25.06.20 10:04

EARTH ROT - "Black Tides of Obscurity"

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Quelque part en Belgique : « Dis Papa, c’est quoi la différence entre le Death Black et le Black Death ? » - « Hein ! Tu en as d’autres des questions de la sorte ? » - « Non, mais concrètement ? » – « Écoute en gros lorsque la base musicale repose davantage sur le Death et que ce qui est véhiculé provient de l’essence du Black, on dit que c’est du Death Black et lorsque c’est l’inverse, on dit que c’est du Black Death… » — un long silence — « Tu as compris ? » – « Pas vraiment !!! » - il est l’heure d’aller coucher fils – du Death Black c’est Belphegor et du Black Death c’est Belphegor… Bonne nuit !!! »

Plus sérieusement, le groupe sur lequel je devais me pencher alors qu’est apparu le terrible Covid-19 n’aura pas attendu que je libère du temps pour sortir son album. Je ne connaissais pas ce quatuor australien et me suis donc empressé d’aller faire les recherches d’usage pour tenter de prendre meilleure mesure de leur parcours en 7 ans de carrière. Ces briscards en sont déjà à leur 4e opus d’une carrière dédiée au death black. Diantre, je retrouve Jared, ex-bassiste et ex-chanteur d’un groupe de black death symphonique que j’affectionne « Advent Sorrow ». Chez Earth Rot, au diable la basse, il sévit dans le chant. Allez, on teste le produit… 

En toute honnêteté, il ne faut pas 5 écoutes pour découvrir la puissance destructrice de ces artistes. C’est une véritable claque. Les titres défilent : « Dread Rebirth », « New Horns », « Towards a Godless Shrine » qui fait penser à de l’Entombed croisant du Gorefest, du Grave avec une touche très core. Le groove n’est pas laissé au placard et l’on peut apprécier la superbe complicité entre le bassiste et le batteur. La rythmique déménage tandis que les riffs perforants de Tom et Colin viennent vous botter les fesses avec une sacrée dose d’énergie. Sur « Unparalleled Gateways To Higher Obliteration », on peut savourer une approche plus mordante tant dans le chant que dans l’architecture acérée du morceau. Là, ça fait plus mal que les excellents Vital Remains. Des fibres plus black, je les trouve dans l’essence du très engagé « Ancestral Vengeance » qui garantit un décapage en bonne et due forme. « The Cape Of Storms », confirme la prédominance des notes Death Old School qui sont assez bien maîtrisées techniquement. Le son est propre aussi. Autre belle expérience de déluge sonore sur « Serpent’s Ocean ». Il est très difficile de rester stoïque sur cette ode virulente. « Mind Killer » vous donne la clé sur les intentions réelles de ces musicos, simplement vous éclater les neurones. Earth Rot est excellent dans ce registre plus brutal. La galette se ferme sur un surprenant très bluesy « Out In The Cold » qui suinte les fragrances australiennes à plein nez. Non, nous ne perdons pas notre esprit dans cette immersion de leur univers très typé et le pire, c’est que ces bougres sont doués et qu’ils peuvent accrocher un large auditoire musical par leur capacité syncrétique à brasser les sous-genres.

« Gamin, descends, un exemple pour te faire comprendre la différence entre le death black et le black death…viens écouter Earth Rot, tu vois, ça, c’est du bon Death Black »… « Ha oui, comme Belphegor ? » « Rooh, t’as rien compris gamin, retourne te coucher ».

Informations supplémentaires

  • Note: 4.5/5
  • Genre: Death Black
  • Pays: Australie
  • Label: Season of Mist
  • Date de sortie: 06.03.20
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