Oli

Oli

Président - Rédacteur en chef

Vous êtes fan de hard rock et de rock’n’roll et en manque de nouveauté ? Alors, foncez sur cet ep de Speed Rock Machine. Vous y retrouverez de bons gros riffs entrainant («Désir», «Cette fille»), mais surtout un mélange de bon hard rock et de rock’n’roll dans la pure tradition des Trust, Vulcain et AC/DC. On headbangue et on est heureux. Les titres «Dans mes veines» et «Playing rock n’roll» en sont les meilleurs exemples. Mais mon coup de cœur sera «Suicide girl», véritable ode et référence au «Girls, girls, girls» de Motley Crüe et à Johnny Halliday. Speed Rock Machine respire l’envie de faire plaisir et du coup cela se transmet dans nos veines. Leur musique est une médication qui doit se vivre en live. Si vous recherchez un revival du sex, drugs & rock’n’roll, alors n’hésitez pas et achetez ce nouvel opus des Azuréens.

Comme bon nombre de formations en cette période de stagnation prolongée nommée Covid, Periphery nous propose son album live enregistré à Londres lors de leur dernière tournée afin de faire patienter tranquillement la multitude de fans dévouée au combo américain. Forcément, tournée promotionnelle récente veut dire que leur dernier opus « IV : Hail Satan » occupe une place importante dans le tracklisting de cet album live : pas moins de cinq morceaux (sur dix au total) sont proposés. Mais quels morceaux !! Prenez-vous « Reptile » et « Chvrch bvrner » en guise d’entrée et ensuite « Follow your ghost », « It’s only smiles » et surtout le monstrueux « Blood eagle ». Periphery n’a pas cherché loin pour le restant des morceaux, car trois d’entre eux sont issus de très bon « III : Select difficulty » (« Remain indoors » , « Marigold » et « Lune »). Ont été également sélectionné pour l’occasion, les incontournables « Scarlet » tiré de « II : This time it’s personal » ainsi que « Psychosphere » de « Juggernaut : Alpha »… Là où les albums live sont faits pour passer le temps, ou pour clore un chapitre dans la carrière d’un groupe, Periphery réussit le pari de démontrer tout simplement qu’il est le meilleur groupe dans son genre, et que tout ce qui peut être fait en studio peut être reproduit à la perfection lors de concerts, et ce quelque soient les niveaux techniques. « Live in London » démontre par A + B que Periphery se veut être au-dessus du lot à l’instar d’un Devin Townsend, et que complexité et technicité peuvent également rimer avec réussite à grande échelle. Ce « live in London » se révèle être au final une belle surprise à conseiller aux fans, mais également à ceux qui voudraient se lancer dans la discographie du groupe.

Originaire de Paris, Nothing But Real a sorti en juillet dernier son premier album. L’occasion m’est donc donnée, lors de cette découverte tardive, de pouvoir vous parler de ce groupe qui évolue sur la scène alternative. Alors oui, c’est bien de l’alternatif auquel nous avons affaire ici. Mais le bon, celui qui part dans tous les sens. Tout commence avec le groovy loud rock « My daemon » qui nous emmène dans l’univers du groupe. Vient ensuite « Angels cry », sonnant comme du bon stoner rock, alternant passages soft et puissants, sublimés par une chanteuse des plus éclectiques. « We are nothing but real » nous renvoie vers l’univers manga grâce à un rock fusion mélodique et apocalyptique. « Crisis », tout en étant beaucoup plus doux, suivra le chemin de son prédécesseur tandis que « Therapy You » s’avèrera être un bon mélange des styles proposés avec une consonance très Muse. Le sixième morceau, « Insanity », véritable bombe rock bien déjantée, sera mon coup de cœur. L’album se termine avec « Sundown », morceau sublime, mélodique et riche en émotion. En fait, après plusieurs écoutes, le même groupe revient toujours dans ma tête : Skunk Anansie. Voilà l’exemple parfait pour vous retranscrire le style de Nothing But Real. Les Parisiens délivrent un album de bon acabit. Toutefois, quelques mises en place dans le condensé des styles seront encore à améliorer. On aurait aimé en avoir plus à se mettre sous la dent. Nothing But Real demeure en tout cas un groupe à suivre. Vivement la prochaine sortie.

L’Allemagne est la plateforme européenne du hardcore. Quoi de plus normal que le choix de Lionheart d’enregistrer son album live lors d’une des plus belles messes hardcore du territoire teuton : le Summer Breeze. La sortie de cet opus se veut être un hommage des Américains à leur fanbase qui a été toujours répondu présente malgré toutes les difficultés que le groupe a pu endurer durant toute sa carrière. Une première preuve : une set-list basée sur les trois plus gros succès du groupe qui sont « Welcome to the West Coast » , « Love don’t live here » et « Welcome to the West Coast II ». Douze morceaux sur les treize que composent cet opus sont tirés de ces trois albums. Les hymnes du groupe sont bien présents. On pense à « Still bitter still cold », « Keep talkin’ » ou encore « Pain » pour ne citer qu’eux. Lionheart propose même une étonnante reprise du célèbre « Fight for your right » lourd de sens des Beastie Boys qui crée son effet. Seul le chant se veut être un peu en dessous du niveau des albums de tournées plus anciennes. Mais l’énergie et la sincérité de communier avec le public transpirent de ce « Live at Summer Breeze ». Et dans le hardcore, c’est bien ça le principal. Lionheart vous propose son « LHHC (LionHeart HardCore) » comme festin… Un bon appétit !

11.01.21 19:48

AC/DC - "Power up"

Il existe des groupes qui, quand on les croit au plus bas, reviennent encore plus fort et au sommet de leur forme. Il est vrai que les derniers évènements malheureux autour d’AC/DC (le décès de Malcom Young ainsi que le retrait de Brian Johnson du poste de chanteur) ne laissaient guère l’espoir d’un nouvel album, ce qui aurait été la fin d’un voyage long de plus de quarante-cinq ans. Mais c’était sans compter sur l’infatigable Angus et sa bande ainsi qu’un Brian Johnson guéri de son audition. Les revoilà avec « Power Up ». Et autant le dire tout de suite, ce nouvel opus risque fort de marquer à nouveau le monde du hard rock grâce à une décharge électrique en provenance d’Océanie qu’aucun radar n’aura pu détecter. Certes, AC/DC fait du AC/DC, toujours aussi entrainant, un bon hard rock teinté de blues aux refrains fédérateurs et aux envies de bouger. Des morceaux tels que « Shot in the dark », « Money shot », « Demon fire » ou encore « Kick you when you’re down » sont là pour le prouver. L’album est cependant assez varié avec des morceaux plus rock que hard rock (« Wild reputation » et « Through the mists of time »). L’apogée de cet album sera sans contestation « Code red », durant lequel les Australiens rappellent leur influence sur toute une génération. À noter également une production moderne, mais qui reste fidèle au style du groupe signé Brendan O’Brien (Pearl Jam, Rage Against The Machine, et déjà producteur de « Black Ice » et « Rock or Bust »). Alors il est clair que chaque morceau de « Power Up » nous fera penser à un autre de la discographie de AC/DC, mais cet album, en plus d’être un hommage à Malcolm Young, est un album tout simplement parfait composé de douze compositions amenant chacune leur pierre à l’édifice. Je ne me suis personnellement plus autant amusé en écoutant AC/DC depuis « Ballbreaker ». Bref, longue vie à AC/DC !

Quatre ans après un « The perpetual gap » acclamé par la critique, Human Vivisection revient en force avec « Salvation will come ». Fort d’une signature chez Miasma Records, le combo de Bree compte bien marquer une étape dans leur carrière tant ce nouvel effort surclasse son prédécesseur. Tout d’abord, il y a cette évolution dans la production, moins compressée, plus ouverte, qui permet au groupe de s’épanouir musicalement. Ensuite, il y a le style : un slam death toujours aussi groovy, mais agrémenté de pur death metal bien brutal. Le sentiment parfois dérangeant, mais typique au genre slam du premier opus ne fait plus ressentir et c’est d’autant mieux. Chaque morceau nous explose les tympans. Mon coup de cœur ira pour le titre « Gainless remains of an Obedient empire », dont les cassures rythmiques et la lourdeur me rappellent de par cette nouvelle production le Morbid Angel de la meilleure époque, soit « Gateways to Annihilation ». Outre le fait de proposer deux morceaux que je considère de trop (« Endless agony » et « Survival frenzy » étant à mes yeux dispensables), Human Vivisection se révèle comme étant un des meilleurs représentants de notre plat pays en offrant avec « Salvation will come » un album compact, puissant, brutal et efficace.

 

Ce qui est certain après plusieurs écoutes de « Trying », nouvel opus des Parisiens de Find My Name, c’est que l’ombre des « Hybrid Theory » et « Meteora » de Linkin Park plane sur l’intégralité de ce récent ep, la meilleure preuve étant « The worst of all », véritable « In the end » en puissance. À cela viennent s’imbriquer d’autres influences, morceau après morceau. « Kill your god » et ses consonances « Neo-frenchy » de Black bomb A, « Between the guns » et sa rythmique punk-thrash rappelant l’album « Chuck » de Sum 41. Mes deux coups de Cœur seront « War » dont les couplets font penser à du Megadeth pur jus, ainsi que le groovy « Superficial » tout droit sorti d’un album de Rage Against The Machine. Bref vous l’aurez compris, « Trying » est un ep riche en influences et en style. Malheureusement, ce lot d’influences nous fait parfois perdre le fil. Find My Name délivre tout de même cinq compos de qualité, reste à mieux condenser le tout pour un résultat plus efficace.

Quand on parle des Pays-Bas, on pense aux nombreuses formations talentueuses qui constituent l’un des plus beaux viviers de la scène extrême européenne. Originaire de Rotterdam, Distant nous envoie son nouvel ep « Dawn of Corruption ». S’inscrivant dans un style deathcore moderne (entendez par là avec des nappes d’ambiances constantes) teinté de black et death, c’est surtout vers un slow down tempo bien brutal que les Hollandais se dirigent. Ce qui est choquant après une seule écoute, c’est la redondance et ce sentiment d’utilisation du même schéma tout le temps. Pourtant, Distant fait le nécessaire pour essayer d’éviter que l’on s’embête, en témoigne la déflagration sonore conduite par une production et un chant explosif… le guest de Mendel amenant des solos superbes… Mais malgré cela, la sensation d’avoir affaire à un Thy Art Is Murder ne proposant que des moshparts demeure. Il est clair que Distant trouvera preneur avec « Dawn of Corruption », mais pour ce qui est du plus grand nombre je reste plus que dubitatif.

Ah qu’il est bon le metal alternatif de la Côte d’Azur ! Car c’est bien de cette partie de l’hexagone que Alpha Blank provient. Proposant des rythmiques puissantes et des mélodies bien catchy ainsi que des refrains prêts à être chantés par tout public, les Français balancent un metal alternatif dans la veine de Nickelback, Alter Bridge et Breaking Benjamin. Les compositions sont groovy, les ambiances bien atmosphériques et les morceaux fédérateurs. Mais la force de Alpha Blank, c’est la décision d’incorporer des éléments progressifs dans la plus pure tradition comme le font Dream Theater, Haken ou encore Periphery pour certains passages plus modernes. Pour preuve les superbes morceaux que sont « Not afraid », « What it means » et « Like no one ». Mais que les fans metal/rock alternatif puissant et direct ne se fassent pas de soucis, ils seront bien servis avec « To survive », « Hold your fire » ou même « Dysnomia », véritables singles en puissance. Avec « Life in 2 pieces », Alpha Blank propose un album des plus homogènes, alliant intensité et mélodies. La Côte d’Azur nous balance une terrible pépite qui n’aura rien à envier aux plus grands du genre.

18.11.20 20:30

TORCH - "Reignited"

Fondé en 1981, Torch fait partie des références incontournables pour tout fan de heavy metal et même en dehors (Robb Flynn déclarant que son tout premier morceau joué en live était un morceau de Torch). Toutefois, un split en 1986 et un blackout total jusqu’en 2013 ont fait des dégâts et malheureusement, le nom Torch disparut dans les profondeurs de la scène metal. C’est aujourd’hui le grand réveil des seigneurs du heavy metal qui nous proposent un retour aux sources avec « Reignited ». Les Suédois développent toujours un heavy tout en puissance, mélangeant les tempos et des mélodies à la King Diamond (lui-même se disant influencé par le combo d’Eskilstuna). Ajoutez à cela la dose de rock’n’roll de Motörhead ainsi qu’un hard rock façon AC/DC et l’on obtient « Reignited », un album bien foutu et qui se laisse écouter. Malheureusement, il se retrouve noyé dans la masse des sorties du genre, démontrant que les élèves ont depuis dépassé le maître. Torch nous fait toujours headbanguer, mais malgré un mix en béton armé signé Jacob Hansen, les compositions de ce nouvel album manquent au final d’éléments accrocheurs qui auraient permis le rendu indispensable de celles-ci. À conseiller toutefois à tout fan de heavy.    

La ville de Bayonne ne fait pas que dans le jambon. La preuve en est avec The Hellectric Devilz qui, après deux démos et quelques vidéos, passe le cap en sortant son premier album intitulé « The Hellectric Club ». Au regard du visuel proposé par le groupe, on sait que l’on va se diriger vers un Hard rock survitaminé. Mais dès le premier extrait « Live fast… », on est surpris de constater que les Français ne se limitent pas qu’au Hard rock basique, mais vont également vers un riffing Thrash provenant des eighties, ainsi qu’une certaine anarchie contrôlée. L’album tourne et les morceaux s’enchainent musicalement sans aucun souci. Mais oui, j’utilise le mot « musicalement », car le gros point faible de cet opus est le chant, beaucoup trop linéaire, voire irritant, et qui dénature au final les compositions plutôt réussies. On se retrouve avec du très bon (« Love madness », « Slinky Lingerie »), du basique (« Live Fast… », « Party With The Devil King… »), et du beaucoup moins bon (« Love is Dead », la faute à un chant ne correspondant pas du tout au morceau). The Hellectric Devilz a tout de même l’intelligence de clôturer sa plaque avec ce qui sera leur meilleur morceau « Fight as one », laissant au final à l’auditeur une impression positive. The Hellectric Devilz doit encore s’améliorer sur certains points comme le chant ainsi que les solos, mais possède déjà un solide niveau. « The Hellectric Club » n’aura aucune peine à se faire écouter autour d’un whisky entouré de coyote girls, et prendra une tout autre dimension sur scène, le style proposé étant avant tout taillé pour cette dernière. Album à recommander aux fans de Motörhead, AC/DC, Accept, Metallica et Turbonegro.

Fort de quinze ans d’expérience et de plusieurs sorties, Silent Dawn nous balance son nouvel opus « Asylum ». Tout d’abord, j’aimerais souligner l’effort de proposer un album complet en français. Cela devient de plus en plus rare et mérite d’être mentionné. Ensuite, durant l’écoute de ce nouvel album, on ne peut que s’incliner devant les qualités techniques des musiciens. Le combo de Brest fournit principalement un death metal lourd et groovy , alliant mélodies et d’atmosphères malsaines. Des extraits courts et directs tels que « Don Quichotte » et « Les éphémères » viennent contrebalancer certains morceaux beaucoup plus longs (voir beaucoup trop longs) tels que « Hellgates 2019 » ou encore « Huit ans pour rien ». Le fait de prendre parti pour des morceaux de longue durée crée une redondance qui, malgré une très bonne exécution, peine à permettre à l’auditeur de rester calé et scotché dans son siège. On pourra également entendre certaines influences metalcore à la Heaven Shall Burn sur « Ordo ab chao », ainsi que certaines ambiances apocalyptiques et sublimes comme sur « Les mains », meilleure façon de clôturer un album. L’alternance de narration et de growls vient également accentuer la couleur sombre de l’album. Mon coup de cœur sera « J’ai vu », véritable équilibre entre technique, groove et mélodies, et qui, malgré sa longueur, nous transporte grâce à une superbe atmosphère. Sans toutefois être novateur, Silent Dawn délivre avec « Asylum » une bonne cuvée qui manque simplement de constance et de fil conducteur.

Un artiste aime faire ce qu’il a envie de faire, suivant ses idées et sa créativité. Et c’est exactement ce qu’ont fait Manuel Munoz et Nicolas Cornolo (The Old Dead Tree) en prenant un virage à 360 degrés afin de créer Nuit Carmin. En l’espace de quatre morceaux, le duo nous propose un pop rock déroutant. « Chronomaître » et son pop rock aux effets et chœurs en background, « Rien n’existe », d’une orchestration plus fluide et sublimée ou encore « Mais voilà », ballade acoustique procurant un nouvel élan à l’écoute, ainsi que « Sur le départ », extrait bluesy / jazzy chaleureux et très rythmique, dramatiquement positif, dans la pure veine du « Assassine » de Pascal Obispo… « Incipit » pourrait être une bande originale de film à cause de tous les effets et sonorités cinématographiques utilisées par Nuit Carmin. Musicalement entre De Palmas et M, le combo français réussit une belle première conversion. Attention toutefois à ne pas trop inonder l’auditeur de chants… seul réel reproche que l’on pourrait faire pour ce premier essai.

Vous êtes en manque de bon rock et recherchez quelque chose de nouveau, puissant, survitaminé et déjanté ? Alors, venez vite découvrir Marla Singer ! Voilà enfin un groupe qui a compris l’efficacité d’un couplet soft et d’un refrain explosif ainsi que la durée (courte) des morceaux. On a ici affaire à un rock puissant mixé à du grunge et une dose de progressif. Le trio originaire de Marseille nous propose huit morceaux aux influences diverses, que ce soir Queen Of The Stone Age (« Anger », « Feeling it »), Foo Fighters (« Get out »), Alice In Chains et Soundgarden (« Death rattle », « Burn away »), voir le Metallica de la période « Load/Reload » comme sur Screw you ». Chaque seconde de cet album est pensée et est écrite pour nous faire vibrer, avec la garantie de passer un bon moment et surtout d’appuyer sur le bouton « play » encore et encore. Marla Singer se révèle avec son nouvel opus comme étant la nouvelle référence rock alternative, tant cet album est tout simplement parfait.

Touché Amoré n’est pas à son coup d’essai. Et le fait de voir le groupe collaborer avec monsieur Ross Robinson (Korn, Slipknot, At the drive-in, …) m’avait procuré une certaine excitation. Voici donc « Lament », pur mélange de post rock et de punk hardcore déchirant, dont les chants screamo viennent donner une sensibilité aux compositions des Américains. Car c’est bien là la force du groupe : on ne parle pas seulement de puissance musicale, l’ensemble nous prend ici aux tripes : des frissons surgissant tout au long de notre corps, la faute à des mélodies superbes. « Lament » transpire la sincérité et l’intégrité. Des morceaux courts, une production en béton, des musiciens qui se dépassent et qui donnent tout ce qu’ils ont pour nous faire passer un excellent moment… Voilà ce qu’est « Lament », une véritable bombe au potentiel commercial considérable signée Touché Amoré. Chapeau bas !  

La France est un vivier pour le rock et le metal européen. Nombreuses sont les formations qui ont réussi à dépasser la barrière de la langue et les frontières de l’Hexagone. Tocacake risque lui aussi d’accomplir ce pari, le groupe proposant un metal typiquement « frenchy » et sans clôtures. On passe d’un rock fédérateur et redoutable (« New friend ») à un groove rock metal au chant engagé et scandé à la Lofofora (« The best feelings », « Like a razor »). Ajoutez-y une dose de funk crossover blues des plus sympas (« Think about it », « Nos larmes citoyens ») et une énergie nous faisant headbanguer (« Ferme ta gueule », « In the blue sky ») et vous obtenez « Enfermés », une bombe de puissance rock metal. Tocacake réussit le pari d’assouvir les fans de Mass Hysteria, Lofofora, Fff, Pleymo, Silmarils et autre No One Is Innocent… Rien que ça! Les Français ont compris l’importance de proposer des morceaux courts, directs et ayant un impact brutal sur la vie de chacun. Sublimé par mix et mastering aux petits oignons signé Fred Duquesne (guitariste de Watche et producteur de renom), Tocacake vient lancer un pavé monumental dans la sphère metal hexagonale avec « Enfermés », qui à lui seul, nous donne envie de bouger et de faire l’opposé de son titre. Hâte de voir cela sur scène ! 

Avec leur nouvel album « Mhä's Dogmas Part II : Sansara », Cyado me laisse plutôt perplexe. Tout d’abord par le fait de proposer des morceaux ultras longs (nombreux sont ceux se situant dans la tranche cinq à sept minutes) qui nous font perdre le fil de l’album. Ensuite, le fait d’ajouter des éléments électroniques peut sembler être un excellent choix, mais me transmet comme l’impression d’un manque cruel de prise de risque en incorporant ces beats que lors des intros et outros, offrant une sensation de déjà entendu. Cela mis à part, Cyado fournit des morceaux de deathcore et djent bien brutaux avec des guitares bien lourdes et un niveau technique plus que remarquable. Toutefois, le parti pris par les différents styles octroyés positionne le cul des Français entre deux chaises. Pas assez méthodique pour les adeptes de Aliencore, trop versatile pour le pur fan de deathcore et pas assez indus/électro pour les amateurs du genre. Cyado propose avec « Mhä's Dogmas part II… » un album compliqué et contrasté. À eux de trouver leur public.  

Johan Lindstedt (Astral Doors) n’aura pas mis longtemps à pondre un deuxième album pour son projet Freaks & Clowns. En effet, moins d’un an sépare les deux sorties. Intitulé «Justice Elite», cette nouvelle plaque s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur : un mélange de power metal avec du heavy metal et du hard rock classique. Rapidement, on se rend compte que quelque chose cloche. Le chant dérange par moments… les cassures heavy et hard rock dans les compositions ne collent pas parfaitement… Il demeure une sensation de compositions faites à l’arrache. On aurait préféré que le combo suédois joue la carte du power metal bien lourd et speed à cent pour cent plutôt que de vouloir à tout prix varier les morceaux. Cela amène une perte d’efficacité. Mais attention, l’exécution des morceaux est exemplaire, la technique des membres de Freaks & Clowns n’étant plus à démontrer. «Justice Elite» n’est pas un mauvais album du tout, mais aurait-il peut-être mieux valu plancher dessus quelques mois supplémentaires avant de le sortir.

Déjà connu avec son autre projet Astral Doors, Joachim Nordlund revient cette fois avec Dreams Of Avalon. Ce nouveau projet a pour but de voir le multi-instrumentiste concevoir une musique qu’il affectionne énormément : le hard rock mélodique. Mais pas n’importe lequel, celui des années quatre-vingt, celui parfois appelé Hard fm, avec les claviers et la clique qui va avec… Et pour être tout à fait honnête, le Suédois arrive fortement bien à créer ce style : des guitares mélodiques, des claviers en tout genre, des refrains fédérateurs, ainsi qu’un ensemble dit « catchy ». On ne peut faire sans songer à de gros noms de cette scène en écoute « Beyond the dream ». « Run for cover » rappelle Bon Jovi, tandis que « Into the night » et ses claviers nous font penser à Europe. « Stop » nous renverra vers le « jump » de Van Halen, tandis que la superposition des chants de « Bleed for me » sonnera aux oreilles de l’auditeur comme Queen. On retrouve de purs singles en puissance avec « On the run » ou encore « To Paris and back ». Dream Of Avalon sera pour les fans des eighties en cruel manque de nouveauté une véritable révélation, mais demeurera dans les oubliettes pour tout les autres. Mais bon, on ne va pas blâmer monsieur Nordlund, il faut faire ce que l’on aime, et de ce point de vue, « Beyond the dream » peut passer pour un hommage aux grands du style. 

Pionnier du metal en Tunisie, CARTHAGODS revient avec un nouvel album intitulé « The monster in me », succédant au premier album éponyme sorti cinq ans plus tôt. Les tunisiens nous envoient toujours un heavy metal d’excellente facture, tout en incorporant du power metal ainsi que des éléments symphoniques. Les meilleurs exemples de ce nouvel opus étant « Whispers from the wicked » et « A last sigh ». Le chant de Mahdi Khema est toujours plus proche de Disturbed que du classique type de chant heavy, mais c’est d’autant mieux, car cela permet à Carthagods de pouvoir être unique en son genre. Le combo tunisien n’hésite pas à sortir des sentiers battus afin de diversifier ses compositions. Le sombre « The devil’s dolls » ainsi que la ballade heavy et mélancolique « The rebirth » voir la version instrumentale de cette dernière démontre l’intention de faire voyager l’auditeur et faire en sorte qu’il ne s’ennuie jamais. Mes deux coups de cœur seront le très groovy et direct « Cry out for the land » et le monstre de plus de sept minutes « Memories of never ending pains », véritable preuve de la maitrise et de la qualité de composition des Tunisiens. Enfin, il faut souligner des guests de choix sur cet album : Mikael Stanne (Dark Tranquility) et Mark Jansen (Epica). Vous l’aurez compris, Carthagods réussit son pari de surpasser son premier album et démontre avec « The monster in me » que tout est possible. Je recommande vivement cet album à tout fan de heavy désireux de se prendre une claque!