The Wall

The Wall

Formation espagnole composée de trois membres dont le bassiste d’Opeth Martin Mendez, White Stones sort son deuxième album, un an seulement après “Kuarahy”. Les sujets abordés puisent dans les sentiments que Martin affirme avoir vécu pendant le confinement imposé par la pandémie de Covid-19. Expérience musicale ou voyage dans un univers sombre, l’ambiance générale de « Dancing into Oblivion » est aussi lourde qu’une lente descente dans une mer d’huile. Agrémentée de plusieurs passages mélodiques ou acoustiques contrastant avec le reste, cet album m’a donné une envie de refaire le tour de la filmographie de Robert Rodriguez. L’ambiance me faisait penser à des titres tels que Grindhouse, Machete, Sin City tant le saut musical nous transporte d’une scène calme à une atmosphère lourde et pesante. Des morceaux tels que « Iron Titans » suivi de l’interlude « Woven Dream » ou encore « To Lie or to Die » sont le parfait exemple de cet ascenseur émotionnel. N’étant pas du tout un aficionado de cette scène musicale, je me suis surpris à apprécier le périple et à m’y émerger sans difficultés.

12.09.21 15:16

VRIESS - "Vriess"

Que de brutalité !!! Votre cœur pourrait-il suivre le rythme ? Vriess est un missile ! Que dis-je une bombe atomique. Introduction rapide avec « Chapter I : The Fight » qui vous met en confiance mais vous pulvérise immédiatement après deux minutes tapantes. Profitez-en, c’est tout ce que vous aurez pour vous reposer. Car cela s’enchaîne avec de la violence pure et dure. Construit en cinq chapitres, Vriess est un concentré de brutalité et de tout ce que le Death metal a à nous offrir. Mené par ses membres venant de diverses formations telles que Project for Bastards, Benighted et Alkaloid, l’idée d’avoir un projet relaxant était tuée dans l’œuf. D’une durée de dix-sept minutes, cet EP est court mais suffit pour poser les bases de cette formation qui promet un avenir intéressant et haut en couleurs. Riffs destructeurs, blasts perforateurs, et chants de douleur seront votre lot pour un peu plus d’un quart d’heure. Martyrisez vos tympans, laissez saigner vos orifices et faites-en profiter les voisins tant cette plaque se partage de gré ou de force !

Trois albums en trois années d'existence, on ne peut pas dire que le combo allemand chôme. Troquant le Death old school des deux albums précédents pour un style beaucoup plus fast thrash, Temple of Dread effectue un changement payant. Des tracks comme "Necromanteion" et "Wrath of the Gods (Furor Divinus)" sont une raison suffisante d'aller plus loin dans l’écoute des compos du groupe. Le thème de ce nouvel album est le déchaînement de colère sur le monde du dieu grec des morts et des enfers, j'ai nommé Hadès. Véritable rouleau compresseur, 'Hades Unleashed' est un condensé de violence et de brutalité gratuite. Ce sont quarante minutes réparties en neufs morceaux qui vont vous tomber dessus telle une punition divine. Mélangeant avec habileté des sonorités Death, Thrash et Black Metal, l'ensemble est un régal à entendre et à vivre. On a encore du mal à se dire que ce groupe n'a que trois ans d'expérience tant le niveau est haut. Temple of Dread est un nom à garder en mémoire, ces derniers se retrouveront à n’en pas douter parmi les grands du metal en moins de temps qu'il ne faut pour le dire !

En guise de mise en situation, « Apocalyptic Manifestation », intro contenant les cris de personnes subissant les affres de la guerre et paniquant suite à des explosions, fait son office. Traitant principalement de la fin du monde et de l’apocalypse finale (devenu un classique dans le Death metal), les Algériens mènent leur guerre d’une main de maître en faisant flamber la poudre. La voix brutale de Danny colle à merveille avec le thème abordé et ses musiciens transmettent le sentiment de ce que l’on peut ressentir lorsque l’on est pris en pleine guerre. Peu de sorties sont à déclarer sur la scène algérienne et celle-ci fait plaisir à entendre. Ces derniers ont encore un long chemin à parcourir, mais cet album est déjà une belle réussite de par la situation géographique du groupe. « Countdown » plaira aux adeptes de Death metal qui jonchent les scènes à travers le monde.

Le Japon ne nous amène pas que des mangas, de bonnes recettes de cuisine et de la J-pop. Nous en avons la preuve avec les metalcoreux tokyoïtes de Sailing Before The Wind. Fondé à Tokyo il y a une dizaine d'années, les Nippons sortent leur premier EP « Judgement » en 2012, dirigé par le bassiste et compositeur Bitoku Sakamoto (que certains ont pu reconnaître car bassiste de session live pour Crystal Lake). Pour célébrer la première décennie du groupe, un nouvel EP de cinq titres qui comprend des réenregistrements de trois anciennes chansons - "Sail Away", "Cross the Ocean" et "Break the Silence" - ainsi que les nouveaux morceaux "Decaders et "Misguided Sunrise" nous est proposé. Sur ce dernier morceau, un guest de choix en la personne de Lucas Spencer (Feed The Addiction) apparaît comme une petite surprise. Le groupe propose une bonne version metalcore, c’est-à-dire des riffs lourds, de bonnes mélodies, des chants rageurs, des breakdowns explosifs, ainsi que des changements constants de tempo dans chacune de leurs chansons. Si vous êtes un fan de metalcore, cet EP ne vous décevra pas.

Retour sur une scène délaissée de plus en plus ces dernières années avec Rot Away qui nous vient avec un album de hardcore bien punchy. Qu’il est agréable de réentendre un style musical en dehors de tout ce qui sort à la pelle de nos jours ! Profitant de la pénurie de HxC et de la soif de culture mondiale, Rot Away se présente avec des beatdowns aiguisés à la meule et un son lourd. Cet album rend l’écoute nostalgique d’un bon gros mosh-it, d’un wall of death, ou même pour les plus rageux d’entre nous d’un terrible Crowd killing. Les Danois usent et abusent de breakdowns assassins. Passant de chants lourds pouvant parfois rappeler Cold Hard Truth sur la première moitié de l’album, on repasse à des sons plus ambiants et un chant plus plaintif. « Graves » vous calme un peu et vous permet de reprendre votre souffle entre deux séances de cardio explosives. Après un court break, on reprend directement avec « Timebider » qui ne traîne pas à vous remettre dans le bain. On peut ressentir que le groupe se cherche encore dans son style mais cela ne rend pas cet album ennuyeux ou mauvais, loin de là. Comme je l’ai signalé en début de chronique, qu’il est bon de retrouver la scène Hardcore. Dommage que cet album ait une fin. Rot Away est un groupe à suivre et à voir en live. Cela en vaudra la peine, à la condition que vous n’ayez pas peur de ressortir du pit avec des ecchymoses ou des crampes.

A l’instar de Royal Blood, Pil & Bue prouve qu’il ne faut pas beaucoup de musiciens pour faire beaucoup de bruit et surtout créer de la bonne musique. En effet, Goran Johansen (percussion et batterie) et Petter Carlsen (chants et guitare baryton) ne sont que deux pour réaliser ce petit bijou de six morceaux nommé « The World is a Rabbit Hole ». Introduction progressive avec un shred de guitare pour planter le décor, le chant vous coupe le souffle et met la barre très haute. La voix enregistrée avec une légère reverb colle parfaitement au style musical proposé par les Norvégiens. Mêlant des sonorités plus calmes à des explosions acoustiques, l’intégralité de cet EP est pensée et réalisée avec talent et passion. « True disaster » est un titre très perturbant avec une intro qui vous en met plein la vue. Il vous emmène dans un univers relativement nébuleux dans lequel le chant mélange des tons mélodiques avec des intonations rauques faisant parfois penser à du Placebo. Pour confirmer le changement d’atmosphère incessant, « Select 2 players » débute par des frappes de cymbales pour imposer le rythme et des coups de grosse caisse qui donnent tout bonnement envie de bouger. L'harmonie entre le rock et la ballade est ici totalement maîtrisée. « The World Is a Rabbit Hole » est une chute de trente-cinq minutes dans un univers de coton… que j’aurais aimé poursuivre. Est-ce mal docteur ? Un EP à avoir sans hésiter dans votre collection musicale. 

Duo originaire de Brighton, Joe Potts (Guitare, basse, batterie, programmation) et son acolyte Liam McKeown (Chant) sortent physiquement leur album « The Self-Aggrandising Lie », initialement sorti sur Bandcamp en version digitale en novembre deux mille vingt. Inspirés par des groupes tels que Archspire, Inferi ou The Faceless, les Britanniques ont l’intention de créer une musique équilibrée entre technicité et mélodies. Sans vous mentir, après une écoute longue et douloureuse, j'en reste très peu convaincu. Certes, la maîtrise technique de la guitare et de la batterie y est. Mais cela manque tristement de punch. En effet, la totalité de l'album est relativement plate et enregistrée de manière très pauvre. Impossible de se fondre dans l'ambiance tellement tout est trop propre et manque de relief. Si je devais comparer cet album à un mets culinaire, ce serait un curry. Les ingrédients sont bons, le talent y est, mais les épices n'y sont pas et cela finit par manquer de saveurs. Je suis persuadé qu'il y a un gros potentiel en sein de Parasitic Entity, mais actuellement je suis déçu de l'écoute de cet opus. De plus les morceaux sont longs, oscillant entre cinq minutes et sept minutes trente (« In Defiance of a Narcissist King »). En soi, quand on arrive à plonger dans l'univers du groupe, cela ne dérange pas. Mais encore faut-il y parvenir.

Aaaah en voilà de la musique qui sent bon les festivals, la moto et la route 66. Inspirés par des influences non dissimulées de groupes tels que AC/DC, Aerosmith, ZZ Top et autres monstres légendaires du rock, les Danois de Lucer nous en mettent plein les oreilles. Variant d’un classique à l’autre, les tracks sont une pure orgie auditive et donnent l’envie d’enfourcher sa bécane et de partir plein gaz sur de longues routes. Passant de titres tels que « Make My Getaway » aux consonnances ZZ Top à des morceaux plus AC/DC comme « Roll The Dice » ou « Dead Man’s Walk », ils ne cessent de nous épater et nous faire passer un putain de bon moment. Le chant est ce que l’on fait de mieux pour rappeler la bonne époque du rock classique et ne parlons pas des multiples soli de guitare qui jonchent le chemin que vous parcourez durant les trente-sept malheureuses minutes que dure cette pépite. N’inventant absolument rien, Lucer réussit à pondre des morceaux qui peuvent devenir de grands classiques tant ils sont entêtants. Bref, un album à écouter et réécouter en famille, avec des amis, ou à faire découvrir aux enfants. Dans tous les cas à avoir dans sa collection.

Présentant une quatrième démo en deux ans… Oui, vous avez bien lu, une quatrième, Houkago Warfare en veut et ne compte pas baisser les bras. Pratiquant un death metal avec des éléments tirés du hardcore, le trio de Séoul entame son opus avec « Made in warfare » et son grand coup de cymbale suivi de riffs lourds et lents, histoire de mettre les badauds en condition. On respectera l’effort fourni sur des tracks comme « Rage Report » ou « Casket By Human Species ». Cependant, un chant forcé jumelé à un enregistrement sommaire ne font pas bon ménage. L’idée du mélange death/hardcore n’est pas mauvaise et on sent le potentiel sans pour autant rentrer dedans. La faute à une écoute parfois rendue difficile par le côté brouillon de certains passages. Nous ne pouvons que leur souhaiter une bonne continuation et de la persévérance.  

Une fois n’est pas coutume, passons à la partie musicale asiatique si peu médiatisée dans notre presse Rock/Metal. A l’image de beaucoup de groupes japonais, les sorties ne se font pas systématiquement par albums mais principalement par maxi-single ou EP. C’est justement afin de garantir une sortie régulière pour son public que Revival of the Era nous gratifie d’un troisième EP de trois titres. Commençant par le morceau éponyme « Lilith », nos amis nippons tapent fort avec une voix n’ayant rien à envier aux groupes européens ou américains. Une mélodie aux petits oignons aromatisée de violons et de synthétiseurs ne sont pas pour nous déplaire. Revival Of The Era n’en reste pas là car en plus de la voix très core de leur chanteur Noname, celle du guitariste Kazumi en rajoute une couche, plus claire, qui arrondit les angles et calme le jeu. 

Vient ensuite « Crew », track proche d’un slow, qui vous donne envie d’enlacer la première-venue et de danser avec elle. Pour clôturer cet Ep, retour à la vitesse, les grosses percussions et les circles pit avec « Five Determinations » qui vous renvoie vers un cliché que je me vois obligé de citer : on dirait presque un générique d’animation de baston. Si vous désirez changer un peu de notre scène occidentale, je vous recommande Revival Of The Era et leur nouvel ep « Lilith » qui devrait plaire à plus d’un.

Dans un genre ne se renouvelant que très peu ces dernières années, les Australiens de Resist The Thought nous sortent un album qui ne manque pas de punch. Annonçant leur split en 2013 avant une reformation quatre ans plus tard mais avec un nouveau vocaliste, les Australiens utilisent des rythmes rappelant quelque peu ceux de Parkway Drive à sa grande époque ou encore Devildriver tant le chant de Rhys Giles nous fait penser par intermittence à un certain Dez Fafara. Les breakdowns y sont efficaces et le jeu de batterie parfaitement exécuté par Zak Borg (A Night in Texas, ex-Absolution) donne une pêche d’enfer à cet album, rendant attractif le groupe aux yeux des adeptes du genre. Mêlant chant clair et growl, les tracks, malgré leur côté répétitif, ne lassent en rien l’auditeur. L'album bénéficie quand même d'un point négatif : celui d'être court. Ne devant se contenter que de 7 titres, il laisse un goût de trop peu ou d'inachevé. « Renaissance » reste toutefois un album d’excellente facture. En espérant que celui-ci aboutisse bien vite à une tournée mondiale afin de constater si Resist The Thought est aussi bon sur scène qu'en studio. 

Côtoyant la scène depuis déjà treize ans, les Anversois nous gâtent avec la sortie d’un deuxième album plein de riffs rageux. Les métalleux d’un certain âge, voire d’un âge certain, pourront se réjouir car ils auront enfin une production en adéquation avec le dicton « Le metal, c’était mieux avant ». En effet, Incinerate se base sur les riffs, l’ambiance et le headbanging du thrash des années nonantes. Que ceux qui redoutaient qu’Incinerate change de style par rapport à leur premier opus « Amazon violence » sorti en 2016 se rassurent, ils restent dans la même veine mais en plus musclé. Les morceaux tels que « Human demise ritual », « Reprisal » et « Room 101 » vous donnent le ton et une furieuse envie de reprendre les hostilités en commençant par un bon vieux circle pit. La Belgique nous réserve parfois de belles surprises musicales et celle-ci en est une. Le morceau live « Erased earth » en guise de bonus vous permettra d’avoir une idée de ce que le groupe peut envoyer en concert. Un album qui sent bon la veste à patches, la bière et la scène old school. Et ça c’est bon !

Defocus fait partie de ces formations qui ont tout pour devenir un des plus grands du genre : un chant agressif avec une pincée de mélancolie, un second chant clair parfaitement en place, rythmes de guitares/basse et batterie entrainants agrémentés de mélodies sombres et ambiantes… Tout ce qu’il faut pour créer une atmosphère mélancolique et nous placer dans un « mood » pour écouter au mieux leur musique. « In the eye of death we are all the same », premier album du quatuor allemand, démarre en force avec un cri et un chant puissant en guise d’intro de « Thought of a Vision ». Après quatre tracks à couper le souffle, « Tides » nous permet de prendre de l’altitude et planer un peu, pour ensuite reprendre de plus belle avec quatre munitions qu’il reste au char d’assaut nommé Defocus. En guise d’épilogue, les Allemands nous proposent leur piste la plus longue intitulée « Shelter » qui apaise l’ambiance, à l'image d’un levé de soleil sur un champ de bataille un dernier jour de guerre. Les membres de Defocus ont faim et cela se sent. Arriveront-ils à rejoindre les sommets du genre ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, profitons de ce « In the eye of death we are all the same » plus que réussi.

Pionniers du death technique, Cognitive n’est plus un groupe à qui on doit apprendre comment pratiquer le style. Fort de trois sorties en quelques années, ce quatrième opus arrive à point nommé pour fêter les dix ans du groupe. Ambiance sombre, riffs hyper techniques, … « Malevolent thoughts of a hastened extinction » n’est pas un album révolutionnaire compte tenu de la concurrence actuelle sur la planète death technique, mais a le mérite de nous prouver que Cognitive y a bien sa place. Brutalité gratuite, masturbation énergique de manche ainsi que chants typiques du deathcore (mélange subtil de growls, cris aigus et vomissement caverneux) permettent une écoute plus qu’agréable de leur nouvelle création. « From the depths » recèle quelques passages donnant même plus envie de sauter et faire la fête que de se déboiter les cervicales. Que dire de « To feed the worms » qui nous renvoie à la boucherie ultime au même titre que « Tearing tendon from bone » et son riff très martial. Si votre temps vous le permet, jetez une oreille à leurs dernières compositions. Cela vous permettra, à défaut de découvrir de nouvelles choses, de passer au moins un bon moment. Sans pour autant être un album essentiel, « Malevolent thoughts of a hastened extinction » vaut tout de même la peine d’être découvert.

Sixième album du combo américain, toujours au top de l’actualité deathcore depuis 2003. Au cours de ces années d’activité, Born of Osiris n’a jamais changé d’un iota et ils auraient tort de ne pas en profiter davantage. Célèbres et ayant une fanbase de plus en plus importante, les cinq membres restent fidèles à eux même. « Angel or Alien » est une réussite. La nouveauté survient via le rajout du saxophone et une augmentation de l’usage des claviers de Joe Buras, comme par exemple dans leur morceau « Poster Child ». Une nouvelle corde à leur arc qui pourrait bien aboutir sur de belles surprises. Subtil mélange de chant clair ainsi que crié à la Architects, le ratio ne choque pas et est même très agréable tant l’exécution musicale est bonne. Le transfert de Nick Rossi de la basse au poste de deuxième guitare est l’une des meilleures idées des Américains. On peut sentir que Born Of Osiris a encore les crocs et cela n’augure que du positif pour l’avenir du groupe. Une progression lente et prudente est parfois mieux contrôlée et appréciée du public qu’un revirement brusque tel que Suicide Silence l’avait fait… Born Of Osiris continue sa quête du trône du deathcore progressif. « Angel or Alien » devrait leur permettre de devenir un sérieux prétendant.