribution, était de travailler pour la communauté de fans dont tu fais partie. On reçoit des milliers d’e-mails disant «  je n’arrive pas à trouver ce disque ou ce morceau»... Nous avons contacté les labels, principalement Century Media et SPV, pour nous renseigner et tous ces disques n’étaient plus édités ou plus en stock. On peut bien sûr les trouver sur des sites comme Discogs ou Amazon, mais à des prix relativement élevés. Pour moi, c’est un compliment, car je collectionne aussi les disques et certains ont pris de la valeur, mais la majorité des gens n’ont pas cette aisance financière pour payer jusqu’à 600€ pour un disque  (ndlr : prix pour la version signée de l’album "Irreligious"). On a donc décidé, comme on aura 30 ans de carrière en 2022, de récupérer notre catalogue d’antan et de le rendre à nouveau disponible. Je pense que ça a du sens, spécialement pour moi, et je voulais y prendre part depuis le début : aller dans les archives de Moonspell, réunir le matériel et refaire des éditions collectors accessibles. Je pense d’ailleurs que nous nous améliorons avec le temps. « The Butterfly Effect » est sorti de manière chronologique. Probablement qu’en 2021, on ressortira « Darkness & Hope » également. Pour « Butterfly », on a eu une approche différente : on a retravaillé la couverture, certains aimaient l’originale, moi aussi, mais c’est le genre de décision à prendre lorsque tu fais une ré-édition, afin de la rendre plus intéressante pour les gens qui vont l’acquérir. La ré-édition de « The Buttefly » est meilleure que celle de « Sin » ce qui montre une amélioration dans le processus et c’est une situation win-win pour les fans et Moonspell.

Pourrais-tu nous présenter les deux remixes disponibles avec cette nouvelle édition et nous dire pourquoi vous les avez inclus ? C’est important pour moi d’avoir du matériel bonus et on l’avait déjà fait avec « Sin ». La particularité ici est le 7’’ additionnel qui est un vrai collector et qui contient ces deux remixes. Pedro, qui est celui qui compose le plus dans Moonspell, a pris beaucoup d’initiatives en ce qui concerne « The Butterfly ». Si les gens lisent notre biographie, ils verront que cet album est principalement le fruit des affinités et de la production de Pedro. Quand on a ressorti l’album, je lui ai demandé de faire des remixes ou des versions  alternatives des ses propres compositions. Il est venu avec différentes choses et on a choisi  la version alternative de « Angelizer » qu’il a rebaptisée « Angelized » et le remix de « Lustmord » qui se nomme « Never Stop To Hurt You ». C’étaient les bonus parfaits, à mon avis, pour « The Butterfly Effect », parce que ça met en évidence la nature de la musique, ça étend l’album vers quelque chose de plus électronique et les gens savent que c’est avec cet album que nous avons le plus flirté avec l’indus et l’électro. Ces morceaux ont déjà  été lâchés sur internet de-ci, de-là, parfois sans notre autorisation, maintenant ils sont immortalisés officiellement sur vinyle. Une chose sympa avec le nouveau packaging, c’est qu’il s’intègre parfaitement avec le concept de l’album.  Alma Mater Records, c’est Pedro (merch), Joao, notre designer, et moi. Je pense qu’il est important d’en avoir un, car les choses évoluent rapidement et c’est lui qui est en charge de cet aspect. Il est donc venu avec ces deux covers qui sont magnifiques. Pour le 7’’,  c’est comme une petite aquarelle faite à la main et c’est un peu dans cet esprit de liberté qu’avait été fait l’album. Pour l’album lui-même , j’avais un problème avec la cover originale qui est trop minimaliste et celle-ci rend le tout plus metal car même si c’est l’album le plus bizarre ou le plus fou du groupe, ça reste un album metal. Je voulais que ça se ressente dans le packaging et Joao a fait du très bon travail. On va sûrement garder cette formule avec lui pour les prochaines ré-éditions et peut-être pour les nouveautés.

En parlant de packaging justement, vous l’aviez déjà changé avec la ré-édition de « Memorial »... Oui, pour « Memorial », il y avait un sentiment partagé. Parfois tout est là pour faire une bonne pochette. Pour « Night Eternal », tout était là, on a juste fait quelques ajustements, un peu de graphisme et c’était bon. La couverture originale de « Memorial » n’en a jamais été une, c’était plutôt une approche graphique. Joao l'a complètement revue et certains ont aimé, d’autres pas. On ne peut pas plaire à tout le monde et je n’ai pas de problème avec ça. Mais je pense que « Memorial » a été bien retravaillé et il y avait aussi beaucoup d’extras dessus. Il a très bien marché auprès des fans d’ailleurs.

Cet album a été un tournant pour le groupe, une grosse prise de risque aussi et il n’a pas été fait comme les autres. (J’invite les lecteurs à consulter la biographie de Moonpell « Wolves Who Were Men », review dans le Metal’Art n°1, pour plus de détails). Mais comment l’as-tu ressenti personnellement ? Comme dit dans notre biographie, cet album est un peu hors de notre discographie pour beaucoup de raisons. En ce qui me concerne, je me rappelle de cette période entre 1998-99 avec les réactions mitigées, nous en essayant d’attraper toutes les balles qu’on nous envoyait  et la perte de notre salle de répétition. Pedro a rapporté beaucoup de matériel chez lui, car il évoluait vers le sampling, l’électro et la production. Personne ne prenait vraiment d’initiative pour la direction qu’allait prendre notre musique et l’album. Pedro en a montré beaucoup et nous a présenté des morceaux qui sonnaient très différemment de ce qu’on faisait, mais qui reflétaient ce qu’il aimait en tant que musicien et compositeur. Je me rappelle que je lisais déjà des ouvrages scientifiques sur l’effet papillon,  sur le hasard ; comment il affecte et peut être utilisé dans les sciences sociales. Lorsque j’ai écouté ses morceaux, j’ai pensé que c’étaient des trucs assez fous, peut-être plus choquants que « Sin ». Mais j’étais moi aussi dans cette tendance un peu folle et je ne suis pas du genre à dire non. Si c’est fou, je suis partant ! J’ai donc fait de plus en plus confiance à Pedro en ce qui concerne les décisions et les choix à poser. Pedro est le genre de gars à rester dans l’ombre. Je me demande d’ailleurs pourquoi les gens ne l’interviewent pas pour « The Butterfly Effect », car après tout, il a composé la plupart de l’album, pas moi. Quand on lui propose,  il répond toujours : oui … mais non. Parfois je les envie, lui et Ricardo, car ils restent assis longtemps en studio à composer et à jouer. Et c’est parfois la meilleure chose lorsqu’on est dans un groupe. C’est parfois dur aussi, car l’inspiration a un coût. Dans mon souvenir, c’est comme ça que cet album est né : la folie qui rencontre la folie et on se lance ! J’ai beaucoup aimé aussi  la manière dont il est sorti en studio même si, je l’admets, ce n’est pas la meilleure production de Moonspell, c’est quand même un truc fou et ça se ressent dans tout l’album. Le studio était très grand, très connu, et je ne savais pas que des gens comme David Bowie, Duran Duran et Robbie Williams y avaient enregistré et on l’a découvert en recevant la facture (rires) ! Bon maintenant, c’est devenu un restaurant, mais c’était au centre de Londres près de Scotland Yard à Victoria. Quand je suis arrivé le premier jour, Pedro et les autres étaient déjà là. On est sorti et on a volé des panneaux routiers « under construction » avec des lampes et je me suis dit que c’était bien parti ! Tout d’un coup, le producteur crie « Pub time, pub call, on doit aller au pub avant que ça ne ferme ! » Là, je me dis que ça va vraiment être cool d’enregistrer cet album. Je pense que ces une de mes expériences les plus funs et agréables en studio, le résultat est quand même un peu bizarre. Maintenant, on enregistre différemment : on est plus matures, on donne plus de valeur à l’argent. C’était aussi le dernier album enregistré sur cassette et pas en digital. C’était en quelque sorte la fin d’un cycle pour Moonspell. Ces quatre albums qui ne pouvaient pas être plus différents, comme quatre frères qui ne se ressemblent pas : « Wolfheart », « Irreligious » « Sin » et « Butterfly » quoi qu’on fasse après ça, qu’on retourne en arrière ou qu’on essaye d’innover, resteront  les quatre pierres angulaires à suivre.

Tu as d’ailleurs voulu refaire « Sin/Pecado » pour le faire mieux correspondre à la vision que tu en avais. Comme « Butterfly » est perçu de manière différente par les membres du groupe, vous n’avez pas eu envie de le refaire pour qu’il vous corresponde mieux également ? Je n’ai jamais été très satisfait  de la production de  « Sin/Pecado », car elle ne sert pas les titres  comme elle le devrait. Il y a de très bons morceaux comme « HandMadeGod », « The Hangman », « Eurotica », mais ce qui a marché entre Waldemar et nous sur « Wolfheart » et « Irreligious » n’a vraiment pas fonctionné pour « Sin ». C’était un album très compliqué à enregistrer, on a passé trop de temps en studio. J’ai donc proposé mon projet de ré-engistrement au groupe et tout le monde n’était pas partant. J’ai donc laissé tomber l’idée, car malheureusement je ne suis pas le chef (rires). Mais c’est toujours dans un coin de ma tête, surtout en tant que chanteur, je voudrais le faire différemment. Pour « Butterfly », on n’a pas eu ce problème. On aurait pu le remixer par exemple en le donnant à un producteur qui fait dans la musique électro, mais lorsque je pense à ceux qui constituent la vraie ‘fan base » de Moonspell, ça ne leur aurait rien apporté. Je pense qu’on a pris la bonne décision est faisant un remasting pour vinyle, cd ainsi que pour les supports digitaux qui n’existaient pas il y a 20 ans, ainsi que d’avoir investi dans d’autres aspects : le nouvel artwork et le nouveau booklet. Je ne pense pas que l’on ré-registrera aucune des ré-editions à venir. Par contre, une chose que je voulais refaire et que nous avons tous été d’accord de refaire c’est « Anno Satanae » / « Under The Moonspell » qui est devenu « Under Satanae » et qui est vraiment cool.

Sans en révéler trop, devons-nous nous attendre à un « nouveau » Moonspell avec le nouvel album. On sait déjà que Jon Phipps (interview dans Metal’Art n°4) y a participé, donc on suppose déjà que les mélodies et les harmonies y auront une grande place.  C’est une très bonne question, car on y travaille encore. On cherche comment ressentir notre nouvelle musique. Faire de nouveaux morceaux est quelque chose qui nous excite. Même si on aime être sur la route et nous y étions beaucoup ces dernier temps. C’est d’ailleurs là que nous nous sommes rencontrés toi et moi les dernières fois. Le temps de création en studio, entre les membres du groupe et le producteur est quelque chose que j’ai toujours aimé ; c’est comme aller dans une forêt obscure avec une petite lampe de poche et tu peux éclairer cette direction ou une autre. Par ailleurs, on a déjà un producteur, Jaime Gomez Arellano, il est surtout connu pour son travail avec Cathedral, Paradise Lost. On a donc à notre disposition ce background entre le doom, le progressif et le psychédélique qui va assez bien avec l’orientation que nous prenons. Maintenant, on est un peu plus vieux, notre groupe est différent et j’ai soumis à Pedro et Ricardo mes paroles et mon projet qui n’est même pas un concept. Je veux juste qu’on ne soit tenu par rien. On ne va pas refaire un album concept en Portugais comme « 1755 »,  j’ai des idées pour un nouvel album en Portugais, mais ce sera au moment opportun et quand l’idée sera mûre. « Extinct » peut donner des indices sur ce que sera le « nouveau  Moonspell », car je pense que c’était un album très mature, dont les morceaux tenaient bien ensemble. « Breath », « Until We Are No More » et « The Future Is Dark » sont des exemples d’excellents morceaux.  Malgré tout, je n’ai pas encore grand-chose à dire sauf que ce sera très musical et vocalement très mélodique, car c’est quelque chose que je voulais vraiment faire après  « 1755 » qui était plus rentre-dedans. Je pense que ce sera très mélancolique et très personnel, car je ne connais rien qui sonne comme ce que l’on fait maintenant. En tout cas, l’originalité et la qualité sont les deux focus dans tout ce que fait  Moonspell.  Il nous est arrivé tellement de choses que faire autrement ou tenter de refaire ce que l’on a déjà fait ne serait vraiment pas cool pour nous. Je dis toujours à ma femme sous forme de blague, mais dans toute blague, il y a une part de vérité, que si j’avais été un de ces mégas grands groupes et que j’avais déjà tout fait, bien entendu que je ne saurais rien faire de nouveau. Et la situation actuelle serait parfaite pour prendre ma retraite : on a fait le tour, y’a ce virus qui ne veut pas que l’on soit sur la route donc goodbye tout le monde. Je pense qu’il a encore de l’espace pour que Moonspell évolue et pour faire de nouveaux albums. On verra ce qui se passera en 2021 avec ce virus, car on dit que ça ne peut pas être pire, mais on ne sait jamais. En tout cas, j’ai trois projets en attendant : un concert physique qui va se passer en Algarve, le 20 août, on croise les doigts pour que ça se passe bien, un streaming  mondial qui devrait se faire fin octobre, car nous savons que nous manquons à certains fans,  mais on attendait la bonne opportunité et on réunit encore les éléments pour faire ça correctement et pour finir je voudrais que les gens puissent écouter nos nouveaux morceaux, pas en live, mais via Facebook, Spotify ou un autre support du genre. Si on arrive à faire ces trois choses d’ici la fin de l’année alors 2020 n’aura pas été une si mauvaise année pour nous.

Tu parles d’un concert virtuel, mais vous n’avez pas pensé à utiliser plus internet pour passer au travers de cette période, pour survivre ? Beaucoup d’artistes font des lives depuis leur salon. Ce n’est pas seulement notre survie, mais il faut aussi penser à notre crew, à ceux qui travaillent avec nous et ceux qui nous entourent. Je ne suis pas très tenté par l’idée de vidéo à partir de chez moi : mon divan c’est pour moi et ma famille, pour regarder un film d’horreur en mangeant du popcorn ou des dessins animés avec mon fils,  je ne pense pas que ce soit l’endroit ou les fans veulent me voir jouer du piano ou de la guitare acoustique. Je n’ai rien contre ceux qui le font, mais j’ai le sentiment que certains se sont précipités et ont surestimé le fait que les gens ne pouvaient pas vivre sans leur groupe.  Pourtant, ils peuvent, c’est de nourriture et d’eau que les gens ne peuvent pas se passer, c’est tout. Sans musique, c’est une vie moins intéressante, mais on peut survivre. Je pense qu’on a bien fait d’attendre et comme je dois prendre beaucoup de décision pour le groupe, ce fut mon choix. Au moins, on fera quelque chose de cool et maintenant c’est la bonne occasion de développer des choses pour garder ce lien avec nos fans. On fera ce streaming, payant, car on ne sait rien faire sans et même si je le faisais assis dans mon divan je dois quand même payer mon loyer et on va aussi ressusciter le « Wolfpack Fan Club ».  Cette fois-ci, on fera les choses bien : il y aura de vrais trucs cools, du matériel exclusif, etc. Cette situation Covid n’est pas agréable, mais elle nous donne l’occasion de réfléchir à plein de choses et toutes ces choses dont je viens de parler, je l’espère, apporteront une meilleure version de Moonspell et c’est au final ce que l’on veut vraiment.

Ma dernière question n’en est pas une, mais comme à chaque fois, je laisse carte blanche à mon interlocuteur pour parler de quelque chose qui n’aurait pas été abordé et qui lui tient à cœur. On a à peu près tout couvert, mais mon message aujourd‘hui serait : “ Stay healthy and not heavy”, rester à la maison à manger et boire sans bouger ce n’est pas l’idéal. « Stay lucky », car je pense que la chance est un atout majeur pour ne pas attraper ce virus et « Think by your own ass », car on reçoit des messages différents des autorités sanitaires et politiques et ce n’est pas facile de s’y retrouver mais je voudrais dire à vos lecteurs de s’accrocher, d’être prudent et que 2021 sera une meilleure année. Si ce n’est pas le cas, nous avons encore le temps de trouver un moyen de garder la musique en vie, car même si les concerts et les festivals  définissent le genre « metal » cette période nous a permis de voir à quel point les groupes étaient créatifs.  Notre groupe est un bon exemple : né à la fin des 80’s, on parle maintenant de faire des concerts en streaming avec des caméras digitales dont je ne comprends foutre rien. Donc soyez patients et la musique nous le rendra, aussi bien à ceux qui la font qu’a ceux qui l’écoutent, car nous sommes tous importants et nous devons tous rester en vie, car autant que je sache, les morts n’écoutent pas de musique…

Pour leur 40e anniversaire, ces pionniers du heavy metal nous proposent à nouveau une plongée dans l’histoire des Highlands, déjà entamée avec les albums  « Tunes of War » et « The Clans Will Rise Again ». Pour être totalement imprégné, une partie de l’album a d’ailleurs été enregistrée en Écosse.  L’instrumental « The Clansman Journey » donne le ton avec ses cornemuses et prépare à une odyssée qui s’annonce guerrière. On entre directement dans l’action avec un morceau plus heavy « All For The Kingdom » où l’approche guerrière domine sur l’aspect folk. On montera plus tard dans les bpm avec le rageur « Freedom ». On goûte à nouveau au folk écossais avec « Heart Of Scotland » plus lourd et sombre qui amène sublimement à la ballade de l’album « Thousand Tears » avec la participation de Noora (Battle Beast). Les adeptes de cornemuses les retrouveront sur les titres « Gathering Of The Clans » et « Fields Of Blood » et l’ensemble des autres titres feront la place belle à un heavy guerrier si cher au groupe. Ce voyage en douze étapes, d’une qualité et d’une technicité impressionnantes, montre que Grave Digger reste incontournable dans le genre. Sans grande surprise, il reste cependant  un indispensable pour les « guerriers » heavy.

Troisième album pour ce trio de la baie de San Francisco. On ne s’attardera pas sur la production qui va droit au but : pas de lissage, ce qui donne un petit effet old school pas désagréable. Le premier titre « Nihilistic Principle » met les choses au point d’entrée de jeu avec un mélange death/trash agressif et puissant.  « Legions Of Alienation » est plus lourd, sombre sans perdre d’énergie pour autant. Plus loin « Execution » étonne par son intro/solo guitare, harmonique et planante, qui n’est qu’un leurre pour la suite du morceau qui a un petit goût de black metal. Le thrash, quant à lui, est l’influence principale du morceau « Automation ». L’album est très bon ; la technique, les riffs et les solos sont d’une précision remarquable. C’est un mix du meilleur de ce que le thrash et le death pouvaient nous donner dans les 80’s et on sent aussi une très grosse influence de Morbid Angel période "Covenant", sans être une copie. Amateurs de death sans fioritures, cet album est pour vous.

On est ici sur un EP qui s’adresse plus aux fans à la recherche de matériel rare. L’album est divisé en deux parties : une première avec trois morceaux jamais édités et une deuxième composée de trois morceaux live, un pour chaque album studio déjà sorti, enregistrés à Denver. On commence donc par une reprise de Ronnie James Dio « Rainbow In The Dark) vient ensuite une interprétation de «  A conversation With Death » de Lloyd Chandler et pour finir, « Empty Throne » morceau seulement sorti pour une édition du magazine Decibel. Quant aux trois morceaux live, il s’agit de versions longues de « Bloodletting » (Desolation), « Three Gates »(Hunted) et « The Bereaved »(Absolution). Le mix heavy-doom est super intéressant, même sans être fan cet EP est sympa à écouter et les versions live sont de très bonne qualité.

Premier album pour ce qui ne devait être qu’un side-project. Composé uniquement de Matt Carviero (ex Contracrash) à la guitare, basse, batterie, clavier et de Selin Schönbeck (We Are Legend) à la voix.  On commence avec un morceau puissant « Rise » qui exploite le côté hard du genre. « Bridges Ablaze » s’inscrit plus dans le metal progressif et « Now » est sans concession, un pur produit de power symphonique. Viens ensuite… Une ballade, intitulée « Until I Leave » à la guitare acoustique (la guitare électrique viendra vers le milieu, mais comme soutien uniquement et pour un solo final).  On terminera la partie création de l’album avec « The Fire Inside » pour clore sur de l’énergie pure. Viennent ensuite trois morceaux « d’arrangements » de morceaux classiques : c’est la partie que les amateurs de prouesses techniques apprécieront et que je qualifie, pour ma part, « d’astiquage de manche » (oui, oui, c’est métaphorique et hyper subjectif). Très joliment interprétés et revus, on y retrouve la "5e de Beethoven" (le compositeur, pas le chien), le "Lac des Cygnes" de Tchaïkovski et un medley de Bruckner. C’est le petit plus de l’album. Un album très technique, superbement bien produit et que les amateurs de guitares apprécieront sans aucun doute. Un peu court à mon point de vue puisqu’il ne contient que 5 titres originaux et c'est ce qui justifie ma note finale.

Deuxième album pour ce groupe de Liverpool. C’est un melting pot de toutes leurs influences. Véritable claque et coup de pied aux conventions : on passe de la guitare « claire » à de la grosse distorsion, du chant growl au chant clair, … Chaque titre est une surprise et l’album est quasi indescriptible. Il s’ouvre sur un instrumental « Theme » qui à l’instar du titre « 451 Day », qui nous offre un break dans l’album, nous replonge dans l’univers que Vangelis aurait pu créer pour Blade Runner. Les morceaux « Broken Vision Rhythm» et « Gored » nous balancent leur énergie en pleine figure façon Slipknot alors que « Aggressive Evolution » ou « I Let It In And It Took Everythin » jouent sur l’alternance des guitares et des voix « à la Deftones ». « Two Way Mirror » et « It’s Really You » sont beaucoup plus aériens et mélodiques à l’instar d’un Radiohead. Un album excellentissime qui ravivera ceux en quête de découvertes et de nouvelles expériences. À écouter absolument !

Deuxième album pour ce quintet suédois. Il est autoproduit et mixé par Jacob Hansen (Flotsam & Jetsam, Volbeat, Amaranthe, ...). Le groupe se présente comme faisant du « Metal Melodique Moderne ». L’album va droit au but et ouvre sur l’excellent « Presence of Mind », véritable pépite : les riffs sont accrocheurs, la voix est puissante, maîtrisée et le refrain entrainant. (ndla, après écoute j’ai pris ma gratte pour le rejouer tellement je le kiffe). Vient ensuite « Paradise Of The Architect » qui pousse la porte de l’épique et laisse une plus grande place au synthé sans pour autant perdre en énergie. « The Black » est plus typé metal symphonique et quant aux riffs cadencés de « From Sound To Silence », ils viennent soutenir le growl de Nils Molin (Amaranthe) en guest sur ce titre. Passage obligé, la ballade, « Hologram » garde malgré tout la marque énergique de la formation. On frôlera la pop avec « Waterfall », on aura un petit goût folk avec « The Road To Redemption » alors que « Apex » offre des sons plus agressifs. Bref un album qui tient en haleine de bout en bout et qui offre une variété de genres, tout en puissance. Sans aucun doute un incontournable.

31.03.20 10:58

DOOL - "Summerland"

Deuxième album pour ce quintet de hollandais. 'Summerland' vient du paganisme  et se réfère au paradis, nirvana, peu importe comment on l’appelle. L’album a été enregistré au DAFT Studios à Malmedy, Belgium, et au Studio Cobra de Stockholm, Sweden, avec Martin Ehrencrona (Tribulation, In Solitude). Le mix et le mastering ont été effectués par Mangnus Lindbergh (Batteur de Cult Of Luna's ). On note quelques invités de marque : Per Wiberg (Opeth, Spiritual Beggars, Candlemass), Farida Lemouchi (The Devil's Blood) et Okoi Jones (Bölzer). L’album est énergique et mélancolique à la fois et chaque titre est un ovni à part entière avec sa propre identité. On passe de « Sulfur et Starlight » énergique et très gothique pop à « God Particule » à la structure plus élaborée ouvrant sur des rythmiques quasi chamaniques  et se lançant dans des rythmes lancinants et entêtants. Le titre éponyme, « Summerland », nous plonge au plus profond de la mélancolie et de somptueuses mélodies alors que « A Glass Of Forest » montre le côté aigre-doux du genre surfant entre des parties planantes et agressives. Pour situer le type de chant, la voix de la chanteuse Ryanne van Dorst n’est pas sans rappeler celle de Brian Molko (Placebo) mais en mieux (subjectivité quand tu nous tiens !). Ce sont en tout 9 morceaux qui nous font voyager dans ce genre très particulier en nous en montrant de nombreuses facettes. Un album de très grande qualité dont plusieurs écoutes seront nécessaires pour découvrir toutes ses subtilités et s’imprégner de son univers.

Un concept album pour ce quintet mené par leur talentueuse chanteuse au spectre vocal impressionnant. Au travers de morceaux à la beauté mélancolique ou à la brutalité émotionnelle, l’album est à la fois sombre et épique. On vogue au travers des genres pour découvrir l’histoire d’un capitaine naviguant à la recherche de la vie éternelle. « Ignit Defendit », instrumental magistral, annonce le départ et nous amène vers le premier morceau harmonique dans la veine du power metal symphonique « Ghost Of A Dream ». On traversera l’épique et énergique « Every Crest » qui soulève déjà le voile sur le growl que leur frontwoman est capable de tenir et dont toute l’ampleur se mesure sur le très black « Fearless » qui n’est pas sans rappeler l’univers de Dimmu Borgir. « Bury you » est une des pépites de cet album où l’émotion est portée à son paroxysme. Le voyage se termine en douceur sur le titre éponyme, instrumental, digne d’une B.O. L’album impressionne par l’aisance avec laquelle ce groupe passe d’un genre à un autre tout en gardant sa signature, par la technique de ses musiciens et par l’étendue des possibilités vocales de leur leader. Un vrai renouveau dans sa catégorie !

1er album pour ce trio issu du Pays basque qui nous propose un death metal old school. Concept album, il raconte la vie d’une créature entre l’humain et une entité chimérique, martyr de l’humanité, qui tente de sortir d’une vie sordide et découvre ses pouvoirs. Chaque morceau est une tranche de sa vie et « Funeral Path » instru digne d’un film d’horreur pose les bases de cet univers sombre. On passe par des morceaux aux riffs accrocheurs et révoltés tels que « Forest Of Flesh » et «Epidemic Fangs » mais aussi par des ambiances sombres et agressives dans «The Gatekeeper » ou « Black Valley ». On y retrouve des morceaux plus structurés et techniques comme « Old Skull Road », « Wind Of Chaos » et de la puissance pure dans « Butcher’s Pray » ou «Antidote Trap ». L’histoire de cette vie se referme sur un dernier morceau instrumental doux-amer. Les influences du trio, à savoir la grande époque de Cannibal Corpse, Obituary, Sepultura ou Morbid Angel pour ne citer qu’eux, sont omniprésentes sans masquer la « patte Red Dead ». L’album est excellent et nous rappelle cette grande période bénie du Death old school. Bien que techniquement et harmonieusement irréprochable, l’album aurait bénéficié grandement de solos dignes de ce nom, qui à mon sens auraient vraiment apporté une signature au groupe et encore plus d’amplitude aux morceaux...

Issu de la rencontre entre Zak Stevens (ex Savatage) et Aldo Lonobile (Secret Sphere), ce nouveau projet repose sur les qualités de ses deux membres fondateurs. On est dans le heavy metal pur et dur avec en ouverture « Fallen» directement dans cette lignée. « Rise » propose une approche plus puissante et énergique alors que « Under The Spell » et « The Serpent» amènent leurs riffs accrocheurs et leur groove. Une approche plus sombre est offerte avec « Twilight » et que serait un album de heavy sans ballade, ici acoustique et mélancolique sous le titre « Brought To The Edge ». Techniquement irréprochable avec des solos d’Aldo impressionnants et la voix puissante de Zak, cet album, bien que très bon, ne prend aucun risque et ne surprendra pas. Une valeur sûre pour ceux qui n’aiment pas sortir de leur zone de confort.